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Quelques heures après, nous nous trouvions dans cet immense estuaire du Mackenzie, qui, depuis la mer iusqu'à la pointe Séparation, ne mesure pas moins de cent quarantedeux kilomètres, et qui s'étend, en largeur, depuis la chaine des monts Cariboux jusqu'au pied des montagnes Rocheuses, sur un espace d'au moins soixante kilomètres. Le fleuve y perd son nom dindjié de Nakotchré-ondjig ou odendjig, pour” prendre celui de Nakotchré-tschig'. Il y est partagé en quatre grandes branches’ principales qui se subdivisent en un multitude de canaux naturels ou bayoux.
La cruc exceptionnelle de ce printemps avait élevé le niveau du fleuve à un tel point que tous les deltas avaient disparu. Il en résultait une nappe d’eau immense dont les horizons vaporeux se confondaient avec le ciel et permettaient à peine aux derniers éperons des montagnes d'apparaître faiblement, dans l'Ouest.
Pour celui qui n'aurait jamais vu la mer, l'illusion eût été complète. Il se serait cru transporté sur les plages de l'océan Glacial arctique, bien que nous en fussions encore à trente- cinq lieues !
Un moment, je fus moi-même déçu : à droite et à gauche, un atterrage bas et couvert de forêts inondées s'effaçait en s'éloignant jusqu’à ce qu'il s’enfonçàt dans le fleuve. Nulle terre ne sortait du sein des ondes limoneuses pour dessiner à nos yeux l'entrée des quatre chenaux dont on nous avait parlé et qui, jusqu’à la mer, divisent, en temps ordinaire, les eaux fougueuses du Mackenzie.
Évidemment, cette expansion dut être la véritable embouchure du fleuve à l'époque, peut-être peu reculée, où il avait les proportions que l’afflux des neiges fondues lui communiquait présentement. À mesure que le niveau des eaux
1 Ne pas le confondre avec le Nakotchrô-ttsigæ, qui est le nom du fleuve Youkon ou Æouik-pak.
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a baissé, le fleuve s'est creusé des canaux dans les matières sédimenteuses, dans les terreaux noirâtres et gras qu'il a accumulés pendant des siècles, et il en est résulté l'estuaire actuel, immense égout collecteur formé de quatre branches principales que relient une foule de bayoux de moindre importance. Nul doute que d’autres îles ne se forment continuellement dans la mer à l'embouchure de ce fleuve ; car les Esquimaux m'ont assuré que, sur une étendue de plus d'un kilomètre, l’eau y atteint à peine de la cheville au genou, et que ce n'est que beaucoup plus loin que l'on y rencontre un fond capable de recevoir leurs légers oumiaks.
La pointe Séparation est placée par 67° 49° de latitude nord. La branche mère se termine à l’île Ellice, qui occupe 69° 14’. Depuis le grand lac des Esclaves seulement jusqu'à cette ile, le gigantesque Mackenzie ne mesure pas moins de 1,045 milles géographiques, soit 1,149 kilomètres 500 mètres ou 287 lieues et demie.
Mais si nous le mesurons depuis sa source dans les montagnes Rocheuses, l'Athabasca-Mackenzie compte 2,500
milles géographiques de cours et arrose une superficie de 443,000 milles carrés!
La branche occidentale, qui est la plus considérable, porte le nom esquimau d'Allouvéartor ou de Kour-vik, Grandc-Rivière. La branche orientale, secor.de en grandeur, est le Nalron. Quant aux deux chenaux centraux, ils se nomment Aiglarvé-hourk et Kiglarvé-toupalouk.
Mais, je le répète, à notre entrée dans l'estuaire ov Koutéroalouit, rien de tout cela ne paraissait. Nous savions bien que la rivière Peel ou Plumée a son embouchure principale dans la Kour-vik; mais, rien n'étant visible, il ne nous restait qu'un moyen pour ne pas manquer le confluent que nous cherchions : c'était de longer le rivage occidental de cet immense lac d'eau trouble.
Comme aux jours du déluge, les eaux limoneuses, tour-
billonnant dans un courant insensé, enveloppaient toutes choses; les arbres étaient submergés jusqu'au-dessus des mères branches, les îles disparaissaient sous un entassement fabuleux de glaçons.
— Nous nous sommes trop pressés de venir, dis-je à mes jeunes gens. Maintenant, que faire et comment découvrir l'entrée de la Peel, au milieu de telles obstructions ?
À mesure que la soirée avançait, le grand chenal luimême se trouva tellement obstrué que tout progrès nous fut interdit, Un peu avant minuit, les banquises qui adhéraient encore au rivage ou qui s'étaient collées les unes aux autres, détachées par la fraicheur relative de ce moment ou par le mouvement ascensionnel des eaux, se rompirent avec un bruit de tonnerre; elles tombèrent à l'eau et se mirenten marche. Elles nous cernèrent si complétement que je craignis qu'elles ne broyassent notre frêle embarcation. Nous les repoussions d'abord de l'aviron, avançant au milieu d'elles avec lenteur, de crainte de nous heurter à leurs aspérités et de crever notre canot.
Mais enfin il vint un moment où ces glaces se précipitèrent dans le fleuve avec une telle fréquence, une telle abondance et un si grand fracas, en y déterminant de telles vagues, que nous dûmes absolument songer à nous mettre en sûreté jusqu'à ce que le soleil, par sa force, vint augmenter l'adhérence des glaces et en empêcher la chute.
Mais où aborder ? C'était une grave affaire. On ne voyait que glaçons énormes, de toutes formes, de toutes dimensions, amoncelés les uns sur les autres, posés en équilibre ou suspendus en encorbellement au-dessus de l’abîme. La terre était loin sous l'eau, écrasée sous le poids et le nombre des banquises.
Où allumer du feu pour nous sécher et nous réchauffer ? Où trouver un pouce de terrain sec: où nous pussions garantir nos pieds de l'humidité et du froid ?
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Nous essayâmes encore de poursuivre notre route. Des masses mouvantes et mugissantes, à la force acquise desquelles s'ajoutait encore celle d'un courant rapide, nous barrèrent le passage tout à fait. Que faire ?
Avisant une sorte de baie ou de sinus, que je reconnus plus tard être l'embouchure de la rivière Double ou rivières Jumelles, nous y poussimes notre pirogue et accostämes sur un grand glaçon plat qui nous parut reposer sur terre, du moins en partie.
En ce lieu, le rivage n'est sec et exondé qu'en juillet. C'est un delta sédimenteux. Il était alors tellement détrempé par les eaux que ce n'était plus qu’un bourbier de plusieurs pieds de profondeur. Malheur à qui y aurait posé le pied.
Les grands glaçons qui dormaient sur ce terrain délayé en avaient haché et broyé les saules et autres arbustes. Nous dûmes nous résigner à demeurer sur la glace, au grand risque de la voir se précipiter dans les flots avec sa cargaison humaine.
Nous coupâmes une grande quantité de branches de saule odorant, nous les disposâmes en une couche épaisse sur la banquise qui nous tenait lieu d'île déserte, et, nouveaux Robinsons, nous nous livrâmes, sur ce lit improvisé, à un repos dont nous avions le plus grand besoin.
J'ai prononcé tantôt le mot minuit. Bien que ce ne fût pas chose nouvelle pour moi de jouir de la vue et de l'éclat du soleil en plein minuit, jamais pourtant ce phénomène ne m'avait impressionné comme il le fit ce jour-là.
Ici l'étoile du jour ne rase pas l'horizon, à la mâle heure, comme cela arrive au fort Bonne-Espérance. Elles'en trouve éloignée de plusieurs degrés. L’astre ne prend point cette teinte rouge ou violacée qui ressemble à la face bouffie et décomposée d’un noyé; l’azur des cieux, devenu vert pâle, ne s’est point assombri, et cependant la couleur que le soleil projette sur les montagnes Rocheuses est celle du soir.
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Tout à coup, et comme per un secret enchantement, cette teinte sanguinolente est devenue dorée, l'air a fraichi, les montagnes, voilées d'une gaze bleuûtre, se sontépanouies comme une alcôve qui s'entr'ouvre; la vapeur diaphane qui les emprisonnait depuis un instant s’est déchirée comme un voile 4e femme, laissant voir leurs crêtes étincelantes de neige et leurs linéaments osseux.
Ce n’était plus le soir, c'était le matin. Un instant avait opéré cette merveilleuse transformation, et cet instant, que je guettais, avait échappé à mon observation comme le quod quid est de tout fait scientifique.
Pendant que mes jeunes sauvages dormaient sous les feux peu réchauffants de ce soleil renouvelé, ie me laissais aller aux rêveries que faisait naître ex moi ma :ingulière position. Je pensais à ces flots calmes, limpides, azurés de la Méditerranée, qui tournoient en vous regardant de leur œil glauque, dont la fascination attire ; je les comparais à ces ondes turbulentes, bourbeuses et glacées qui fuyaient sous mes yeux vers le pôle, entraînant des pans de forêts, des morceaux d'îles, et roulant d'énormes galets dont le bruit imite, du fond de l’eau, les susurrements d’une chaudière qui bout et qui chante.
Se pouvait-il que, parti des bords de cette mer d'azur qui baigne les rivages parfumés de la Provence et de l'Italie, je me trouvasse maintenant seul, isolé, perdu au bord de ces rivages arides, déserts et inhospitaliers qui ont fait la réputation des Mackenzie, des Franklin et des Back ?
Les voyages les plus aventureux ont illustré ces parages arctiques; et ces explorations, dont les récits firent les délices de mon enfance sans y avoir laissé cependant de souvenirs précis, j'allais les goûter ct les partager. Que dis-je ? Je les renouvelais moi-même, quoique sur une plus petite échelle, mais, partant, avec beaucoup plus d'initiative et de dangers.
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En 1789, Alexandre Mackenzie, officier de la Compagnie du Nord-Ouest, descendit le premier ce fleuve, qui depuis porta son nom, jusqu'au lieu où je me trouvais.
Là il prit le chenal central-est, le Æiglarvé-toupalouk, et atteignit la mer Glaciale au mois d'août. Six ans après, en 1795, l'infortuné Liwingstone, autre olicier de la même Compagnie franco-écossaise, tenta également d'atteindre la mer Glaciale pour s'y aboucher avec les Esquimaux. Il campa à l'extrémité de la vue des Piles-de-boulets, prit le canal central-est, et alla se faire massacrer avec tout son parti sur l’île Mac Gillivray.
En 1895, le capitaine de vaisseau de la marine anglaise John Franklin entra dans le chenal oriental, ou Nalron, avec l'interprète métis français Baptiste Boucher, et atteignit l'océan Glacial avec deux barques non pontées. Il y fut volé et pillé par les Esquimaux, à la pointe Rencontre, et ne dut son salut et celui des siens qu'au secours des armes à feu qui terrifièrent ces pirates arctiques, desquels elles étaient inconnues.
L'année suivante, il renouvelait la même tentative du côté de l'ouest, et poussait ses explorations jusqu'au récif du Retour, situé par 151° 57’ de longitude ouest de Paris, et 70° 24 de latitude nord.
Plus tard, de 1848 à 1852, le capitaine Pullen et le lieutenant de vaisseau Hooper entreprirent la même expédition par une autre route; c'est-à-dire que, entrés dans la mer Glaciale par le détroit de Behring, ils en sortirent par le Mackenzie, ou plutôt par l’une des bouches d'i fleuve Peel, qu'ils remontèrent jusqu'au fort Mac Pherson, malgré les avis de leur guide français, Jérôme Saint-Georges de Laporte. Là seulement ils s'aperçurent qu'ils s'étaient mépris, et redescendirent la Peel jusqu'au Mackenzie, pour remonter enfin ce fleuve,
D'ailleurs, Franklin avait commis la même erreur en
1826, et les cartes anglaises continuent à ne donner aucune en souchure à la Peel dans la mer Glaciale.
L'année 1850 vit la dernière expédition arctique du Mackenzie, celle du docteur John Raë, qui s’en allait à la recherche des restes de Franklin. Son guide était le Canadien français Maneul, qui, frappé d'épouvante à la vue rébarbative des Esquimaux, les accueillit à coups de fusil, un peu au-dessus de la pointe Séparation, blessa l’un d’entre eux et fit avorter l'expédition.
Je retourne à mon bivouac.
A dix heures du matin du lendemain, le fleuve charriait beaucoup moins. La chaleur solaire, par la moiteur qu'elle donne à la glace, la fait adhérer soit au rivage, soit aux autres glaçons, et la rend stationnäire.
Il fallait aussitôt profiter de cet état de la rivière pour y reprendre nos recherches. Nous passâmes entre une grande île occidentale nommée Xrimertchivik et l’île Ollane, dont la position ne nous était indiquée que par les maceriæ de glace qui la recouvraient comme une forteresse. Nous doublâmes trois bouches de la Peel, alors aussi larges que la Seine et coulant à pleins bords, mais presque entièrement à sec pendant l'été, et découvrimes enfin une quatrième embouchure qui n'était pas plus large que les précédentes, mais où se trouvaient trois mais de joie ou sapins à branches élaguées, excepté au sommet.
C'était le point de repère que l’on nous avait indiqué pour reconnaître le vrai chenal de ia Peel ou Arvéron (la rivière des Baleines); car on se rappelle que mes deux pagayeurs peaux-de-lièvre étaient aussi neufs que moi dans ce pays esquimau.
Ces maïs furent le secret des Esquimaux pendant de longues années. Ils en fabriquaient à l'entrée et à l'issue de chaque chenal pour leur servir de points de reconnaissance dans le dédale des bouches du Mackenzie. Mais les Blancs,
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qui mettent le nez partout, ont aussi éventé ce secret des enfants du Pays-Plat. Tout chenal où ne se trouve qu'un seul mai est une impasse, excepté pendant les crues. La présence de plusieurs maïs indique, au contraire, une voie navigable en toute saison.
Il y a une vingtaine d'années, les Esquimaux massacrèrent, à l'entrée du chenal de Ia rivière Peel, un village loucheux. Il n'zn réchappa qu'un jeune garçon qui se sauva à travers bois et put gagner le fort Mac Pherson.
À midi, nous entrâmes dans l’Arvérovalouk-tchinia (le bras de la grande rivière aux Baleines), qui, au bout d'une douzaine de circuits, nous fit débarquer dans l’Arvéron proprement dite, que Franklin découvrit, après les métis français, en août 1826.
Il lui donna le nomdesir Robert Peel, alors lord Premier, c'est-à-dire premier ministre d'Angleterre; mais celui de rivière Plumée, que ce noble cours d’eau avait déjà reçu de nos compatriotes du Canada, prévaluttoujours, même parmi les officiers de la Compagnie d'Hudson. Aujor l'hui encore, nul ne connaît, dans le Mackenzie, la rivière Pec!, à l'excel tion d'un petit nombre d’érudits.
Lorsque Franklin, qui avait remonté la Peel en croyant naviguer dans le Mackenzie, s’aperçut enfin de son erreur, il supposa, erronément encore, que la Peel était un grand cours d’eau que Baptiste Boucher lui assurait devoir le conduire en six jours à l'océan Pacifique. Il douta de la connaissance de son guide et commit une seconde faute dont se ressentit la composition de ses cartes:
Que ne crut-il le bon métis ! Il aurait découvert le gigantesque fleuve Youkon, dans l’Alaka, et aurait accompli le périple de toute la partie nord-ouest du continent américain avant le capitaine Pullen.
Le cours de la Peel ou rivière Plumée est donc fautif
sur les cartes de sir J. Franklin. Ce cours d’eau ne prend pas sa source à l’ouest de la chaîne des Pics, mais entre cette chaîne et celle des Tdha-tsen ou montagnes Sales, qui en est le contre-fort oriental.
La plus méridionale de ces sources est par 64° de latitude nord.
La Peel est une belle et large rivière, la seconde en importance des affluents du Mackenzie, depuis le grand lac des Esclaves. Elle en est aussi le plus septentrional, puisque son confluent est par 68° de latitude.
Ses bouches sont aussi multiples que celles du Mackenzie Jui-même. Elles se marient si bien avec celles-ci que le courant y éprouve des va-et-vient périodiques. La bouche la plus occidentale est tributaire de l'Océan; de sorte que la Peel est en même temps fleuve et riviè:e.
Le réseau de deltas et de chenaux qui résulte de l'union des bouches de ces deux gigantesques cours d’eau en rend le relevé hydrographique difficile. J'ai cherché, dans ce voyage, à débrouiller de tout mon pouvoir ce chaos de chenaux; mais, pour faire de ce double delta une carte rigoureusement exacte, une expédition serait nécessaire ; elle courrait de grands dangers de la part des Esquimaux, et je doute qu'un seul été pût suffire à un travail aussi compliqué.
Rien de moins intéressant que la navigation dans l’estuaire commun de ces deux fleuves. Point de rivages, mais des falaises de boue noire ne contenant pas le moindre caillou et s'éboulant sans cesse, avec leur revêtement de végétaux. Ne vous fiez pas à quelques pointes basses, quand même elles vous paraïîtraient couvertes de gazon. Vous vous y enfonceriez dans une vase visqueuse et noire comme du goudron, et vous y enterreriez tout vivant. Impossible donc de penser à y touer une embarcation. En dépit d'un courant violent, il nous faut ramer, ramer sans cesse, nous
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Toutes les cinq minutes, des détonations ébranlent l'air et, en remuant l'onde, nous apprennent qu'un pan de forêt s’est abimé du2s le courant, dans quelque pointe forte, battue en brèche par le flot. Des îles de verdure se forment ainsi de toutes pièces dans le sein de la rivière, jusqu'à ce que, lavées et désagrégées, elles abandonnent leurs épaves au gré du courant.
Le plus grand des dangers que nous ayons à redouter dans ces eaux limoneuses n'est cependant pas d'être engloutis par un de ces énormes et fréquents éboulements ; c'est celui de voir notre pirogue d'écorce crevée par quelque chicot caché traîtreusement dans l'eau, et de ne pouvoir nous sauver à terre, faute d'un pouce de terrain assez ferme pour pouvoir y poser le pied ou nous y cramponner des mains.
Ce fut ce qui m'arriva en 1870. Fort heureusement, j'étais en compagnie de plusieurs Dindjié qui nous reçurent dans leurs canots, mes pagayeurs et moi, et sauvèrent aussi mon bagage. Ma pirogue, défoncée par un arbre caché sous l’eau, sombra tout d’une pièce en un clin d'œil.
Dans l’Arvéron proprement dite, nous jouimes de magnifiques points de vue sur les monts «nes Rocheuses, qui, ici, prennent le nom anglais de chaine Richardson. Elles ne m'ont pas paru avoir plus de 2,00) mètres d'altitude audessus du fleuve. Mais je pourrais bien m'y tromper comme sir John Franklin, qui les estimait distantes de 11 kilomètres seulement de la Peel, tanuis qu'elles en sont à 45.
Le samedi 13 juin, j'atteignis enfin le fort Mac Pherson, sans avoir fait la rencontre d'un seul Esquimau, et après avoir parcouru par eau 468 kilomètres depuis le fort Bonne- Espérance, et 1,021 depuis le grand lac des Ours, où je venais de passer l'hiver.
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