‹ Les grands épisodes de la monarchie constitutionnelleChapitre 134 sur 146 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

teuse, M. de Montalivet essaya d'agir de nouveau sur le général au nom de l'ordre public. Mais ce dernier resta inflexible. Le ministre, fixé désormais sur ce qu'il voulait savoir, revint au Palais-Royal, où le roi l'attendait. Il lui expliqua pourquoi, après être parti avec M. Lafïitte, il revenait seul, et lui raconta son entretien avec M. de Lafayette, en émettant comme conclusion l'opinion qu'il était nécessaire de le remplacer sur-le-champ. Il fallait que le lendemain en se réveillant, en apprenant qu'une crise nouvelle l'avait menacé, Paris apprît en même temps qu'elle était conjurée. En présence de l'impossibilité de convoquer le conseil à cette heure avancée, et au nom de sa propre responsabilité, M. de Montalivet insistait pour être autorisé à agir seul. Mais le roi était hésitant; il conservait encore l'espoir de vaincre la résistance de M. de Lafayette. Il allait et venait entre son cabinet où se tenait son ministre et la pièce voisine dans laquelle se trouvaient la reine1 et Mme Adélaïde, auxquelles il faisait part des

1. La reine Marie-Amélie prenait ouvertement peu de part aux discussions qui s'élevaient autour d'elle, et la laissant avec ses enfans dans le petit salon qu'il appelait la « bobinette, » c'est surtout avec Mme Adélaïde que le roi aimait à s'entretenir des affaires de l'état. Il trouvait chez sa sœur un esprit net, énergique et clair, que n'aveuglait jamais un dévouaient passionné à son frère. Mais,

nouvelles que M. de Montalivet venait de lui apporter et des perplexités qu'elles éveillaient en lui. La reine joignit ses instances à celles du ministre. Dans le plus beau langage, elle adjura le roi « de briser la chaîne, » de se soustraire à des conditions qui lui auraient fait un règne sans dignité et sans honneur. Cependant, l'indécision du prince durait encore. Mais un incident inattendu vint la faire cesser. On apporta une lettre; elle était ds M. de Lafayette et ne laissait aucun doute sur ses résolutions1. Louis -Philippe se décida alors à accepter cette démission que, selon les termes de sa réponse au général, « il aurait tant voulu prévenir et qui lui faisait tant de peine; » puis il autorisa M. de Montalivet à agir, afin de donner à M. de Lafayette un successeur. Le nom de plusieurs officiers généraux dignes de le remplacer furent prononcés. Après les avoir tous examinés, le roi s'arrêta définitivement à celui du général Mouton, comte de Lobau 2, l'un des plus glorieux et des plus populaires parmi

quand la rciao faisait entendre des conseils, qu'elle y fût ou non conviée, c'était toujours avec une élévation, uno fermeté, une grandeur qu'ont admirées tous ceux qui ont vu, en ces instans, cettenoble femme.

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