CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME
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Sur ces entrefaites, au momeDt ou César,
inquiet, allait laisser ^des garnisons dans les deux villes de Ruspine et de Leptis, et se mettre lui-même à la recherche de sa flotte, on signala un grand nombre de voiles,
que Ton reconnut bientôt pour des voiles amies.
C'était la flotte^ ralliée par les galères envoyées après elle, qui venait rejoindre César.
Cela nécessitait un renfort de vivres.
César prit trente cohortes, et s'avança dans l'intérieur du pays pour faire une razzia.
Mais il n'avait pas fait trois quarts de lieue, que ses éclaireurs se replièrent, annonçant l'ennemi.
Presqu'en même temps on vit s'élever une grande poussière.
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César rallia aussitôt quatre cents chevaux et quelques hommes de trait, et, ordonnant à ses légions de le suivre au pas, il poussa une reconnaissance vers ce qui paraissait une masse d'ennemis.
C'était I^bienus.
Il rangea ses hommes sur un front si pressé, que de loin et quoiqu'il n'eût que de la cavalerie entremêlée de gens de trait, avec des escadrons de réserve sur les ailes, il sembla à César qu'il n'allait avoir affaire qu'à de l'infanterie.
En conséquence, il rangea ses trente cohortes sur une ligne, couvrit avec ses ar-
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chers le front de bataille et le flanc de sa cavalerie, ordonnant à chacun de faire ses efibrts pour ne point se laisser envelopper.
Mais tout à coup César, demeurant immobile et attendant l'événement, vit à qui il avait affaire, car la cavalerie ennemie commença ^de s'étendre et enveloppa* Ses ailes, tandis que du centre de batailie eiie poussait une charge entremêlée dlâfan**^ terie légère.
Non-seulement les césariens Ja soutinrent de pied ferme, mais encore, ayant chargé sur cette charge, les cavaliers nu- 'mîdes, tandis que Tinfan terie en venait
aux mains avec les césariens, s'envolèrent comme des oiseaux, allèrent se reformera cinq cents pas de là, puis revinrent au
grand galop lancer leurs traits, puis s'envolèrent de nouveau.
C'était toul Une nouvelle manière dé combattre, et qui faillît être fatale aux soldats de César, car ceux-ci, voyant les cavaliers numides se retirer, croyaient les voir fuir et se mettaient à leur poursuite.
" Alofô €ésar mit sott éhêvôl att galopa et tdûf ut sur toute la ligné, car il avait vu du premier coup d^œil ce qui arrivait : les soldats, en s'élançanl à la poursuite de la cavalerie, découvraient leur flanc à l'infanterie légère, qui les perçait de fléchés.
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^11 cria donc lui-même et fit publier qu'aucun n'eût à avancer plus de quatre pieds en avant du front de bataille.
Mais malgré toutes ces précautions, la situation devenait de plus en plus grave, ear toute la cavalerie ennemie, se fiant sur son nombre, enveloppait complètement les trente cohortes de César, de sorte que celui-ci était forcé de combattre en rond.
Alors Labienus, cet ennemi acharné de Gésar^ celui qui avait massacré les prisonniers de Dyrrachium, celui qui avait juré, la veille de Pharsale, de ne prendre de repos que César vaincu, Labienus s'avança hors des rangs numides, tête nue, et, se tournant v^rs les césariens :
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— Oh 1 oh ! leur cria-t-il, nous faisons bien les braves pour de nouveaux soldats I
AlorS; à son tour, un Romain sortit des rangs, et comme dans Tllliade :
— Je ne suis pas un nouveau soldat, dit-il, mais un vétéran de la dixième légion.
— Où sont donc ses étendards, dit-il, je ne les vois pas ?
— Attends, dit le soldat, si lu ne vois pas les étendards, tu reconnaîtras, je Tespère, ce javelot.
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Et, en même temps, élevant d'une main son casque, il lança de l'autre son javelot en criant :
— Tiens, voilà qui le vient dé la dixième légion.
' L^ javelot partit en sifflant, ets'enfonçft dans le poitrail du cheval.
Le cheval et le cavalier tombèrent, et un instant on crut Labieuus tué.
Pendant ce temps, César étendait son armée sur un front immense, et, tournant à chaque extrémité de la ligne la face d'un
bataillon contre Tennemi, il partit à la tête de sa cavalerie et donna dans le centre des Pompéiens, qu'il brisa du choc.
Aussitôt, et sans s'amuser à les poursuivre, César tira en arrière, de peur de quelque embuscade, et marcha en bon ordJNè vers son camp.
Mais, avant qu'il y fût arrivé, Pison et Petreius étaient, avec onze cents chevaux numides et beaucoup d'infanterie légère, arrivés au secours de l'ennemi.
Ralliés par ce renfort, les Pompéiens s'étaient élancés à la poursuite de César.
César ordonna de faire halle, laissa ap-
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procher Teiinemi, fit donner toutes ses troupes à la fois, et repoussa les Pompéiens au-delà des collines, après quoi il se retira lentement dans son camp, tandis que Labienus se retirait de son côté dans le sien..
Le lendemain, le combat recommença.
Labienus avait avec lui huit cents chevaux gaulois et germains, outre les onze cents que lui avaient, la veille, amenés Pison et Petreius, huit mille Numides et .
trente-deux mille hommes d'infanterie armés à la légère.
Il croyait que, présentant le combat en
rase campagne à César, César n'oserait point Taccepter.
Mais César sortit en rase campagne et attaqua le premier Petreius.
La lutte dura depuis onze heures du matin jusqu'au coucher du soleil.
César resta maître du champ de bataille, ce qui équivalait à une grande victoire, vu rinfériorité de ses troupes.
Labiénus eut un grand nombre de blessés, qu'il lit Iransporler à Âdrumèle dans des chariots. %
Petreius, atteint d'un javelot au milieu de la mêlée, fut obligé de ce retiçcir en
arrière et de cesser de combattre de sa personne.
Enfin, les honneurs de la journée furent à César.
Mais il comprit que tant que ses troupes ne seraient pas complètement réunies, c'était miracle que de lutter contre des forces quadruples; des sienneii.
En conséquence,; il fît tirer deux retranchements de son quartier et de la ville, de Ruspine jusqu'à la mer, afin de pouvoir communiquer avec l'une et avec FautrQ,
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et recevoif , saus danger pour eux, les secours qu'il attendait.
Puis U fi( déchwgçr les armes et les laachines qui étaient sur les yaisseaux, et arma les soldats qui étaient sur la flotte de Rhodes et des Gaules.
Son intention était de les entremêler 4 la cavalerie, à l'exemple de l'ennemi, et cela devait avoir d'autant plus d'effet, que la flotte de Rhodes portait d'excellents archers de Syrie.
La chose était urgente ; Scipion arrivait dans trois jours, César en avait eu la nouvelle certaine, et cela avec huit légion^i
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quatre mille chevaux el cent vingt éléphants.
Mais trois jours pour César, c'était trois mois pour un autre.
En vingt-quatre heures , des ateliers furent établis, qui forgeaient des flèches et des javelots.
Puis, comme on prévoyait que ce que Ton avait de fer serait bientôt employé.
César dépêcha des vaisseaux pour aller chercher en Syrie du fer, des claies et du bois à faire les béUers ; aucun des bois qui poussaient sur la côte d'Afrique n'étant bon à cet emploi.
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Enfin il n'y avait plus de blé, tous les laboureurs ayant été enrôlés par les pompéiensy tout celui qui était dans les villes en ayant été retiré, toutes les places fortes étant épuisées. .
Il se mit à caresser les citoyens, et bientôt se fit si tendrement venir d'eux, que chacun finit par partager avec lui ce qu'il avait enterré, conservé, caché pour luimême.
Quand César voulait, rien n'était impossible à César.