ÉCHEC MAIS NON PAS MAT
Le retour est résolu. — Attaque et pillage. — Adicux touchants de mes protecteurs. — Panique de mes gens. — Retour à Mac Pherson. — L'hiver en plein juillet. — Départ pour le fort Bonne-
Espérance avec Xrarayalok.
Les douleurs de cœur et l'agitation de la fièvre me réveillèrent souvent. Pendant la nuit, j'entendis une conversation qui se tenait devant le feu allumé en plein air. Le vieux Æroanark y discutait avec le chef Oupik sur le même sujet, celui qui tenait la peuplade en haleine, le sujet des discussions précédentes : Étais-je, oui ou non, la cause de l'épidémie de 1865, et celle des indispositions présentes? Sinon, comme le prétendait Æroanark en s'appuyant sempiternellement sur le témoignage de son cadet Noulloumallok, pourquoi ma première visite aux Esquimaux avait-elle été suivie de cette épidémie jusqu'alors inconnue ? Pourquoi, dans cette seconde visite que je faisais aux /nnoït, le malheur et la maladie poursuivaient-ils ceux qui m'accueillaient? Que peut être un homme après lequel la malechance et la déveine s'acharnent avec cette opiniâtreté ? |
Si oui, comme tout le monde le pensait, comme le chef Oupik le croyait, il n'y avait pas à hésiter : il fallait me sacrifier aux mânes de leurs chers défunts ; ii fallait apaiser Tornrark, auquel ma présence déplaisait, que ma vue
offusquait et qui abandonnait ses adorateurs. L'anrégok avänèméork l'avait dit.
Kroanark s'entêtant à me défendre, assuré qu'il était de l'appui d'Inontakrark et d'Anhouchinak, une scission avec leur chef devenait nécessaire, à moins que je ne prisse le parti de rétablir l'ordre et la bonne entente dans cette poignée de sauvages, en reprenant le chemin du fort Mac Pherson.
Je tirai mes plans pendant mes moments d'insomnie.
Revenir sur mes pas, cela coûtait à mon amour-propre; c'était confirmer les soupçons injurieux de la famille Mimirnak et du chef Oupik ; c'était m'exposer à la vengeance des malveillants, qui profiteraient de ce moment pour tomber sur nous ct piller notre embarcation de fond en comble.
M'obstiner à demeurer, malgré l'animadversion de la peuplade et mes souffrances renaissantes, avec la perspective d’une rechute sérieuse et d’un échec complet, c'était me mettre, moi et mes serviteurs, dans un embarras réel; c'était occasionuer une sollicitude de tous les instants à mes hôtes, et pour quelle raison? En pure perte, sans aucun espoir de conversion. C'était mettre ces deux âmes simples au ban de toute la tribu, la leur rendre hostile peut-être pour de longues années, et sans aucun avantage visible.
Je ne pouvais devenir, de gaieté de cœur, si onéreux à mes amis.
D'un autre côté, mes Peaux-de-lièvre vivaient dans des transes continuelles et me pressaient de partir. J'inclinai donc vers ce dernier plan, ignorant seulement comment les événements me serviraient pour le réaliser , sans confirmer des soupçons déjà si nettement exprimés, ni heurter mes hôtes de front en paraissant leur témoigner une méfiance qui n'était pas dans mon esprit.
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Le lendemain de ce jour d'épreuves, les circonstances me servirent à point. On aurait dit que mes honnêtes hôtes comprenaient ma position fausse et voulaient y mettre un terme. Ils affectèrent de dormir jusqu'à ce que presque tous les Esquimaux fussent partis. À tous les appels du chef, ils répondaient par des paroles vagues, par des bäillements prolongés, et n'en demeuraient pas moins dans leurs robes de fourrure.
Le vieux Aroanark avait fait la même chose.
Oupik était déconcerté. Ces trois hommes narguaient ouvertement son autorité. Sa dispute nocturne avec Kreanark n'avait pu influencer le vieillard, qui continuait à affirmer que le missionnaire ne voulait que leur bien et ne s'engageait si avant dans leur affreux pays que par amour pour eux. Puisse Dieu leur tenir compte à tous trois de leur fidélité et de leur amitié pour moi, de leur défense héroïque d'une vérité qu’ils entrevoyaient à peine. Hélas! ils sont morts, ainsi que tant d'autres de mes amis ; morts sans connaître cette religion de paix et de joie que j'étais venu leur apporter, et pour laquelle ils semblaient avoir un cœur tout préparé. Que le juste Juge leur soit favorable!
Par leur abstention et leur absence de déférence aux ordres de leur chef, ces trois hommes lui donnaient souvent à entendre qu'ils voulaient se séparer de la tribu pour gagner seuls avec moi une autre direction, et me soustraire &insi à l'injuste et ridicule vengeance de Mimirnak et de ses fils.
C'était un plan excellent. Il venait au-devant de mes souhaits. Dans la compagnie de ces trois hommes résolus, notre vie ne courait aucun danger; j'aurais pu apprendre la langue esquimaude sérieusement, les instruire à fond et réaliser une triple conversion, qui eût été un excellent germe de changement pour l'avenir de la nation tnnoït.
Tornrark y mit encore obstacle. Mimirnak ct ses fils, comme s'ils eussent deviné le projet de ces trois familles dévouées à mes intérêts, ne partirent pas et espionnèrent toutes nos démarches. Quelques instances que leur firent Anhoutchinak et Inontakrark, ils s'obstinèrent à demeurer auprès de notre feu, attendant et nous pressant eux-mêmes de partir les premiers. Alors je ne balançai plus; je déclarai tout d’un coup à mes hôtes que j'allais m'en retourner, à cause de mon indisposition, ma palpitation et mes douleurs névralgiques ne cessant point. C'était une excuse.
Chose singulière, au lieu de se répandre en reproches, ou de me faire des instances pour que je poursuivisse n:on chemin en leur compagnie, vu l'extrême proximité de leur village, ils respirèrent largement, comme délivrés d’un pesant fardeau, et me dirent :
— C'est très-bien pensé, cela, très-bien pensé. Mais attends, laisse-nous faire. Ils sont mauvais, ils te voleraient.
Aussitôt ils entrent tous deux dans leur pirogue, s’installent sur mon bagage, qu'ils couvrent de leurs mains, me font embarquer dans mon canot avec ns gens, puis le saisissant de chaque côté, ils crient à Mimirnak et aux siens :
— Tayma, tayma, ké isaviloraisé! Assez, assez, vite, partez!
Mais les malveillants ne l’entendaient pas de cette oreille. Eux aussi entrèrent dans leurs Érayaït, se jetèrent sur mon canot et commencèrent le pillage, malgré les cris et les protestations de mes protecteurs. Ces pirates me dérobèrent mon chaudron, nos gobelets, mon service de table, mes mitaines, les blouses en peau d'orignal de mes pauvres serviteurs, et plusieurs autres objets.
Tout cela en dépit des cris de mes trois hôtes et du tabac qu'ils m'invitaient à leur distribuer pour les ama-
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douer. Chez les Esquimaux, le tabac, c'est le morceau de chair saignante que l'on jette au tigre ou au lion d'une ménagerie avant d'entrer dans sa cage.
Mon coffre et mes provisions eussent été mis au pillage comme tout le reste, si Inontakrark ne fût entré dans ma pirogue et ne se fût assis sur ces objets. En même temps, les {ayma ! tayma ! redoublaient de plus belle, me prouvant que, s’il y a des pirates et des voleurs chez les Esquimaux, il est aussi d'honnêtes gens, des amis de l'ordre, des défenseurs de la propriété.
À la fin cependant les voleurs partirent. ÆAroanark s'en alla arracher mon chaudron des mains de sa vieille femme, à laquelle son fils, le louche et boiteux Miphiboseth l'avait donné. La mégère en poussa des cris de rage accompagnés de larmes d'enfant. Le reste ne me fut pas rendu. N'importe ! je jugeai que je m'en tirais encore à peu de frais.
Pnontakrark et Anhoutchinak, craignant que leurs compagnons ne revinssent à la charge, demeurèrent auprès de moi jusqu’à ce qu'ils se fussent tous éloignés. Puis ils me serrèrent la main avec une effusion qui me toucha.
— Ils sont mauvais, me dirent-ils, ils ne t’aiment point; mais tous ne leur ressemblent pas. Toi, tu es bon, nous le savons. Patience, nous nous reverrons dans de meilleures circonstances. Et ils pleuraient en me disant ces paroles d'adieu!
Hélas! je ne devais plus les revoir.
Quand nous les eûmes perdus de vue, nous allâmes reprendre notre dépôt de provisions cachées dans les saules du chenal à sec; puis, le vent de mer nous étant favorable, nous tendimes notre voile et nous en revinmes tristement sur nos pas. Nous avions atteint l'extrémité de la chaine Richardson. Le mont Grifford était loin derrière nous, et la chaîne Romanzoff bleuissait à l'horizon.
Je partis le cœur brisé de n'avoir pu faire autre chose pour ce peuple que semer quelques enseignements touchant les grandes vérités chrétiennes ; mais ces vérités dogmatiques et morales, pour la prédication desquelles des Français entreprennent d'aussi longs et périlleux voyages, n'avaient été accueillies que par des rires moqueurs et des plaisanteries de mauvais goût. J'eus autant de succès parmi les Esquimaux qu’en aurait un bonze qui viendrait prècher Bouddha en plein Paris.
Si je ne fus pas plus heureux que lors de ma première expédition sur le fleuve Anderson, je ne perdis rien toutefois à faire ce second voyage. J'appris à discerner les bons Esquimaux d'avec les mauvais, à mieux connaitre la trempe de leur caractère, la nature de leurs sentiments à notre égard, leur degré de moralité, quelques-unes de leurs coutumes; mais surtout je pus me livrer à l'étude de leur langue, dont je possédais déjà, au retour, deux mille cinq cents mots ou verbes.
Je ne pus voir leur village d’Zkotsik, bien que je n’en fusse pas éloigné d'une demi-journée, quand je m'en retournai; mais j'atteignis au moins le 68° 35° de latitude nord, car les sapins avaient à peu près disparu, et il ne restait sur les rivages que des saules assez bas, surtout l'orpik ou salix speciosa.
D'ailleurs, mon voyage n'aura pas été inutile aux Esquimaux, car je ne leur laissai que de bonnes impressions, des exemples salutaires que le calme, le temps et la réflexion rappelleront à leur esprit farouche, en dissipant tous les faux soupçons que les dernières calamités avaient laissés dans l'esprit du plus grand nombre. J'eus toujours avec eux des manières paternelles. J'en avais aussi les sentiments, ainsi que je le leur manifestai en compatissant à leurs maux, en soulageant leurs infortunes de mon faible pouvoir. Il n'avait pas fallu moins que ces fâcheuses cir-
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En me retirant bravement, sans fuir ni sourciller devant leur attitude hostile, je leur avais prouvé que je n'avais pas besoin d'eux, que je ne tenais nullement à m'imposer à eux, ni à leur inculquer par force la religion qui était le mobile de ma démarche. Mais, au moins, je ne leur montrai point les talons comme le fit, peu d'années après, un officier qui se sauva, plein d'épouvante, lui et ses gens, abandonnant entre les mains des Esquimaux armes ethagages, après avoir laissé piller sa’ barque.
Ma retraite, motivée d'ailleurs par mon état de souffrance, fut digne et autorisée par mes hôtes. C'était une partie remise à un moment plus favorable; voilà tout.
Favorisés par le vent du nord-ouest (Onhanlark) au souffle impétueux, nous mîmes à la voile et remontämes le courant de la Peel avec une rapidité telle qu'en trois jours et une nuit de voile, vent arrière, nous atteignimes la pointe Séparation, station de pêche des Dindjié en été.
Il ne s’y trouva personne.
Mes jeunes Peaux-de-lièvre s'estimaient très-heureux d'être sortis à si bon marché des mains des farouches /nnot; toutefois, comme nous nous étions attendus à rencontrer en route une autre bande, celle de Aouninane, frère d'Oupik, ils s'étaient bien gardés de chasser, de chanter ni de faire du bruit. Je sus plus tard que leur projet avait été de ne point prendre de repos que nous ne fussions arrivés à la pointe Séparation, où était notre cache de provisions. Malheureusement, le temps nous avait mal servis. Le soir du premier jour, il survint une pluie torrentielle qui nous obligea de chercher un refuge sous la tente, de sorte que nous dûmes camper vers minuit. Nous
avions vogué depuis le matin à la voile sans nous arrêter.
Mes jeunes gens ne fermèrent pas l'œil de toute la nuit, Je ne m'expliquais leur état nerveux que par cette réaction qui suit tout danger passé. Ils se montraient maintenant plus craintifs qu'avec les Esquimaux. Jean Oulla, surtout, son fusil chargé à balle à son côté, ne se proposait rien moins que de tuer le premier Esquimau qu'il verrait paraître à notre portée. Ils échangeaient entre eux des conversations comme celle-ci :
— Ilest évident, ami, que ce sont ces chiens de Têtes- Rasées qui produisent ce vent et cette tempête, afin de pouvoir nous courir sus et nous égorger.
Là-dessus, leur imagination surexcitée leu: représentait maint fantôme, leur faisait entendre maint bruit insolite qui les tenaient éveillés et pleins d'alarmes toute la nuit. Quand il fallut repartir, le lendemain, mes deux Jean étaient aussi défaits que s'ils eussent soutenu un siége en règle.
Fort heureusement, le vent n'avait en rien diminué de sa force; nous hissâämes la voile, je pris le gouvernail et les fis dormir dans le canot.
À Tsi-kha-tchig nous trouvâmes la majeure partie des Dindjié. Là, j'appris que le chef de poste du fort Mac Pherson, stimulé par mon voyage à la mer en compagnie des Esquimaux, se proposait, lui aussi, d'y descendre avec une barque nagée par des Loucheux, afin d'y traiter les fourrures de ces sauvages avant de remonter au fort Simpson. C'était un voyage bien inutile et que la jalousie seule pouvait expliquer ; mais il servait mes intérêts. J'avais le cœur serré à la pensée de mon échec avec les Esquimaux de l'Ouest ; je voulus prendre ma revanche d'un autre côté, et pris le parti de redescendre de nouveau à la mer avec de nouvelles provisions, après être allé aux imformations au fort Mac Pherson.
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Jean Trou-Kkwéyés'engagea bravement à m'accompagner encore. Quant à Jean Oulla-Fan, bien que depuis notre arrivée parmi les Dindjié il fit son jeune coq, qu'il m'accusàt d'avoir eu peur des Esquimaux et d’avoir résisté à toutes les instances qu'il m'avait faites, lui Jean, pour demeurer avec eux, lorsque je lui proposai de retourner à la mer par le chenal oriental, le Nalron, avec la barque du fort, il refusa lâchement de me suivre et céda sa place à un autre Indien Peau-de-lièvre qui se trouvait là, Hyacinthe Dzan-you.
Si le chef du poste Mac ‘herson me refusait le passage pour la mer Glaciale, dans sa barque, mon projet était de me rendre par le Nalron jusqu'à l'ile Sacrée (Krikerktayoark), qui est affectée par les Tchiglit à la sépulture de leurs morts, d'y vivre de pêche et de chasse jusqu'à l’arrivée des Esquimaux, vers la fin de juillet ; de passer avec ceux-ci l’automne au village Tchénérark, où ils se réunissent pour la pêche de la baleine blanche, et de m'en revenir avec eux au fort Mac Pherson au commencement d'octobre.
Jde repartis donc de Tsi-kka-tchig, plein d'un nouveau courage, et, le 4 juillet à deux heures du matin, j'atteignais pour la seconde fois ce poste, au grand étonnement de celui qui le gouvernait.
Mon étonnement ne fut pas moindre, lorsque ce commis m'assura qu'il n'avait jamais eu le dessein d'envoyer une barque à la mer et qu'il n'en enverrait certainement pas. Il mentait en me donnant cette assurance ; car je sus plus tard qu'une barque était effectivement descendue à la mer Glaciale pour y traiter les fourrures des Esquimaux. Mais le commis s'était bien gardé d'y aller ; il n'était pas assez brave nour cela.
Je voulus alors y descendre seul avec mes deux jeunes gens, qui consentirent à m'y accompagner ; mais Xraraya-
lok-Pal jan, qui attendait à Mac Pherson le départ de la barque pour le fort Simpson, chef-lieu du Mackenzie, où il devait voir sa sœur, madame B***, Ærarayalok mit tout en œuvre pour me détourner de ce projet, qu'il considérait comme téméraire et périlleux.
— Tu t'égareras dans les bouches du fleuve, chef, me dit-il, Tu ne réussiras qu’à aller mourir de faim sur quelque plage déserte ou au fond d'un faux chenal sans issue. Tu ignores les lieux de rendez-vous de mes compatriotes. C'est trs-vaste, les berges de la mer, c'est vaste, trèsvaste. Tu y perdras ton été à courir sans succès, et si, par hasard, tu découvres des Esquimaux, tu en seras pillé et massacré, parce que tu seras seul et sans protecteur (illoualaralou).
Ce raisonnement était ébranlant. Je ne pouvais en apprécier la justesse, faute de connaître les plages arctiques ; mais je vis ques’il m'arrivait malheur, ainsi qu'à mes gens, on m'accuserait de témérité. Je voulus décider Pabian à me suivre. Il avait aussi grand désir de voir le fort Simpson que moi de me rendre à la mer Glaciale. Il refusa.
11 réguait d'ailleurs un temps affreux; cette journée du 4 juillet vitune chute de grêle d’abord, puis de neige abondante qu'un cyclone, parti de la mer et longeant les montagnes Rocheuses, vomit sur nous comme en hiver.
Rien de si triste que la vue de la neige en plein été. Krarayalok en profita pour me prendre d'assaut.
— Tu le vois, chef, me dit-il, nous sommes dans l'été
froid. 1 faut que nous le subissions. Il n’y a rien à y faire.
Tu ne pouvais pas plus mal choisir pour descendre à la mer. Attends donc l'été prochain. Je te promets de venir te chercher ici moi-même, pour te conduire auprès du Bon (Nakoyork), qui sera ton protecteur et ton pourvoyeur parmi mes compatriotes. Nakoyork est le premier soldat de Navikan ; avec lui tu seras en sûreté.
art de la enzie, Où palok mit il consi-
chef, me r quelque issue. Tu patriotes.
aste, trèset si, par as pillé et protecteur
jais en aparctiques ; mes gens, r Pabian à fort Simprefusa.
journée du eige abon-
plein été.
dans l'été nàyfaire.
ndre à la
ourvoyeur + soldat de
Crois-moi, ni toi ni tes jeunes gens n'êtes assez chaudement vêtus pour affronter la mer, couverte de glaces comme elle l’est dans l’année froide. Si tu veux n'en croire, tu abandonneras ton projet pour cette année.
Le commis du fort me proposa de passer plusieurs jours en sa compagnie, si je tenais à augmenter mon vocabulaire esquimau. J'y acquiesçai tout d’abord ; mais, n'étant pas essez libre pour travailler, je proposai à Pabian-Krarayaloh de me suivre au fort Bonne-Espérance, où la barque le prendrait, au mois d'août, pour le conduire au fort Simpson.
Ma proposition plut à cet hommeet à la femme qu'il s'était procurée pour le voyage, cette Aoularéna que j'avais soignée dans sa maladie, au fort Anderson, en novembre 1865. Le chef du poste lui-même fut satisfait de ma détermination, parce qu'elle le débarrassait de ces deux bouches inutiles, sans compter la mienne et celles de mes deux jeunes Peaux-de-lièvre.
La neige, qui continua à tomber les 5 et 6 juill: empêcha seule de partir aussitôt; mais le 7, je quittai Mac Pherson en compagnie de mes deux Esquimaux et vins camper de nouveau à la pointe Séparation, non sans avoir employé vainement toute mon éloquence pour persuader Pabian et sa vice-femme de descendre avec moi le Mackenzie jusqu’à la mer.
Ils ne voulurent jamais y consentir, et je dus reprendre le chemin du fort Bonne-Espérance avec la seule fiche de consolation de m'exercer à la langue esquimaude pendant tout l'été, avec ce jeùne couple tchiglerk.