L. CLéDAT. — Rutebœuf
romans d'aventure, d’autres des fableaux, des pièces satiriques, des miracles de Notre-Dame, ou bien un peu de tout. Ils s’arrêtaient sur la voie publique, dans les châteaux, dans les logis que quelque fête de famille mettait en joie, et ils donnaient des séances où les bouffonneries des histrions et les jongleries, au sens moderne du mot, laissaient place à la distraction plus élevée d’une récitation littéraire.
Partout est bien chose commune,
Chacun le sait, aussi chacune,
Quand un homme fait noce ou fête
Où y a gens de bonne race, «
Les ménestrels, quand ils l’apprennent,
Qui autre chose ne demandent,
Vont là, soit amont soit aval, L'un à pied et l'autre à cheval. |
Le débit des jongleurs étaitune sorte de psalmodie qu'ils accompagnaient sur la vielle, sur la harpe, sur la guitare. Les chanteurs de complaintes, que l'on voit encore de nos Jours installer leurs tréteaux dans nos carrefours, sont les héritiers dégénérés des vieux imeénestrels. 6
On accueillait presque toujours les ménestrels avéc empressement. Ils trouvaient partout sur leur passage, même dans les couvents, une large hospitalité. Le cardinal Jacques de Vitry raconte, comme un fait exceptionnel, l'histoire d’un Jongleur qui était venu frapper une nuit à la porte d’un monastère et à qui l'on n’avait offert que du pain noir, de l’eau,