‹ Les grands Esquimaux [microforme]Chapitre 3 sur 54 · LL INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LL INTRODUCTION

viciée à s'élever d'elle-même au-dessus d'un certain niveau de moralité bien inférieur au nôtre.

Quoique chrétiens et civilisés, nous tomberions nous-mêmes au-dessous de ce niveau, si nous adoptions entièrement et suivions à la rigueur les maximes antichrétiennes que l’on s’efforce, de nos jours, d'inculquer à la masse des Français.

Fort heureusement que nous valons mieux que nos principes.

J'ai une autre raison pour lenir à être clair et sincère : ce volume n’est point une œuvre d'imagination ni une traduction de ï'anglais. C’est une petite portion de mon journal de voyages, qui comprend vingt et une années de séjour dans l'Amérique britannique, passées principalement sous le cercle arctique, et que je me propose de livrer peu à peu à la publicité.

Cela dépendra de l'accueil que recevra le présent volume.

Désormais, en narrant mes longues pérégrinations dans l’autre hémisphère, je procéderai par ordre chronologique. Quatre années de voyages ont précédé les présentes excursions chez les grands Esquimaux. Seize autres années les ont suivies. Ce volume est donc destiné à reprendre la place que les événements qu’il relate ont occupée dans cette période, entre 1862 et 1883.

Mais l’enchaîinement naturel qui se forme nécessairement dans des événements ou des épisodes arri-

INTRODUCTION, nt

vés à la mème personne, pendant un si grand laps de temps, sous des cieux divers et chez des peuples différents, me fait un devoir de n’en rien distraire d'important, de tout y consigner comme en un journal de bord, de n’en rien exagérer ni pallier, afin de ne point mériter l'application du vieil adage canadien :

Menteur comme un voyageur.

Si cette épithète déshonorante fut eïcourue par certains Coureurs de bois peu scrupuleux, j'espère que mes relations de voyages feront mentir le dicton par la véracité qui y présidera.

D'ailleurs, les documents ne feront point défaut aux critiques impartiaux et judicieux qui voudront contrôler mes assertions.

Le public en jugera.

Maintenant, amis lecteurs, deux mots d'explication sur ma présence au fort Anderson ou des Esquimaux, en 1865.

Parti de France au commencement de l’année 1862, je me rendis directement à l’extrémité occidentale du grand lac des Esclaves, au lieu d’où le fleuve Mackenzie en sort pour former le premier de ses rapides.

J'y demeurai jusqu'au mois de mars de l’eanée suivante, non sans avoir fait plusieurs voyages intermédiaires sur cette mer d’eau douce. Je la traversai alors pour la sixième fois, afin d’aller prendre la

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