OBSÈQUES DE GEORGES OHNET
si magistralement formulée par Darwin et Herbert Spencer. Le défaut de logique y éclate à chaque ligne.
Contrairement à ces artistes d’une si prodigieuse fantaisie, M. Georges Ohnet s’appliqua avec une volonté incessante à systématiser. Il faut lui savoir gré de cet effort. Sans doute ses classifications paraîtront arbilrairesà un esprit réfléchi. Pour lui, un duc était maigre et sec, avec une sorte de froideur insolente ; un marquis honnête et franc, doué d’une bonne fortune patrimoniale; un comte grassouillet, mais concentré, d’une politesse expansive et universelle ; un baron, sceptique et obèse, avec des dessous de jovialité polissonne. Le premier était pauvre et canaille, généralement célibataire, avec beaucoup d’honneur sur un reste d’honnêteté ; le deuxième bonhomme et « à son aise », marié et fidèle à une femme charmante, sortie de la haute industrie ; le troisième brillait régulièrement par une fortune insolente ; généralement cocu, et fort goûté au foyer de la danse.
Je ne connais pas très bien le monde aristocratique; cependant, aux cours de ma vie républicaine, j’ai pu connaître quelques réactionnaires. Ces courtes expériences me permettent de croire que M. Georges Ohnet n’a pas vérifié assez strictement la base scientifique de sa théorie. M. le baron de Mackau est gros, mais il n’est pas sceptique; M. le duc de la Rochefoucault, mon distingué collègue, dont chacun