‹ Les grands hommes de la France [microforme]Chapitre 19 sur 43 · ET LES CONFIÈRENT A LA LOVAUTÉ D'UN ENNEMI GÉNÉREUX · texte numérisé non relu

ET LES CONFIÈRENT A LA LOVAUTÉ D'UN ENNEMI GÉNÉREUX

Cette inscription, aussi inexacte qu’incorrecte, ne devait jamais être placée sur la tombe de Montcalm. Nous verrons tout à l'heure comment le naufrage du navire qui la transportait en Amérique la fit disparaître au sein des flots. Mais nous devons ici faire remarquer l’inexactitude du fait avancé par l’Académie et d’après lequel les restes de Montcalm auraient été enterrés dans les plaines Abraham et déposés dans le trou creusé par une bombe ; de plus, il fut blessé non pas au premier rang et au premier choc, mais bien assez loin du théâtre de l’action, alors que l’armée était en pleine retraite et qu'il cherchait à la ramener sur le champ de bataille. Ce qu'il aurait peut-être obtenu s'il n’avait pas été mortellement frappé et ce qui eùt peut-être changé la face des choses.

Pour élever un monument sur la tombe de Montcalm il fallait l’autorisation du gouvernement anglais. Jean-Pierre de Bougainville, frère de l'ancien aide

de camp du général et secrétaire de l'Académie, éerivit à William Pitt, le premier ministre anglais, pour lui demander cette autorisation :

« Sir,

« Les honneurs rendus sous votre ministère à M. Wolf m’assurent que vous ne désapprouverez pas que les troupes françaises, dans leur reconnaissance, fassent leurs efforts pour perpétuer la mémoire du marquis de Montcalm. Le corps de ce général, que votre nation même a regretté, est enterré à Québec. J'ai l'honneur de vous envoyer une épitaphe faite par l'Académie des Inscriptions. Jose, monsieur, vous demander la faveur de l’examiner, et si vous n’avez pas d’objections, vous voudrez bien m'obtenir la permission de l’envoyer à Québec,gravéesurun marbre qui sera placé sur la tombe du marquis de Montcalm. Si l’on m’accorde cette permission, j’ose me flatter que vous voudrez bien m’en informer et m’envoyer en même temps un passe-port, afin que le marbre avec l’épitaphe puisse être reçu sur un vaisseau anglais et placé par les soins de M. Murray dans l’église des Ursulines.

« Veuillez me pardonner, sir, si je me suis permis de vous interrompre dans vos occupations si importantes, mais en travaillant à immortaliser les hommes illustres et patriotes éminents, vous vous ferez honneur à vous même.

« Je suis, etc.

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