Demeure
ns aussi vite eur marche.
comme je le epas achevé, uche-t'y.
dans laquelle uivrai pas à is jours con-
veux exami-
qu'au village
prendre de
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conclut le ar telle est ais en face,
fussent-ils vingt contre un; mais ils séparent leurs adversaires les uns des autres, et, à leur insu et dans l'ombre, ils se défont de ceux qu'ils croient être leurs ennemis.
Autant que je pus en juger par ce qui m'arriva dans l'Alaska, sur le fleuve Youkon, l'année suivante, les Esquimaux, après m'avoir séparé et isolé de mes deux serviteurs dènè, les auraient intimidés; pendant mon sommeil, ils les auraient dépouillés et contraints de s'enfuir; puis, maîtres de ma personne, ils s'en seraient débarrassés, si j'eusse montré de l’effroi, ou bien ils m'auraient retenu prisonnier parmi eux pour être leur prêtre, à eux seuls, et sans espoir de retour chez les Jrkréléit, qu'ils haïssent et méprisent.
Par charité, j'aime à croire que c’est la seconde de ces alternatives qu'ils se proposaient d'exécuter. Mais je ne pouvais consentir même à cela. Avant tout, vive la liberté!
J'ai dit que mes jeunes gens, bien qu'ils n'entendissent rien de ces propos, comprenaient aussi bien que moi que les Esquimaux avaient de mauvaises intentions. Ils n’essayaient plus de nous déguiser leurs desseins. Pendant que je parlais à Nakoyork, ils prirent donc ce que les Anglais appellent, injurieusement pour nous, french leave, et disparurent dans les bois.
Quand je me retournai vers eux pour leur dire d'embarquer, les deux Dènè n'étaient plus là. Ils s'étaient enfuis follement, me laissant seul au milieu des Esquimaux. Je les appelai ; ils ne répondirent seulement pas. Je les poursuivis dans les saules, les atteignis et eus toutes les peines du monde à les décider à continuer leur route.
Ils voulaient s’en retourner, et, qui plus est, s'en retourner à pied, en abandonnant mon canot. C'était insensé, Je les tançai vertement et leur ordonnai de me suivre.
Quand je revins seul au canot, tous les Esquimaux étaient repartis, à l'exception de Nakoyork et de Kraraya-
lok, qui étaient demeurés au bord du fleuve avec leurs krayak. Je me dirigeai droit sur eux , les mains dans mes poches vides.
Que se passa-t-il alors dans leur esprit? Je l'ignore absolument. Les gens vicieux et à mauvais desseins ont de ces craintes chimériques que leur donne une conscience tarée. Ils jetèrent des yeux hagards autour d'eux. Ils se levèrent avec agitation. Eux, tantôt si insolents, témoignaient maintenant d'une crainte abjecte. La peur faisait trembler la peau de leur visage. Leurs yeux cherchaient une arme, sans qu'ils se communiquassent leur pensée. Pabian passa la main dans sa botte droite et en retira un long couteau. Nakoyork, dépourvu de dague, ramassa un gourdin qu'il trouva à deux pas, et, debout, ils me regardèrent ahuris, en arrêt.
J'avançais toujours, ne sachant ce que tout cela signifiait.
— Que font donc tes jeunes gens? demandèrent-ils.
— Je n'en sais rien. Ils se sont sans doute écartés pour quelque besoin, répondis-je. Mais les voici qui reviennent, partons!
Les deux Dènè avaient leur fusil à la main.
— Oui, oui! dirent les deux Esquimaux, partons vite. Puis, avec hâte et tremblement, ils s'enfoncent dans leurs krayak, saisissent leur pagaie double, et en un clin d'œil ils ont tourné une pointe et sont hors de vue.
Cette fuite, cette panique m'avaient abasourdi. C'était comme l'année dernière : Esquimaux et Dènè syaient peur les uns des autres, mais une peur incontrôlable ct déraisonnée.
Mes jeunes gens auraient dû se remettre, en voyant l'effet prodigieux qu'ils avaient produit. 11 n’en fut rien.
u Ils sont mauvais, ils nous haïssent, dirent-ils, il est difficile d'aller vivre chez ce peuple. »
Telle fut leur réflexion . Cependant ils se rembarquèrent,
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et nous continuèmes notre route à la suite des Esquimaux.
Je cherchai alors à m'expliquer l'effroi que les deux Esquimaux avaient manifesté à ma vue. Je sais bien que je n'ai pas reçu du ciel le don d'inspirer de la terreur à qui que ce soit. Tout ce que je pus donc m'imaginer fut que ces pauvres hères, me voyant revenir du bois avec assurance et gaieté, les mains dans les poches, crurent que j'étais allé charger des revolvers dans les saules, et que je les tenais cachés sous mon vêtement. Or ils ont une frayeur extrême et bien juste de ces terribles instruments de mort. Voilà tout ce que je pus imaginer, et je crois que mon pronostic était fondé,
La seule chose qui nous restât à faire pour dissiper leurs injustes soupçons, que j'avais à cœur de ne pas voir s'accréditer sur mon compte, était de nous hâter de les rejoindre et de ne plus nous séparer d'eux. J'employai tous mes efforts à le persuader à mes serviteurs. J'étais convaincu que les Esquimaux, un moment épouvantés par une fausse préoccupation, et qui maintenant nous fuyaient évidemment, reviendraient à de plus justes sentiments dès lors qu'ils nous reverraient parmi eux avec notre simplicité et notre aménité d'autrefois, et qu'ils déposeraient alors tout soupçon injurieux contre nous.
A cette déclaration, mes sauvages opposèrent un : « Etinhou! A-t-on jamais vu? » qui me montra qu'ils ne l'entendaient pas de cette oreille.
— Moi, dit Aüélé, le métis franco-flanc-de-chien, élevé dans les forèts, moi, je les aurais bien suivis, s'ils avaient continué à être convenables. Je les considérais déjà comme mes parents. Mais combien ils ont changé depuis que nous avons traversé le fleuve! Maintenant j'en ai trop peur. Il vaut mieux que nous nous en retournions que d'être tués.
— En vérité, je te le dis! ÆEkkwi déli hellé! me dit le second, Jean-Marie Fénawélloun, quand bien même tu
doublerais mes gages, je t'assure que je ne te suivrais pas parmi ces meurtriers.
Tout en parlant ainsi, cependant, uous continuions à descendre le Nalron, et j'espérais qu'ils changeraient encore de sentiment. J'ignorais alors ce que ces deux jeunes gens se proposaient de faire. Mais une petite rivière, affluent du Mackenzie, s'étant présentée sur la rive droite, ils y lancèrent le canot avec force, malgré mes remontrances et mes protestations, y nagèrent encore pendant quelques centaines de mètres, sans que je susse ce qu'ils voulaient faire; puis, apercevant une berge vaseuse, inclinée en pente douce et à peine verdie par les prêles naissantes, ils y poussèrent le canot de manière à le caler dans ce fond meuble, saisirent chacun leur fusil, un paquet de viande sèche et leur fourniment de chasse, et se sauvèrent sous bois en me criant de les suivre.
Cet ahurissement me pétrifiait, sans me laisser le temps de réfléchir. Il n'y avait pas à hésiter ; il fallait que je fisse commeeux, en mehâtant, sous peine de perdretout à faitleurs traces et de mourir seul dans la forêt. Qua:tt à rejoindre les Esquimaux, je ne le pouvais pas avec un si grand canot.
Je fis donc de nécessité vertu, et, tout en criant à mes Indiens de modérer leur allure de lièvre, je m’efforçai de les suivre à travers la forêt.
Tel fut le résultat de mon expédition de 1869 chez les Esquimaux des bouches du Mackenzie, expédition qui fut un peu parente avec celle que, quelques années auparavant, deux officiers de la Compagnie de la baie d'Hudson avaient tentée dans ce même chenal du Nalron, non pas avec des sauvages, mais avec des Canadiens et des métis, et qui fut si peu glorieuse pour eux, que ces messieurs durent, dit-on, tirer leur pantalon et demeurer en caleçon afin de mieux courir, après avoir fait abandon de tout ce qu'ils possédaient!