III. — Corneille
1. Vie. — Né à Rouen, le 6 juin 1606, Pierre Corneille était fils d'un maître particulier des eaux et forêts. Après d'excellentes études au collège des jésuites de sa ville natale, v; il fit son droit et acheta une charge d'avocat à la Table de marbre du palais. Rien ne semblait le destiner au théâtre, lorsqu'une petite aventure de société à Rouen, lui inspira d'abord un sonnet pour M"* Milet, puis une comédie sur le même sujet. Cette comédie, intitulée Mélite, fut jouée avec succès à Paris en 1629. — Corneille fait représenter de 1633 à 1636 plusieurs * comédies ; en 1635, sa première tragédie, Médée; et en 1636 il obtient un triomphe avec le Cid. Pour subvenir aux frais de son séjour à Paris, il s'était enrôlé, dès 1633, dans le groupe des cinq auteurs (dont le plus célèbre après lui est Rotrou) qui travaillèrent à versifier les pièces du cardinal de Riche- 1 lieu ; mais peu de temps avant le Cid, il se brouilla avec son illustre protecteur.
De 1636 à 1652, Corneille ne cesse de produire. Ce sont d'abord les quatre chefs-d'œuvre : Le Cid (1636), Horace, Cinna (1640), ^ Pohjeucte (16 13); puis un certain nombre de pièces que nous j énumérons plus loin. Il se repose pendant sept ans (1652-1659), revient au théâtre, et continue à produire jusqu'en 1674. A cette date. Corneille abandonne définitivement la scène. 11 vit tantôt à Paris, tantôt à Rouen, très simplement, dans une gêne pleine de dignité. II meurt en 1684, à Paris ; on l'ensevelit à l'église Saint-Roch.
2. Les quatre chefs-d'œuvre. — Le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, sont les pièces que les élèves doivent connaître le plus à fond. Bien que ces tragédies soient étudiées dans les classes, il nous semble nécessaire de citer un épisode principal de chacune d'elles.
Le Cid (163G).
.oriieille a tiré le Cid d'un drame espagnol composé vers 1618 par Ihcm de Castro, et que celui-ci avait emprunté aux anciennes .luies de son pays. Le poète français simplifia le sujet pour le resscrdans le cadre des trois unités; et par cela même il donna la place la
/^ importante à l'analyse des sentiments : là est son originalité. De -, il lit de Don Diégue. de Rodrigue et de Chimcne, des caractères 1 nient humains, et dont l'héroïsme, si admirable qu'il soit, reste vrai-
•iiMablc.
Analyse. — Rodrigue, fils de Don Diégue, aime Clhiméne, fille de 1 Gormas. Mais celui-ci avant insulté son père, Rodrigue le proie et le tue. Chimène, bien qu'elle continue à aimer Rodrigue, qui :.ut que son devoir, veut, elle aussi, venger son père, et demande au x mort du meurtrier. Cependant Don Diégue apprend à son fils que Maures vont tenter une surprise de nuit contre Séville ; Rodrigue net .1 la tête des amis de son père et de ceux qui viennent s'v joindre, niporte une éclatante victoire. Il revient, en vainqueur, se présenter nit le roi. Celui-ci pardonne à Rodrigue la mort du comte; mais, ; satisfaire Chimène, il permet un duel entre Don Sanche que Chie a choisi pour champion, et Rodrigue. Don Sanche est désarmé par L;énéreux adversaire, et le roi, qui s'est assuré que Chimène aime >urs Rodrigue, laisse espérer leur prochain mariage, ous citons la scène où Rodrigue fait au roi le récit de la bataille re les Maures.
La Bataille.