‹ LES GRANDS HOMMES CESARChapitre 5 sur 19 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Grassus se tenait aussi tranquille que possible, abrité qu'il était d'un côté par César, de l'autre par Pompée.

D'ailleurs, il ne désirait qu'une chose :

le proconsulat de Syrie. Son rêye était de

faire la guerre aux Parthes, chez lesquels il voyait poiir lui une source inépuisable de déprédations.

Pompée passait tout scm temps^ amoureux de cinqnante ans, en tête-à-tête avec sa jeune femme, sans s'inquiéter de ce qui se passait au Forum,

Clodius, en regardant autour de lui, se voyait donc le seul maître de Rome.

Cicéron était à Thessalonique.

Caton en Cypre.

Cependant, Pompée à Rome, il n'avait pas la mesure de son pouvoir.

Il résolut d'en avoir le cœur][net.

EN KOBE ]>£ CHAMBHE 49

Nous aVbDS vu que Pompée avait traité avec Tigrane le père, et réservé le jeune Tigrane pour son triomphe.

Le jeune Tigrane était en prison.

Clodius Tenleva de force de la prison où il était et le mit chez lui.

Pompée ne dit rien.

^ Clodius suscita des procès aux amis de

Pompée et Rs fit condamner.

Pompée se tut. i

EniiU; un jour que Pompée, sortant de sa villa du mont AJbain, et franchissant le cercle magique tracé autour de luijpar Ta-

mour, venait assister à ridslruclion d'un

90 bis 4lftANfi6 BOMMBS

pt9^% Ch^i^p entouré d'une troupe d'àmin <*- on ctit m qua c'étaient^ Los onûi cb

Clodius ; — ClodioBi entoio^ dWd tfoupd

d'amis, monta sur un tréteau d'où il pouvait être vu et entendu de toute rassemblée, et de là :

— Quel est Timpérator intempérant?

crie-t-il.

-^ Poiopée I répètent ea chœur 6«fi a»is.

— Quel est celui qui, depuis qu'il est marié, se gratte la tête avec un seul doigt de peur de déranger sa chevelure?

— Pompée.

^ Qui y^t aller à Alexandrie rétablir

m roi d'Egypte s«r le trône^ piissioD qui sera bjs» payée?

— Pompée.

Et à chaque question, le chœur de ses amîs répétait : Pompée .

Pem niote de cette accuBation. .

— Qui veut aller à Alexandrie, rétablir QB rai d'^gypie sur le trône, mis3Îon qui gerabiëaipayée?

Nous tenons, autant qu'il nous est possible, à ne rien laisser d'obscur derrière nous.

Ptolémée-Auletès, le joueur de flûte, fils naturel de Ptolômiéa-Soter II, Ptoiémée-

52 LBS GRAJCDS ttOMMfiS

Auletès, nommé Auletès^ à cause de sa passion pom* la flûte, avait eu des démêlés avec ses sujets.

À cette époque, Rome était le tribunal du monde. Rois et peuples venaient lui de« mander justice. Ptolémée partit donc d'Alexandrie dans l'intention d'en appeler au peuple romain.

En appeler au peuple romain, c'était en appeler à l'homme puissant pour le moment à Rome.

Ptolémée était donc parti, et il avait abordé à Cypre pendant la courte halte qu'y faisait Gaton.

Il sut que Gaton était là.

EN AOBE DE GHAMBRIS 55*

Notez que Caton allait à Cypre pour dépouiller le frère de Ptolémée-Auletès.

Il fit dire par uq de ses officiers à Caton qu'il désirait le voir.

Caton était dans sa garde-robe, exactement dans la même situation où était M. de Vendôme lorsqu'on lui annonça Al beroni.

— Faites entrer, dit Caton.

Et il se fît expliquer par Tofficier le désir de son maître.

— Si le roi Ptolémée désire me voir, répondit-il, c'est chose facile. Ma maison est ouverte aux rois comme aux ^autres ci-^

toyens» ^

hl LES GIUNDS HOMMES

La réponse était brutale. Ptolémée eut Fair de ne pas s'en apercevoir, et se rendit chezCaton.

La conversation commença par être un peu froide, mais peu à peu eepeudant Pto-

lémée, ayant reconnu un grand sens dan& ce que lui répondait Caton, il lui demanda conseil sur ce qu'il devait faire, c'est-à-dire s'il devail continuer son chemin vers Rome ou retourner en Egypte.

— Retourner en Egypte, répondît sans hésiter Caton.

— Pourquoi cela ?

*- Parce que, du jMomeiit où vous amva engagé un boul de l'Egypte dans ce Ilittîi

noir qu'on appelle Rome^ l'Egypte y passera tout entière.

— Que faut-il faire alors ?

— Je vous l'ai déjà dit, retourner en Egypte, vouâ réconcilier arec vos gojeis, e*5 pour vous donner une preuve de mon désir de vous être agréable, s'il le faut, j^ vous accompagnerai et me chargerai de la récoiiciliation*

Le roi Ptoléoc^ avait d'abord accepté ;

mais, cédant à d'autres conseils, il était,

un beau nxatin, parti pour Rome sans rien

diye 4 Coton, et s'était mis sous la protec-

. tion de Pompée*

Et, en effet, dent 8»ns après, Gabinins,

se LES GRANDS HOMM£S

lieutenant et créature de Pompée, rétablissait Ptolémée dans ses Etats.

Mais lui seul, et Pompée probablement, surent ce que cette protection avait coûté.

Pompée — nous en revenods à la dernière facétie de Clodius — Pompée'comprit qu'il était temps d'agir.

C'était bien triste, à cause d'un drôle comme Clodius, d'être obligé de prendre une résolution, quand on était aussi indécis que l'était Pompéo.

Cependant, comme il fallait en finir, Pompée consulta ses amis.

L'un d'eux, Gulleo, lui donnait le conseil

de rompre avec César, en répudiant sa fille, et, par cette répudiation, de se raccommoder avec le sénat.

Le sénat boudait Pompée depuis qu'il avait si lâchement et surtout si ingratement laissé exiler Gicéron.

C'était évidemment un moyen de se raccommoder avec le sénat. Mais Pompée n'y songea même pas : nous avons dit qu'il était amoureux fou de sa femme.

D'autres lui proposèrent de rappeler Cicéron.

A cette proposition il prêta l'oreille.

Il fit dire au sénat qu'il était prêt à se^

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conder, les armes à la main^ le retour de Cicéron, mais qu'il fallait que le sénat prit l'initiative.

Le sénat, sur cette promesse, rendit un décret.

Ce décret portait qu'il ne donnerait sa sanction à aucune affaire, et n'en entamerait aucune qu'on n'eût rappelé Cicéron.

C'était une déclaration de guerre en règle.

Le même jour, comme entraient en charge deux nouveami ooDSulSi lereù^SK^t Pison et Gabinius, qui avaient présidé à

1*6x1! de deéfcti^ Van des nttttti^ux éôh-

£19 ROBE D£ CHAMfiRE 50

suis,' Lentulus Spinter, demanda positivement le rappel du proscrit.

Uautre consul était Metellas-Nepos, celui-là même que Gicéron criblait de ses épigrammes.

Ciddtfu» tnenaçalt le sénat «rec ses eoupe jarrets.

SduleoMiit^ ehose bonne et surtout importante à eonsignor, iln'ôtftit pins tiifafniL

Pompée pensa qu'il n'était pas de &â di- {inîtô de 60 oomoleEtre aveo Oodius.

A cQW«ir^, corsaire et demi, dit le pr^ verbe ; à Clodius, il opposa un Clodius et

Celui-là s'appelait Milon.

Milon venait d'être nommé tribun au lieu et place de Clodius.

Ànnius Milon était un homme de la même trempe que Ciodius.

Il avait épousé une fille de Sylla, et jouissait d'un certain crédit à Rome.

Clodius et Milon ne pouvaieilt vivre tranquillement dans la même ville.

Milon avait pris le parti de GicéroQ, non point parce que c'était le parti de la jus* tice, mais^ parce qu'en se faisant l'ami de Gicéron, il se faisait l'ennemi de Qodius.

Quand Pompée s'ouvrit à lui^ comme H

m ROBE DC CHAMBRE 61

eût fait à un condottiere, Milon ne répondit rien, sinon qu'il était à la disposition de Pompée.

Seulement il fallait se mettre en mesure.

Clodius traînait toujours après lui une centaine de gladiateurs.

Milon engagea deux cents bestiaires.

Les deux troupes se rencontrèrent.

On commença par s'insulter, on finit par en venir aux mains.

Le combat fnt long et acharné.

Les amis de Qodius accoururent de tous

6a. u$ ciuNDs novms

côté?; 9» n'avait jamais vu tant de Qheijapans çur le pavé du Forum.

Clodius fut vainqueur.

Il laissa les ruisseaux pleins de sang, les égoûts pleins de morts.

Puis, tout en courant la ville, lui «t les siens mirent le feu aii temple des Nymphes,

Un tribun était restô puf wi l9s ca4Avres.

On le crut mort.

11 n'était que grièvement blessé.

Ce tribun était du parti de Cicéron.

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C'était grave.

Clodius trouva un remède à la chose.

Il fit assassiner un tribun de son parti à lui, et rejeta le meurtre sur les hommes du sénat-

Pompée pensa qu'il était temps enfin de setaêlerde la partie.

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