CHAPITRE DOUZIEME
On suivait les bords du fleuve.
Grassus avait sept légions d'infanterie et un peu moins de quatre mille cavaliers, et è ilBti près autant àê vélitM.
Les Yélites étaient des gladiateurs Habitués à combattre le lion.
Ils allaient avoir affaire à un ennemi bien autrement dangereux : les Parthes.
Pendant cette marche, les coureurs revinrent de la découverte.
Ils annonçaient que la plaine était nue et désorte aussi loin quo la vue pou\ail s'étendre, mais que la terre était couverte de pas de chevaux qui avaient rebroussé chemin.
Cette nouvelle confirmait les espérances de Crassus.
Jamais les Parthes n'oseraient attendre les Romains, 'dimit^il.*
KN ItOBE DE CHAMBRE 251
Mais Cassius, pour la vingtièLje fois, intervint, répétant à Crassus qu'il le suppliait de ne pas aller plus avant ; que, -s'il ne voulait pas. absolument battre en re- ^ traite et fuir devant i|n adversaire qui fuyait, il pouvait retirer son armée dans une des villes que Ton occupait, et attendre dans cette ville des renseignements certains sur l'ennemi.
Si Crassus refusait absolument ce parti comme trop prudent, il y avait encore un moyen, c'était de oiarcher sur Seleucie, en suivant les bords du fleuve : de cette façon il marcherait de conserve avec ses bôtimenls de transport. A chaque campe- Ynent, le fleuve fournirait l'eau, les bâtiments les vivres, et l'on ne manquerait de
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rien, snns compter que le fleuve, en couvrant les Romains d'un côté, empêcherait qu'ils fussent jamais enveloppés.
On combattrait donc au cas où les Parthes livreraient le combat, à avantage égal, et en ayant Tennemi en face.
Les instances du tribun avaient amené
Crassus à examiner ce plan, et peut-être
allait-il s'y rendre, lorsqu'on vit apparaître de loin un cavalier. Ce cavalier traversait si rapidement la plaine, que son cheval semblait avoir des ailes.
Il se dirigeait droit sur les Romains.
C'était un chef de tribu arabe qui, selon Plutarque, se nommait Ariamnès; selon Appien, Acharus ; et selon Dion., Augasus.
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Plusieurs soldats qui avaient servi sous Pompée le reconnurent, et attestèrent qu'il avait rendu de grands services à Pompée.
Il se présentait comme un ancien ami des Romains, persécuté chez les Parthes à cause de cette amilié, et qui venait pour rendre à Crassus un service qui, à lui seul, valait tous les services rendue à Pompée.
C'était de lui servir de guide à travers les déserts ; il se faisait fort de lui faire surprendre les Parthes.
Par malheur, Crassus le crut.
C'est qu'aussi le barbare, tout barbare qu'il étjail, s'y était pris admirablement.
254 LES GRANDS HOMttfiS
11 avait commencé par faire Uélogë de Pompée, qui, disait-il, était son bienfaiteur.
Puis, comme en extase devant la magnifique armée de Crassus, il n'avait pas tari eh éloges sur cette armée et son général.
Devant une pareille armée, toutes les armées d'Orodès ne tiendraient pas une heure. Le tout était de joindre les Parthes, qui se cachaient; et les joindre c'était, sans son secours, chose impossible.
Ils s'étaient retirés dans l'intérieur du pays, et tant qu'on suivrait la rivière, c'était leur tourner le dos ou à peu près.
D'ailleurs, à quoi .bon suivre la rivière^
£N ROBE DE COAMBRE 255
le pays n'était-il pas sillonné de cours d'eau?
A son avis, il n'y avait donc pas un instant à perdre. Les Parthes, qui avaient • entendu parler de Crassus et de son armée, ne comptaient point l'attendre.
Ils étaient occupés, à cette heure, à réunir leurs trésors, ce qu'ils avaient de ^lus précieux en biens et en hommes; puis, comme une bande d'oiseaux efla-»
rouchés, ils allaient prendre leur vol vers l'Hircanie et la Scythie.
Tout cela était une ruse arabe.
Orodès avait partagé son armée en deux corps.
236 us GRANDS HOMMES
Avec l'un il ravageait TArménie pour se venger de cet Artabase qui était venu offrir son secours à Grassus.
Avec l'autre, un simple général, surena, — ici encore les Romains prennent le titre pour le nom -— avec l'autre, un simple général devait attendre qu'Ariamnès lui livrât Grassus et ses Romains.
11 est vrai que ce surena n'était point un homme vulgaire.
Par sa naissance, sa richesse et son courage, il était le premier après le roi.
Par sa ruse et son habileté, ces deux
grandes vertus des peuples nomades de
'Yemen, de l'Assyr et de Mésopotamie^ il
^ fiN BOBE DE mAMBBJC ^57
Temporlait sur les plus rusés et les plus habiles de son temps •
Pour la taille et pour la beauté, il n'avait point d'égal.
En marche; comme un autre César, il menait toujours cent chameaux chargés de ses bagages, et, de plus que César, deux cents charriots chargés de ses concubines. ,
Mille chevaux de grosse cavalerie, cinq ou six mille de cavalerie légère, formaient son escorte ordinaire, qui, avec les valets et les esclaves, ne baissait jamais audessous de dix milb hommes.
Quant à sa naissance, elle était si élevée.
27)8 LES â1l4ND$ HOMIISS
que c'était lui qui, lors de leur avènement au trône, avait la charge de ceindre le bandeau aux rois parthes.
Le roi actuel avait été chassé, Lç surena, avec sa garde personnelle, l'avait été prendre dans Texil et rametié sur son trône.
La ville de Seleucie s'entêtaij; dans la rébellion.
Ce surena lavait prise d'assaut en montant le premier sur ses murailles.
Il n'avait pas encore trente ans, était parfaitement beau^ comme nous Savons dit, et ajoutait encore à sa beauté en «e peignant les yeux, en se fardant, en se parfumant comme une femnM.
C'était là l'homme auquel Grassus allait avoir affaire,
Crassus, qui se croyait aussi habile et aussi rusé que qui que ce soit au monde, et qui ignorait que l'Européen le plus habile et le plus rusé n'est qu'un enfant auprès d'un Arabe, Crassus fît l'immense faute de se confier à son guide.
Celui-ci, quelque temps encore, lui laissa suivre le fleuve ; puis, par un beau et facile chemin, il l'entraîna peu à peu dans l'intérieur des terres, lui faisant faire halte près des ruisseaux ou des citernes qui d'abord fournirent de l'eau abondamment.
'» PQU à pea on s'éoiita du fleuve, et
240 LIÎS GRANDS HOMMfiS
la route devint montagneuse et difficile.
On s'en plaignit au guide : c'était un court espace à traverser; les Romains étaient des hommes trop expérimentés et trop habitués aux travaux guerriers pour ne pas savoir qu'il y avait dans tous les pays des marches pénibles et fatigantes.
Enfin on arriva dans une plaine immense, sans arbres, sans eau, sans verdure, avec un horizon de sable.
Il n'y avait plus que cette plaine à traverser pour joindre les Parlhes* On s'y engagea bientôt; on marcha sur un sable ardent qui brûlait à la fois les pieds et les yeux ; plus on avançait, plus ce sable devenait mouvant et profond. Les sodals ^n avaient jusqu'aux genoux'^ et, ^vec
leurs lourdes armures, semblaient, à tout moment, avoir à craindre d'être engloutis.
On se rappelait l'armée de Cambyse dévorée par les sables égyptiens, et Ton commençait à craindre un sort pareil.
Seuls, les Gaulois, qui combattaient presque sans armes défensives, et qui supportaient à moitié nus le froid et la chaleur, conservaient leur gaîté; mais les soldats romains poussaient de véritables lamentations en voyant ces vagues de sables, mouvantes comme la mer, et qui s'étendaient dans d'incommensurables horizons sans une seule plante, sans une seule colline, sans un seul ruisseau.
L'armée mourai^ de soif.
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S4% LU «HANDS il<MlM£S
On en était là quand arrivèrent des courriers de l'Arménien Ârtabase. U faisait dire à Crassus que, retenu par sa guerre contre Orodès^ il ne pouTaii ^ joindre à lui, mm qu'il invitait Grassas à faîre^ ini^ oe qu'il pouvait taire; G'est-à-4irô A ra- Jwtlr^ sur r Arménie . Si Crashs se refojait à xi^ette manceuvre, il rinvitait à éviter, dans ses campements, les Ue^][ propres aux évolutions de cavalerie. U lui disait qu'il était prudent de ne suivre que lais pays montagneux où il pût tirer tout l'a^ vantage possible de son infanterie»
Mais Crassus, furieux contre lui-^èrae, répondit de vive voix qu'il avait bien autre chose. à faire que de s'occuper des Arméniens ; qu'il prévenait seulement le
roi qu'il allait commencer par détruire les Parthes, et que les Parthes détruits, il se rabattrait sur les Arméniens.
Les ambassadeurs partirent remportant ces menaces, mais jugeant bien que Crassus ne serait jamais en état de les exécuter.
CHAPITRB TREIZIEME
XUI
Crassus se remit en route.
11 semblait frappé d'aveuglement; les chefs eux-mêmes partageaient sa confiance ;• seul, parmi tous, le tribun Cassius avait le pressefitiment de la trahison.
Lui, à tout moment, suppliait Grassusde s'arrêter et de retourner en arrière, et quand il voyait celui-ci s'entêter à s'enfoncer toujours plus avant dans ce désert de sable, il allait .à Âriamnès et l'apostrophait :
— Oh! traître «t pervers parmi les hommes, lui disait-il, quel mauvais génie t'a conduit vers nous, quels filtres magiques, quels breuvages maudits as-tu donc donnés au proconsul, qu'il ait ainsi perdu la raison et nous fasse traverser des solitudes telles que nous semblons marcher sous la conduite d'un chef de brigands
nomades et noù sous celle d'un imperator romain ?
Et le traître alors, tombant aux pieds de
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Cassius, lui jurait qu'il était dans le bon et droit [chemiD, le suppliait de prendre encore patience quelque temps, et lui a£*firnmit que, dès le lend emain, l'aspect du pays changerait.
Et Ton reprenait courage, et l'on allait encore plus avant, et la fatigue et la- soif des soldats augmentaient à ce point que les uns tombaient morts, comme frappés de la foudre et que les autres devenaient fous.
Puis , quand FArabe s'était tiré des mains de Cassius, il courait le long des files des soldats romains, les raillant, et quand ceux-ci se lamentaient, demandant de l'eau ou tout au moins de l'ombre :
— Hé I VOUS autres, disait-il^ croyezvous donc voyager encore dans les plaines* de la Campanie, pour désirer ainsi des fontaines et des bocages ? Pourquoi pas aussi des bains ''et des hôtelleries? Vous oubliez donc où vous êtes et que vous traversez les frontières |des Arabes et des Assyriens ?
Et quand les soldats entendaient cet homme leur parler ainsi^ avec son mauvais^latin et son accent guttural, quand ils le voyaient, lui, Tenfant du désert, insensible au soleil, à la fatigue, à la soif, caracolant avec son cheval dans un tourbillon de s^ble, et réfléchissant sur les écailles de sa cuirasse les feux ^du. jour, il leur semblait que c'était quelque démon sorti
de Tenfer qui les menait à leur perte, sans qu'ils eussent, le voulussent-ils, la puissance d'y échapper.
Puis un matin, au moment du départ, on le chercha, on l'appela vainement.
Il avait disparu.
Ce jour même, Crassus sortit de sa tente vêtu, non pas de pourpre, comme c'était la coutume des généraux romains, mais vêtu de noir.
Dans l'obscurité, il s'était trompé d'habits.
Dès qu'il s'aperçut de sa méprise il ren-^ ira ; mais beaucoup avaient déjà eu le temps de le voir, et h bruit de cette ap-
25i LES 6BANDS HOMMEg
parition funèbre se répandit dans Farmée comme un présage néfaste.
Puis on demandait à grands cris Ariamnès.
Cet homme, que Ton maudissait quand il était là, disparu, manquait à tout le monde.
n semblait qu'il fût le seul qui, ayant amené les Romains dans ce péril, pût les en tirer.
Crassus, pour rassurer ses soldats, annonça que le départ d'Âriamnès lui était connu, et que s'il était parti c'était de concert avec^lui, et pour faire tomber les Parthes dans une embuscade.
£N ROBE DE CHAMBRE 2fS5
Il donna l'ordre du départ; mais lorsqu'il fallut se mettre en marche, quoique les enseignes fussent fichées dans un sable mouvant, on eût toute la peine du monde à les tirer de terre.
Crassus accourut, rit des craintes des soldats et les arracha lui-même du sol, pressant la marche, et forçant Tinfanterie de suivre au pas de course la cavalerie, afin de rejoindre l'avaut-garde qui était partie dès le point du jour.
Mais tout à coup on vit revenir cette avant-garde, ou plutôt des débris de cette avant-garde dans un effroyable désordre.
Elle avait été attaquée par l'ennemi et avait perdu les trois quarts de ses hommes»
854 L£S GRANDS HOMMKS
L'ennemi, disaient les fuyards, venait derrière eux et plein de confiance.
L'alarme fut générale.
Cet ennemi, que Ton était venu chercher si loin, c'était, à la suite de tous les événements qui s'étaient passés, avec terreur qu'on le rencontrait.
Crassus, hors de lui, rangea en toute Mte son armée en bataille.
Cédant aux conseils de Cassius, ce fut d'abord en amincissant les légions de son infanterie, afin de l'étendre le plus possible dans la plaine.
Puis il distribua la cavalerie sur les niles.
Placée ainsi, il était presque impossible que l'armée fût enveloppée.
Mais bientôt, comme si son mauvais génie n'eût voulu lui laisser aucune chance de salut, il changea son plan, resserra ses cohortes, forma un carré profond faisant face partout, et dont chaque face se composai t de douze cohortes.
Entre chaque cohorte était rangée une troupe de cavaliers, de manière à ce que ces cavaliers pussent se porter en avant et que la masse pût s'avancer également, étant^également défendue de tous côtés.
L'une des deux ailes fut confiée à Cassius.
L'autre au jeune Crassus.
2S6 LES GRAIXOS HOMMES
Lui prit le commandement du centre.
On se mil en marche ainsi ; par un bonheur inattendu, on arriva^ au bout d'une heure, au bord d'un ruisseau, que les Romains surent depuis s'appeler le Balissus.
Ce ruisseau avait peu d'eau, mais cependant assez pour désaltérer les soldats, qui, succombant à la chaleur et à la fatigue, reprirent un peu de force.
Alors, les officiers, voulant profiter de celte bonne fortune, si rare dans le désert qu'ils venaient de traverser, firent demander à Grassus s'il ne jugeait pas à propos de s'arrêter là, et d'y faire dresser des tentes.
KN ROIE Vl£ CHAMBUE 5S57
MaisCrassus, animé par les exhortations de son fils, qui avait hâte de livrer bataille, permit seulement une halle d'une heure, et ordonna que Ton mangeât debout et sans quitter les rangs.
Puis, avant même que le repas fût fini, il ordonna de se remettre en marche, et cela, non point au pas et en s'arrètant de temps en temps, comme on fait quand on s'avance pour combattre , mais rapidement et tout d'un trait, jusqu'à ce que l'on se trouvât en face de l'ennemi.
On l'aperçut enfin, cet ennemi que l'onl venait chercher si loin, et que l'on atteignait avec tant de peine.
Mais, au premier abord, il était loin
SAH . UN ■ «niNDS HOMMIK
d'être auset fonnidablB d'aspect et aussi Bombreax cpi'onl'aVait cm*
C'est que le pupena ayait placé des masses épaisses derrjièf.ç. l?i pj^oiière ligne, et qu'il avait fait voiler l'éclat des
arïaej,»v«o dep 4KI0CS et dô 1» peaw»
Crassus marcha droit à l'ennemi, et, ar-
■■■'•- ■ ■ ■■' , ■•■' • , ••■ rivé à deux traits de flèches de Ijii, ût éle-
ver le sig^a) du coinbal.
On îéût dit que le signal était donné non-seulement aux Romains, mais aussi IMi Pîirtljes, .
A l'instant même, la plaine se remplit
d'une clameur terrible et d'un bruissement affîc^ux. if ., , .
Ce bruissement était semblable au ton- Pierre et les Romains, Jiabilués aux clai* rons et aux trompettes^ se. demandaieni, quel instrument pouvait lé produire; de temps en temps on eût cru entendre le rur gissement de bêtes féroces au milieu des éclats de la foudre.
Cet effroyable bruit venait de vases d'airain que Tennemi frappait avec des marteaux creux couverts de cuir.
« Car ces barbares, dit Plutarque, ont
bien observé que le sens de Fouïe est ce-
lui qui porte le plus aisément le trouble dans la vie, qui émeut le plus vite les passions, et qui transporte le plus violemment Thomme hors de lui-même. » , r;
A ce bpuit^ les Romains s'arrêtèrent frappés de stupeur ; en même temps, les Parthes Jetant bas les voiles qui couvraient leurs armes^ s'étendirent dans la plaine, qui parut rouler des vagues de flammes.
A leur tête était le surena, couvert d'une armure dorée, caracolant sur un cheval aussi éblouissant que s'il eût été détaché du char du soleil.
Les Romains comprirent que l'heure était venue d'une lutte acharnée, mortelle ; et cependant, ils étaient loin de se douter à quel* ennemi, ils avaient affaire.
Les Parthes s'avancèrent en poussant de grands cris pour charger les Romains avec leurs piques.
Ils étaient tellement nombreux , qu'il était inutile de chercher à calculer leur
nombre.
Us s'avancèrent jusqu'à cent pas des soldats de Grassus ; mais lorsqu'ils virent la profondeur des rangs de leurs ennemis^ et comment, grâce à ces boucliers soudés les uns aux autres, tous ces hommes ne faisaient qu'une muraille impt^trable, ils rompirent leurs rangs, rebroussèrent
chemin et se dispersèrent.
Les Romains ne comprenaient rien à cette retraite. Il était évident qu'ils n'en étaient point débarrassés, et que quelque manœuvre s'accomplissait dont ils allaient avoir Fexplication .
En effet, ils virent bientôt s'élever auloyr d'eux, à un quart de lieue à peu près, un immense cercle de poussière qui allait toujours se rapprochant, et au milieu de l'espèce de nuée serpentaient comme des
éclairs, tandis que les terribles marteaux, toujours retentissants sur les vases de bronze, continuaient de simuler la foudre.
Crassus -comprit qu'on voulait l'étouffer dans une ceinture de fer.
Alors il poussa les yélites en avant, leur ordonnant de briser les anneaux de cette chaîne.
.^ On les vit s'élancer, charger, puis rêve-
nir en désordre. ..
Quelques-uns revenaient avec les bras,
£N UOBE D£ CHAMBRE
les cuisses et même le corps percés par des flèches de cinq pieds de long.
Les soldats s'aperçurent avec épouvante que ces flèches avaient traversé les boucliers et les cuirasses.
A trois cents pas à peu près des Romains, les Parthes s'arrêtèrent.
Puis le jour sembla s'obscurcir sous une nuée de flèches.
Puis on entendit comme un cri de douleur poussé par cinq cents poitrines à la fois.
C'était la mort qui commençait de frapper et qui entrait dans les rangs romains par de terribles blessures.
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