II. voyant du renfort qui nous vient secourir
!. irdeur de vaincre cède à la peur de mourir. 70
lu gagnent leurs vaisseau.^, ils en coupent les câbles,
l'eussent jusques au ciel des cris épouvantables,
I «nt retraite en tumulte et sans considérer
^ leurs rois avec eux i)euvent se retirer.
' Courir, couler. — oi-. Vertu, courage. — ■>'■>. Alfanges, de fespagiiol t'ije, venu Ini-mùnie de l'arabe, qui signilie épée. — t)2. Inclinait, pen-
.it.
I8(l LES GRANDS ECRIVAINS FRANÇAIS
Pour soullVir ce devoir leui- frayeur est trop forte ;
Le flux les apporta, le relluxles remporte.
Cependaut que leurs rois, engagés parmi nous,
VA quelque peu des leurs, tout percés de nos coups,
Disputent vaillamment et vendent bien leur vie,
A se rendre moi-même en vain je les convie :
Le cimeterre au poing ils ne m'écouteiit pas :
Mais, voyant à leurs pieds tomber tous leurs soldats,
Et que seuls désormais en vain ils se défendent,
Ils demandent le chef ; je me nomme, ils se rendent]
Je vous les envoyai tous deux en même temps :
Et le combat cessa faute de combattants.
[Le Ciel. Acte W . Se. in.
Horace 1640).
Corneille s'est inspiré, pour sa tragédie d* Horace, d'un récit de Thisto-^ rien latin Tite-Live. Celui-ci lui a fourni les deux situations principales la fuite simulée d'Horace, et le meurtre de Camille par son frère. Mais* Corneille a renforcé l'action ; il a su la couper de la façon la plus heureuse ; • et il a inventé les personnages de Sabine et de Valère. Il a fait mieux : il a*créé des caractères, là où l'histoire ne lui donnait que des noms : et il i cherché à expliquer par les sentiments et à rendre vraisemblables les faits extraordinaires enregistrés par l'histoire. — Horace est la plus belle de nos tragédies patriotiques.
Analyse. — Corneille, nous montre Rome et Albe, depuis longtemp» en guerre, s'en remettant à trois champions choisis dans chaque camp, pour décider de la victoire. Du côté des Romains, les trois Horaces sont choisis ; du côté des Albains sont désignés les trois Curiaces.Mais les deux familles sont déjà unies par un mariage : l'un d£s Horaces a épousé Sabine, sœur des Curiaces; et 1 un des Curiaces est fiancé à Camille, sœur des Horaces. Malgré l'horreur de la situation, les champions désignés en viennent aux mains. Grâce à un stratagème célèbre, la victoire reste à Rome. Celui des Horaces qui survit au combat revient triomphant à la maison paternelle ; il est suivi d'un soldat portant les épées des adversaires qu'il a tués. Il rencontre Camille qui, furieuse de la mort de son fiancé, insulte son frère et maudit Rome : Horace la tue. Il semble que la tragédie pourrait finir sur ce meurtre. Mais Corneille a pensé avec raison que le sort d'Horace, à la fois vainqueur et criminel, devait être fixé; et il a consacré son cinquième acte au jugement d'Horace par le roi Tulle. Horace est absous, et Camille est ensevelie avec Curiace.
77. Cependamt que est fréquemment employé par Coi-neille pour pendant que.
Le meurtre de Camille.
HORACE
\\ \ sdur, voici le bras qui ven^e nos deux frères, .(• bras qui rompt le cours de nos deslins contraires, Jiii nous rend maitres d'Albc ; enfin voici le bras Jiii seul fait aujourd'hui le sort do deux lOtats ; Vois ces marques d'honneur, ces témoins de ma gloire, 5 il rends ce que tu dois à l'heur de ma victoire.
CAMUXi;
Recevez donc mes pleurs, c'est ce que je lui dois.
HORACE
Rome nen ^ eut point voir après de tels exploits ;
t nos deux frères morts dans le malheur des armes Sont trop payés de sang- pour exiger des larmes. 10 ;^uand la perle est vengée, on n'a plus rien perdu.