‹ Les grands écrivains français des origines à nos joursChapitre 87 sur 261 · ORESTE · texte numérisé non relu

ORESTE

Avant que tous les Grecs vous parlent par ma voix,

Souffrez que j'ose ici me flatter de leur choix,

Va qu'à vos yeux, Seigneur, je montre quelque joie

De voir le fils d'Achille et le vainqueur de Troie.

Oui, comme ses exploits, nous admirons vos coups. 5

Hector tomba sous lui, Troie expira sous vous;

Et vou.s avez montré, par une heureuse audace,

Que le fils seul d'Achille a pu remplir sa place.

Mais ce qu'il n'eût point fait, la Grèce avec douleur

Vous voit du sang troyen relever le malheur, 10

Et, vous laissant toucher dune pitié funeste,

l)"une guerre si longue entretenir le reste.

.\e vous souvient-il plus, Seigneur, quel fut Hector?

Nos peuples affaiblis s'en souviennent encor.

Son nom seul fait frémir nos veuves et nos fdles; 15

•J ri i.i;s (iuANus i';i:ui\AiNS ii(an(.;ais

Va dans toute la (irèce il iTest point de l'aniilles

(Jni ne demandent compte à ee malheureux fils

D'un j)èrc ou d'un époux (|u"IIector leur a ravis,

l'^.l qui sait ce qu'un jour ce liis peut entreprendre?

Peut-être dans nos ports nous le verrons descendre, '20

Tel qu'on a vu son père embraser nos vaisseaux,

F.t, la llamme à la main, les suivre sur les eaux,

()serai-je, Seij^neur, dire ce que je pense?

\'ous-meme de vos soins craignez la récompense,

Kt que dans votre sein ce serpent élevé 25

Ne vous punisse un jour de Tavoir conservé.

luitîn, de tous les Grecs satisfaites l'envie,

Assurez leur vengeance, assurez votre vie :

Perdez un ennemi d'autant plus dangereux

Qu'il s'essaiera sur vous à combattre contre eux. 30

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