‹ les grands ecrivains francais rutebeufChapitre 4 sur 57 · RO LE NAT UE · texte numérisé non relu

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laire ni bourgeois? Il était né dans les cours sous l'influence des femmes, et ileut pour expression une poésie exclusivement aristocratique et courtoise.

Au moyen âge, les livres d'érudition et d'histoire et les textes sacrés étaient conservés, sous forme de manuscrits généralement très soignés, enrichis de lettres ornées et de belles miniatures, dans les bibliothèques de couvents, à côté desquelles on ne peut encore signaler qu'un petit nombre de collections privées, très restreintes, comme celle que saint Louis avait organisée dans la Sainte-Chapelle. Quant aux ouvrages composés pour la classe aristocratique ou pour le peuple, bien qu'on en ait fait de bonne heure de volumineux recueils ou d’élégants volumes, destinés à prendre place dans les bibliothèques d’où notre temps les a tirés après un oubli de plusieurs siècles, c’est par l'intermédiaire des jongleurs qu'ils arrivaient jusqu'au public.

Les jongleurs étaient à l’origine, comme le mot l'indique (/oculatores), des amuseurs, au sens le plus large. Les grands seigneurs en avaient à leur service, soit pour répandre leurs propres œuvres dans les cours voisines, quand ils cultivaient la poésie lyrique, soit pour se faire débiter les œuvres des autres. Il y avait aussi les jongleurs ou ménestrels indépendants, qui couraient le pays avec un léger bagage où figuraient des manuscrits compacts, économiques, sans miniatures, destinés à secourir leur mémoire trop souvent surchargée. Les uns colportaient ainsi de longues chansons de geste, des

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