‹ Les grands Esquimaux [microforme]Chapitre 8 sur 54 · SUR LE FLEUVE DES POISSONS INCONNUS · texte numérisé non relu

SUR LE FLEUVE DES POISSONS INCONNUS

En marche sur les glaces. — Traîneaux esquimaux. — Un vademecum peu honorable. — Pipes malaises. — Construction d’une hutte de neige. — Erreur scientifique d'un savant. — L'âge d’or sous le cercle arctique. — Le secret de la vice dans les glaces polaires. — Types esquimaux. — Un grand homme Fils du soleil.

De sorte que, le 18 mars 1865, à neuf heures du matin, je me trouvai de nouveau sur la surface congelée du fleuve Anderson ou des Inconnus, courant derrière le général Bottom, qui courait derrière Innonarana, le Grand- Homme, lequel, comme un simple mortel, courait à son tour derrière Zyoumatounak, le Galeux.

Deux traîneaux fuyaient entre nous, entraînés par leurs chiens; l’un à lisses, qui était à moi; l’autre à patins, qui appartenait aux deux Esquimaux.

Tel est l'ordre de marche des Indiens en toute saison. Ils n’en conçoivent pas d'autre. Cheminer de front, de conserve, leur semble souverainement ridicule. Le plus digne de la bande passe devant, et les autres suivent à la queue leu leu. C'est l'ordre des oies et des grues qui fendent la nue, des rennes qui émigrent, des bisons qui changent de pâturage; c'est celui des chevaux, lorsque, mis en liberté, ils reprennent pour un temps, dans le désert, les allures de leur nature première.

Les traîneaux esquimaux tchiglit se composent d'une

Un vadejon d’une ge d'or les glaces du soleil.

u matin, gelée du rière le e Grandait à son

bar leurs ins, qui

saison.

de cons digne a queue dent la gent de liberté, allures

d'une

LES GRANDS ÉSQUIMAUX. — EXCURSIONS D'HIVER. Il

claie de bois qui repose sur deux patins grossièrement équarris, également en bois. Ce sont des machines pesantes et disgracieuses, dont le moindre défaut est d'enfoncer profondément dans la neige, en y traçant des ornières qui fatiguent beaucoup les chiens.

Pour remplacer jusqu'à un certain point la semelle d'acier dont les peuples civilisés des pays froids garnissent les patins de leurs sleighs et de leurs froïki, les Esquimaux, pauvres en tout, sauf en génie, funt à leurs traîneaux des semelles de glace. Mais comme cette substance s’use par le frottement, ils en sont réduits, toutcs les deux ou trois heures, à décharger et à renverser leur krémoutey, pour regarnir les pièces de bois parallèles, qui jouent le rôle de patins, d’un bourrelet de vase et d'eau qui, en se congelant aussitôt, et lissé avec leurs mitainesen peau de morse ou d'ours blanc, reforme la semelle usée.

C'est ingénieux, mais long et fastidieux, car il s’agit de se procurer de l’eau. Il faut donc, à cet effet, creuser l'énorme couche de glace qui recouvre la surface de la nier ou des fleuves, — de 5 à 10 pieds d'épaisseur, — travail qui exige plus de temps et de labeur que la réparation du patin lui-même. Aussi ne faut-il pas être pressé pour voyager avec des Esquimaux.

Cinq ou six chiens-renards sont attachés à ce grossier traineau, non point en file ni au moyen de harnais de cuir, mais de front et par une seule grosse ficelle qui fait le tour du col de chaque chien, passe sous son ventre et se rattache au traineau. Si ça ne les étrangle pas, ça doit joliment entamer la peau des pauvres bêtes. Heureusement que l'Esquimau est patient et qu'il n’a pas la prétention de faire des Pégases de ses chiens de trait. Il les conduit sans le secours du fouet, stimulant de temps à autre leur allure paresseuse et enjouée par quelques Koua ! Koua ! plusieurs fois répétés, qu’il accompagne de l'impré-

nat RARES RS MR dt de Rss.

Page 1