LE TRE NOZZE
baron de ses huées. Pour le coup, l’on croit rêver. A Naples, le plus piètre marchesino rosserait sans pitié le populaire, s’il osait lui manquer de respect. J’en appelle toujours à Lablache.
La farce ne s’égaie un moment que lorsque le baron est présenté à sa fiancée. Lablache et M me Sohtag jouent cette scène à merveille. Quel admirable poupon avec ses petites mines de collégien embarrassé, sa docilité passive, sa gaucherie grotesque, ses révérences, sa gentillesse et sa polka! Oui, Lablache ». polke, en costume Louis XV ! Qu’importe t il peut faire tout ce qu’il veut, car il sait le faire avec esprit, avec verve, avec une bonhomie parfaite, avec une grâce adorable, et l’histoire s’estimerait trop heureuse de se déclarer son humble servante.
11 faut couper absolument ce duo malencontreux où Ferranti s’affuble en magistrat, en robe noire, en bonnet carré, et toujours en moustaches. Ce duo n’est pas en situation; la scène est froide, insipide et niaise, et la surdité de l'un des personnages rappelle maladroitement un des plus beaux chefs-d’œuvre de Cintarosa. *
Le dernier acte a un faux air de Don Pasquale , qui