CHAPITRE VIII
KRARAYALOK.
Portrait de Xrarayalok et d'Aoularéna, — Rencontre de pêcheurs
dindjié. — Un mauvais plaisant. — Méfiance réciproque. — Un complot déjoué. — Mes Feaux-de-lièvre se rebellent, — À la voile. — La Grande-Vue. — Une terrible demoiselle, — Ren-
contre des Peaux-de-lièvre. — Séjour au fort Bunne-Espérance.
Le 8 juillet, nous quittâmes l'estuaire da fleuve par un temps splendide, et entrâmes dans les remparts naturels nommés Areyrotchouk.
Aussitôt res deux hôtes esquimaux se recueillirent. Ils s'inclinèrent et entonnèrent à voix basse un chant de médecine préservatrice, une sorte de prière à Tornrark. Dès lors, leur front se rembrunit, et ne se dérida complétement que lorsqu'ils se virent tous deux en sûreté, dans ma résidence de Bonne-Espérance.
Seuls, sans armes, dans un pays ennemi et inconnu, la ( démarche de ce couple esquimau témoignait que leur cœur, Tai quelque accessible qu'il fût à la crainte, était susceptible seul de la dominer, et que, de plus, ils avaient en moi une entière confiance.
Krarayalok était un gros garçon de vingt-huit neiges, Aus. grand, massif comme un Caraïbe de l'Orénoque, découplé et se comme un hercule, mais un hercule à visage d'enfant, gai, un 1
souriant des yeux et de sa bonne grosse bouche, chantant tout le long du jour en battant la mesure avec son couteau.
de pêcheurs ciproque. — lent. — À la elle. — Renne-Espérance.
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C'était son occupation la plus ordinaire, quand il ne mangeait ni ne dormait.
Aoularéna N° 4, veuve de Krénertork en 1865, ct devenue depuis femme omnibus, était plus petite et plus fluctte, mais aussi bien plantée que son vice-mari. Un petit nez kalmouk arrogamment retroussé, une bouche lippue qui lui faisait faire une grosse bèbe, complétée d’yeux assez beaux et d’un front haut et large : telle était sa physionomie. Une figure d'enfant à demi ébauchée et un peu méfiante.
Dès qu'elle se vit seule avec nous, elle adressa son plus gracieux sourire à chacun de mes pagayeurs peaux-delièvre, dans l'espoir de capter ieurs bonnes grâces.
— Si tu crois que je t'aime, tu te trompes bien, méchante stercuraire. Il y en a de plus belles que toi dans ma nation.
Tel fut le compliment que lui adressa Dzan-you. Heureusement pour la malheureuse qu'elle ne le comprit pas.
Elle et son homme, installés devant moi, dans ma large pirogue tchippewayane, pouvaient y dormir à l'aise, étendus dans leurs fourrures, sans nuire à notre marche. Jamais je ne commandai à Pabian de faire sa touée, quelques remontrances que me fissent mes pagayeurs. Jamais je ne souffris qu’Aoularéna s'attelà au grelin, bien que ce soient les femmes ou les chiens qui r'mplissent cet office chez les Innoït.
Grâce au vent du nord-est (niyerk), noux arrivàämes à Tsi-kka-tchig à l'heure du diner. Nous n’y vimes pas un seul Dindjié. Ils en étaient partis.
Un peu avant minuit, nous rencontrâämes deux cabanes de pêcheurs loucheux, et atterrîimes pour leur donner la main. Aussitôt mes deux Esquimaux bondissent hors de la pirogue et se précipitent tête baissée dans la première cahute, avec un mouvement de terreur qui ne m'échappa point.
— Qu'est-ce que cela signifie? demandai-je aux Dindjié ; ont-ils peur de moi, maintenant?
— C'est de nous, au contraire, qu'ils ont peur, me répondit le Loucheux Ttatsédé. Et de crainte que nous n'attentions à leur vie, ils cherchent un asile à mon foyer. Ils nous prêtent leurs idées extravagantes. Ils nous pensent aussi méchants qu''ux. Nachi koutichin ! peuple de fous! ajouta-t-il par manière de compliment à l'adresse-de ses hôtes intrus.
Je fus loin de partager l'appréciation du Dindjié sur ce droit d'asile. Rien ne peut honorer davantage le foyer domestique. Seulement, la réflexion discourtoise de ce chrétien m'apprit que, grâce à la mansuétude du Christ, que nous leur prêchons, d’ennemis des Esquimaux, les Dindjié en sont devenus les amis, quoique à leur insu.
Au confluent de la Tsi-tcha-tchig, un mauvais plaisant nommé linijié, parfait chrétien d’ailleurs, mais original fieffé, et que je ne savais pas si bien connu de Xrarayalok pour un caractère excentrique, voulut rire aux dépens de l'Esquimau ou bien me donner le change pendant quelques instants.
— Te rappelles-tu, dit-il à Pabian, que ton père a assassiné le mien? Eh bien! maintenant, c’est à mon tour de venger sa mémoire.
Et froidement, l'insensé vous le couche en joue.
L'Esquimau eut le bon esprit de rire de cette saillie sans s’en émouvoir; mais Aoularéna fit entendre un cri perçant qui provoqua les rires de l'assistance.
Je mis fin au jeu de l’Indien en le tançant un peu vertement de sa légèreté.
— Je badine, me répondit Vinijié; mon frère la Tête- Rasée le sait bien, perce qu'il n’ignore pas que jamais son père n’a eu de démélés avec le mien. Mais c’est toi qui prends au vif une simple plaisanterie.
Sur ce il me quitta, prit les deux Esquimaux par la main, les introduisit dans sa boucanière et leur servit à manger
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d'excellente viande d'orignal, ce qui les mit en belle humeur.
À partir de ce moment, l'esprit des deux Esquimaux présenta des alternatives de terreur et de joie immodérée, qui firent naître plusieurs incidents comico-héroïques d'un grand intérêt pour moi, qui les étudiais.
Ils débutèrent dans cette voie par appeler mes serviteurs kreymirt (chiens), parce qu'ils touaient le canot. Je défendis aux Ésquimaux d'insulter mes gens, disant que j'étais leur père. Ils pouffèrent de rire sous mon nez, en murraurant :
— Kreymirb apanwork ! Le père aux chiens!
Sitôt que les deux Peaux-de-lièvre s'aperçurent qu'on ivs raillait, ils ne se firent pas défaut d'échanger avec les Esquimaux un feu roulant de quolibets. Ils se mirent à en rire aussi, les appelant bons à rien, paresseux, mangeurs de lard, and so forth.
Piqués au vif dans leur amour-nropre, Krarayalok et sa compagne voulurent à toute force touer la pirogue à leur : tour. Mais, la graisse en faisant de mauvais marcheurs, ils étouffèrent dans leurs pelissons, s'ensanglanièrent les pieds sur les galets du rivage, ct, finalement, ils s’assirent sur une pierre et se mirent à sangloter comme de petits enfants.
Je les rappelai vers moi, les consolant comme une mère. Mais dépeindre les rires et le mépris par lesquels les accueillirent captain Ball et Hyacinthe est chose impossible.
Je passais mon temps à les mettre d'accord, comme un pion de collége, gourmandant les uns, encourageant les autres d’une manière impartiale. Ce n'était que par ce moyen que je pouvais avoir la paix.
Au bout de la troisième journée, les Esquimaux, qui ne s'attendaient pas que le fort de Bonne-Espérance fût si loin des bouches du Mackenzie, furent pris de nostalgie et de crainte. Ils se mirent à tirer des plans et à se concerter.
Sur le soir, captain Ball vint me dire à l'orcille:
— Méfie-toi, père, j'ai entendu ÆArarayalok dire à sa maitresse qu'ils feraient bien de s’en retourner, parce que le fort Good Hope est trop loin. Ils vont se défaire de nous, s'emparer de tout notre avoir et s’en retourner à la mer. Tel est leur complot. Aie l'œil ouvert.
Je me mis à rire de cette déclaration, n’en croyant pas un traître mot.
Donc, ce soir-là, il régnait une méfiance mutuelle entre mes quatre compagnons. La tente matée, mes chrétiens (dont j'étais aussi sûr que de moi-même) refusèrent d'y prendre place.
— Nous ne coucherons plus avec les Afiwi dékhéri (les Têtes-Rasées), firent-ils. Nous ne voulons pas être égorgés.
Deleur côté, les Esquimaux me signifièrent qu'ils n'iraient pas plus loin, par la frayeur que leur causaient tous les Dindjié que nous rencontrions en route. Ils demandaient à grands cris d’être ramenés à la mer.
Malheureusement, il n’était plus temps. Mais, comme je comprenais parfaitement les terreurs de ces deux braves cœurs, je mis tout en œuvre pour leur rendre la confiance et la gaieté.
Je pris toutes nos armes, j'en fis un faisceau et les plaçai sous le chevet de l'Esquimau.
— Tiens, mon fils, lui dis-je, tu vois bien que tu. t'inquiètes pour rien. Voici toutes nos armes ; gardes-les toute la nuit par devers toi. Nous n'avons pas peur de vous, parce que nous vous aimons. De ton côté, tu ne saurais nous craindre, puisque nous voilà désarmés.
Il sourit à travers ses larmes, mais avec tristesse, et se coucha.
Pour inspirer la même confiance aux Peaux-de-lièvre, je leur fis décharger et tirer à terre ma lourde pirogue, que deux personnes seules ne pouvaient renflouer. Par ce moyen, le plan de AXrarayalok était déjoué.
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Tous quatre, mutuellement rassurés, dormirent sur leurs deux oreilles.
À cause de la chaleur, nous nous couchions à huit heures du matin et nous remettions en marche à quatre heures de l'après-midi. Le lendemain, les deux Esquimaux s'assirent sur un rocher, la tête basse, refusant de déjeuner, et le jeune homme me dit :
— Je ne puis manger, parce que je n'ai pas de couteau.
— Et ceci, qu'est-ce donc? fis-je en lui montrant son couteau fermant.
— Celui-ci est trop petit. C'est un #saviralsiark (une longue dague) que je veux, comme ceux de tes jeunes gens.
Je compris à demi-mot et ajoutai avec douceur :
— Allons, Pabiana, abandonne ces mauvaises pensées. En nous, tu n'as que des amis. Bois, mange, dors, ris à ton aise et montre, de ton côté, que ton cœur est blanc. Regarde-moi donc. Est-ce que j'ai la figure d’un homme qui t'en veut?
Il grogna en boudant, comme un enfant gâté. Mais
madame Aoularéna, les lèvres pincées par le dépit, l'œil
faux et farouche, lui glissa :
— Dépèche-toi donc de nous débarrasser d'eux, et commence par la barbe. Il n'y a que lui d'homme ici.
Captain Ball n’entendit que trop bien le conseil perfide que cette femme effrayée donnait à son homme; il s'écria :
— Tu le vois, père, ils sont vicieux comme le diable. Ils en veulent à notre vie. Me crois-tu, à la fin? Si tu ne les abandonnes pas ici, ni moi ni Dzan-you ne nous rembarquerons avec toi.
— Les laisser sur le rivage? Êtes-vous devenus fous? répondis-je à Jean, en perdant un peu patience. Pour qui donc me prenez-vous? Demeurez en paix et faites votre devoir; je réponds d'eux. Mais ne les agacez plus.
Après le déjeuner, qu'ils ne purent avaler, je fis remonter
les deux Esquimaux en canot. Leur grosse: tête dolente, enlaidie par la terreur et la nostalgie, dodelinait sur leurs épaules avec un air d’abjection vraiment piteux.
Alors ce fut au tour des Peaux-de-lièvre de refuser leur tâche. Assis sur le rivage, ricanants, ils ne voulaient plus traîner, disaient-ils, « ces deux meurtriers tonsurés ».
— Nous ne sommes pas les chiens des stercoraires, dirent-ils. Qu'ils s’en aillent, et nous te suivrons.
— S'ils doivent s’en aller, ce sera avec ce canot et moi dans le canot, répliquai-je avec modération. 1l n’y a pas de milieu : ou les suivre à la mer, ou bien les conduire chez moi. Choisissez.
Ils se décidèrent à repartir, firent une diligence inouïe et nous conduisirent, à minuit, au confluent de la L’é-otala-délin pour y bivouaquer.
Les deux Esquimaux, maintenant rassurés, y furent si revêches, sirailleurs, si insupportables, que Hyacinthe arma tout à coup son fusil et les coucha en joue.
Je poussai un cri terrible et m'élançai vers l’ombrageux Peau-de-lièvre, qui, par sa mauvaise humeur, pouvait compromettre mon ministère pour la vie.
— Maintenant, dis-je aux Esquimaux, nous ne sommes plus en pays dindjié; nous sommes chez ces gens-ci, des Dènè. Ce sont des hommes doux, bons et chrétiens. Ils n'ont jamais été en hostilité avec vos parents. Soyez donc gais, francs et aimables avec eux, ou bien je ne réponds plus de rien.
Nous pûmes souper en paix. Puis, comme il s’éleva tout à coup un vent violent de la mer, nous mimes à la voile, voguâmes toute la nuit, — mes quatre compagnons dormant dans la piroguc pendant que je gouvernais, — et ne mîmes plus à terre que le lendemain, à dix heures du matin, à l'entrée de la vaste expansion du fleuve appelé la Grande-Vue.
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Avant de s'endormir, Pabian avait dit à sa compagne :
— Le Arablouna est bon, il nous aime; c'est nous qui sommes mauvais.
Elle fronça le nez en signe d'assentiment.
En débarquant, les Esquimaux, auparavant si craintifs, si pusillanimes, firent paraître tout à coup une joie si excessive et recommencèrent a être si agaçants, que Hyacinthe leur dit :
— Vous ferez mieux de fermer la gueule, Tètes-Pelées enragées, si vous ne voulez attraper un caillou-mordant (une balle).
Nous nous trouvions sur une belle plage sablonneuse, en vue de la rivière des Plongeons, à laquelle je donnai le nom de Grouard, en l'honneur de mon meilleur confrère.
Le soleil rutilant, l'air tiède et accalmé, la douce chaleur que nous renvoyaient les hautes dunes de la Chaussée du Castor nous invitaient au plaisir du bain. Nous nous procurâämes ce délassement avant de savourer un copieux déjeuner, auquel tout mon monde fit honneur avec joie et bonne harmonie.
Aoularéna était redevenue vive ct alerte comme un jeune vanneau des rivages. L’immensité du fleuve, la teinte azurée qui le faisait ressembler à la mer, et la vue des petites marmottes arlomir, qui nous saluaient de leurs cris joyeux du haut des écores argileuses dans lesquelles elles avaient leurs clapiers, transportaient la pauvre femme de bonheur.
Tout cela lui rappelait, disait-elle, d’autres lieux en tout semblables à ceux-ci, mais situés là-bas, tout là-bas, au bord de Taréork, la grande Eau salée.
La joie de l’Esquimaude ne fut pas de longue durée. Pendant que nous faisions un peu de sieste, le vent étant tombé, elle poussa un cri déchirant, comme si un ours ou un loup eût sauté sur elle, et, se levant d’un bond, elle s'enfuit en criant avec horreur :
— Mana! mana!
— Qu'est-ce donc encore? demandai-je. Qu'a donc cette femme ?
— Illatkroutchitortork ! répondit Ærarayalok avec un effroi mal comprimé.
Illatkroutchitortork ? Un nom long comme un mille-pattes pour désigner quoi? Un de ces gracieux, sveltes et aériens névroptères qui, durant les chaleurs estivales, font une guerre bienfaisante aux cousins, dans les pays où ils pullulent. Oui, une libellule, une gentille demoiselle à la capote de velours vert, au fin corsage, aux ailes diaphanes comme un rayon de soleil, s’obstinait à tourner autour de la figure d’Aoularéna pour la débarrasser des maringouins qui la piquaient.
Et l'Esquimaude poussait les hauts cris chaque fois que le pauvre insecte effleurait sa tête ; elle repoussait des deux mains cette harpie d’un nouveau genre, à laquelle sa superstition d'enfant attribuait une maligne influence.
Grave, superbe d'indignation et de bravoure, se leva Krarayalok. Il saisit sa lourde blouse de pelisson, pourchassa l’insecte malencontreux, et ne se rassit que lorsqu'il l’eut étendu sans vie à ses pieds.
Le soir de ce même jour, nous atteignimes le premier camp de Peaux-de-lièvre Aha-tra-gottiné ou Gens du fleuve. Ils nous accueillirent avec les démonstrations de la joie la plus vive, et firent aux deux Esquimaux une réception aussi bienveillante qu'inattendue de ces pauvres voyageurs.
Dès lors, nous continuâmes à marcher à la voile par un bon vent arrière; de sorte que le 14 juillet, le septième jour depuis la pointe Séparation, nous pûmes arriver au fort et à la mission de Notre-Dame de Bonne-Espérance. C'était un prompt voyage.
Installés dans ma tente, que je mis à leur disposition, à quelques pas de ma fenêtre, afin que je pusse leur rendre
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service au premier signe, Pabian et sa compagne purent manger, boire, dormir, fumer ct chanter tant qu'il leur plut, sans qu'il leur en coutàt autre chose qu'une heure de classe par jour, qu'ils me donnaient alternativement, matin et soir, en leur langue.
A l'exception d'une seule scène de colère que Xrarayalok fit à Aoularéna pour un motif futile, jamais on ne vit de couple plus gai et plus heureux. Nul ne les raillait, nul ne les menaçait. Tout un chacun leur faisait bon visage. On les invitait à diner, on leur donnait gratuitement du tabac ; les femmes dènè conduisaient l'Esquimaude dans les bois pour y ramasser des airelles et des raisins d'ours. L'une d'entre elles lui prêta même une de ses robes d’indienne, parce que l'Esquimaude étouffait dans sa pesante chasuble en fourrure, que je lui avais défendu de dépouiller hors de sa tente.
Enfin, le 6 août, la barque du fort Mac Pherson étant arrivée et celle de Bonne-Espérance étant prête, je me remis en voyage, pour accompagner mes deux protégés jusqu'au fort Simpson, deux cent cinquante lieues plus au sud, d’où nous ne revinmes qu’à la fin du mois de septembre.
Avec le départ de ces deux jeunes gens pour la mer
Glaciale se terminèrent mes rapports avec les Innoït, en