‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 76 sur 261 · DON FERNAND · texte numérisé non relu

DON FERNAND

'excuse ta chaleur à venger ton offense ;

♦. Ces amis, an nombre de cinq cents, élaiont venus chez Don Dièg-no »oar lui propo!«er de lo venger, après if soufflet qu'il avait reçu de Don formas. — 7. Brigade, troupe.

ISi LKS GRANDS KCHIVAINS FRANÇAIS

Et l'Etat défendu me parle en ta défense ; (>rois quedorénavant Chimène a beau parler, Je ne Fécoute plus que pour la consoler. Mais poursuis.

DON RODRKiUH

Sous moi donc cette troupe savance 13 Et porte sur le front une mâle assurance. Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort^ Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, Tant, à nous voir marcher avec un tel visage, Les plus épouvantés reprenaient de courage ! J'en cache les deux tiers, aussitôt qu'arrivés, Dans le fond des vaisseaux qui lors furent trouvés; Le reste, dont le nombre augmentait à toute heure, Brûlant d'impatience, autour de moi demeure. Se couche contre terre, et sans faire aucun bruit, Passe une bonne part d'une si belle nuit. Par mon commandement, la garde en fait de même, Et, se tenant cachée, aide à mon stratagème. Et je feins hardiment d'avoir reçu de vous L'ordre qu'on me voit suivre et que je donne à tous. 30 Cette obscure clarté qui tombe des étoiles ,

Enfin avec le flux nous fit voir trente voiles : mÊ

L'onde sentie dessous, et d'un commun effort 1

Les Maures et la mer montent jusques au port. i

On les laisse passer, tout leur paraît tranquille : 35

Point de soldats au port, point aux murs de la ville. Notre profond silence abusant leurs esprits ; Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris ; Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent. Et courent se livrer aux mains qui les attendent. 40 Nous nous levons alors, et tous en même temps

22. Lors, cet emploi de lors pour alors est fréquent chez Corneille et chez ses contemporains. — 31. Obscure clarté, poétique»' alliance de mots » qui équivaudrait à : celte clarté qui dissipe à peine l'obscurité de Ih nuit,

Wll** SIECLE 1S6

'->ussons Jusques au ciel mille cris éclatants ;

nôtres, à ces cris, de nos vaisseaux répondent : h paraissent armés, les Maures se confondent, . «pouvante les prend à demi-descendus ; 45

\\ ant que de combattre, ils s'estiment perdus. Is couraient au pillage et rencontrent la guerre : \(^us les pressons surTeau, nous les pressons sur terre, .1 nous taisons courir des ruisseaux de leur sang \\ant qu'aucun résiste ou reprenne son rang. 50

slais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient, -rur courage renait et leurs terreurs s'oublient : .1 honte de mourir sans avoir combattu Vrrète leur désordre et leur rend leur vertu. . 'litre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges, 55 ' ' notre sang au leur font d'horribles mélanges : ■'A la terre, et le lleuve, et leur Hotte, et le port, "i>nt des champs de carnage oi^i triomphe la mort. >h î combien d'actions, combien d'exploits célèbres •^'•nt demeurés sans gloire au milieu des ténèbres, 60 • il chacun, seul témoin des grands coups qu'il donnait, Ne pouvait discerner où le sort inclinait !

I ;illais de tous côtés encourager les nôtres, lire avancer les uns et contenir les auti^es,

îanger ceux qui venaient, les pousser à leur tour : 05

II ne l'ai pu savoir jusques au point du jour. Maisenfin sa clarté montre notre avantage ;

l.o Maure voit sa perte et perd soudain courage.

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