‹ les grands hommes en robe chambre cesarChapitre 11 sur 26 · CHAPITRE yi\GT-^UITIE%IE · texte numérisé non relu

CHAPITRE yi\GT-^UITIE%IE

C'était d'Utique que Scipion était parti.

Il avait laissé là Gaton, à qui la ville devait de ne pus avoir disparu de la surface da soi.

118 LES ORANDS HOMMES

Mais, tout en restant humain et miséricordieux, Gaton avait gardé sa haine invétérée contre César.

Il avait près de lui le jeune Pompée, qui, pris par un de ces instants de doute qui atteignent les cœurs les plus vaillants, demeurait inerte et irrésolu, et sans cesse il Fexcitait à la vengeance.

— Ton père, à Tâge où tu es, disait-il, ton père voyant la République opprimée çt les gens de bien tués ou proscrits, 4on père , animé par son courage et par l'amour de la gloire , ralliantes débris de Taraiée qui avait servi sons son pèFe, à lui, et délivra Rome et l'Italie, presque eiise-

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velies sous leurs mines; puis, d'une vitesse sans égale, il reconquit l'Afrique et la Si-^ elle, et s'acquit un renom immortel, ayant triomphé presqu'au sortir de l'enfenee el x^'^étant encore que simple chevalier. Et toi^ Fhéritiep de sa gloire, et qui devrais Têtrê de Sun courage, dis^moi, n'iras-tu dono pas en Espagne joindie les amis de ton père et donner è la République le secours qu'elle te demande en sa détresse?

Enfin, touché de«ces remontrances, en même temps que Bcipion marchait contre Gésar, le jeune Pompée prenait trente vaisseaux, parmi lesquels quelques navires de guerre, et cinglait d'Utique vers la Mauritanie, avec deux mille hommes, tant libres qu^Mclaves. Par malheur, sa première ten-

iiO LES GUAIHDS HOMMES

tative fut un échec. Il s'approcha d'Ascure, qui avait garnison, et somma la ville de se rendre. Mais au lieu de répondre à cette sommation, comme s'y attendait Cneius, la garnison sortit , tomba sur ses hommes, les mit en fuite, si bien qu'il n'eut que le temps de remonter sur ses vaisseaux, et que, tirant vers les îles Baléares, il abandonna l'Afrique pour n'y plus revenir.

Pendant ce temps, Scipion était venu camper à Adrumnte, et, après un repos de quelques jours donné à ses hommes, il avait atteint, dans une marche de nuit, le camp de Labienus.

La jonction faite, il comm^ça, grâce à

son immense cavalerie, à faire des courses jusqu'au camp de. César, s'embusquanl et tombant à l'improviste sur ceux qui allaient à Teau et au fourrage.

César se trouva donc bientôt dans la plus grande nécessité.

Les convois de Sicile et de Sardaigne n'arrivaient point ; les bâtiments^ à cause des tempêtes d'hiver, n'osaient courir la côte; de sorte que César, ayant une lieue ou une lieue, et demie de pays libre tout au plus, manquait à la fois de pain pour ses hommes et de fourrage pour ses chevaux.

Juba connut par ses coureurs l'extré-

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mité où était César, et son avis étant qu'il ne fallait pas lui donner le temps de se vbt mettre, il sortit avec tout ce dont il pouvait disposer de forces pour aller rejoindre Scipion.

Mais profitant de cette absence, Publius Sitius , qui tenait pour César , et le roi Bogud, que les Romains appellent Boccho, qui faisait une guerre personnelle, poussé par sa femme Eunoë, amoureuse de César; Publius Sitius et le roi Bogud entrèrent dans les États du roi numide, et emportèrent d'un coup de main Cirta, qui était une de ses capitales; puis, après Cirta, deux autres places de Gétulie, dont ils massacrèrent les habitants.

Jid>a apprit oes nouvelles au moment

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OÙ il B'élaU plus qu'à quelques heures d^ Riarohe du camp de Scipion. Il tourna court, lui envoyant demander à l'instant même toutes les forces qu'il lui avait prêtiéfis^ h l9 ré9€irY^(le trejite éléphants.

Eb même temps le bruit se répandait, et rinaotlon de César confirmait ce bruit, que ce n'était pas lui, César, mais un de ses lieutenants qui était à Ruspine.

Ce n'était point l'intention de César que l'on crût qu'il pensât son parti tellement 4é§%flPéré qu'U ftl k guerre en Afrique par

«66 U§«twante-

R» eoBséquewee, il envoya des messa-

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gers de tous côtés, avec mission d'affirmer que c'était bien lui, César, qui comman* dait en personne.

Dès qu'on sut que c'était vraiment lui qui se trouvait en personne à Ruspine, les courriers abondèrent, et plusieurs personnes de condition se rendirent à son camp.

Tous se plaignaien t de l'effroyable cruauté des ennemis.

Ces plaintes attaquaient à la fois la miséricorde et l'orgueil de César; aussi manda-t-il au préteur Âllienus et à Rabeius Postumus de lui envoyer, sans délai ni

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excuses, le reste des troupes qu'il avait en Sicile, leur écrivant qu'il ne pouvait permettre de voir égorger l'Afrique sous ses yeux, les prévenant que, s'ils tardaient d'un mois seulement, les renforts qui arriveraient ne trouveraient pas une maison debout.

Lui, cependant, restait constamment assis sur un endroit élevé du rivage, les yeux tournés vers la Sicile, et attendant ces ren-

forts, dont l'arrivée devait être la fin de son inaction.

Puis de temps en temps, ne voyant rien apparaître à l'horizon, il revenait au camp, $e retranchait de quelque nouveau fossé.

i^H ISA ORàNM VOMMW

06 f(É»iifiÀit tie quelque iKMTette citMMtei éleyaiit des forts jusque daiM la mer) aîptant pour la défôbse de l'armée ^m |iettr ne |)tf s la kil^er ûm(

De soQ côté) SeifàDii dressait bcf» élé^ phanls, disposait ses frondeurs eb dfeibc troupes, dont Tune lançait des pierres à ses monstrueux alliés, tandis que l'autre les repoussait en avant, lorsque, effrayés par celte pluie de granits, ils voulaient prendre la fuite; mais ce n'était qu'à grand'peine — dit l'auteur contesté de la guerre d'Afrique — car l'éléphant le mieux instruit peut, dans le combat, nuire autant à ses amis qu'à ses ennemis^

¥à même temps Sciptod te donàait Iti

IK ftOBE nfi Ctii!llMlE ISt

distraction dô quelques meurtres, en ôl* tendant les proscriptions de Roiûe.

Aussi, Virgilius Petronius, «on lieiltenantj^qui commandait dans ThapSe, voyant des vaisseaux de César^ jouets de la tempête, errer à l'aven lure, et incertains du lieu où ils étaient, Virgilius Petronius arma des barques et des chaloupes, les remplit d'archers, et se mit à la poursuite de 6es navires vagabonds.

Plus d'une fois, barques et chaloupes furent repoussées ; mais un jour il prit un grand bâtiment où se trouvaient deux jeunes Espagnols, tribuns de la cinquième légion, dont le père avait été fait sénateur

128 LES GRANDS aOMM£S

par César, et un centurion du même corps, nommé Saliénus.

Les prisonniers furent conduits à Scipion, qui ordonna à l'instant même qu'ils fussent mis à mort au bout de trois jours, afin qu'ils eussent le temps de subir leur agonie.

Au moment de l'exécution, l'aîné des deux jeunes gens ne fit d'autre demande que d'être tué le premier, pour n'avoir pas la douleur de voir égorger son frère sous ses yeux.

Gomme il s'adressait à des soldats et

non à Scipion , la demande lui fut accordée.

On savait ces cruautés dans le camp de César, et le cœur de César en saignait de douleur. Mais assez fort à cause de ses retranchements, dont le principal^ au reste, était son génie, pour ne pas craindra que Scipion le vînt allnquer dans son i . [», il n'était pas assez sûr, vu le peu de troupes qu'il avait, d'écraser son ennemi d'un coupi pour oser accepter une bataille décîsive.

Et cepe.ndant, tous les jours, Scipion sortit de son camp et venait lui offrir celte bataille^ rangeant en face du camp de Cé-

ISA 1» MiilfM tMOfltr

sar ses troupes comme pour le combat, restait là cinq ou six heures, puis se réftîrait au moment où venait le soir.

Au bout de huit ou dix jours de cet exercice, Convaincu que César tremblait devant lui , il en arriva à approcher jusqu^à cent pas des retranchements, les éléphants en tête, et son armée, derrière eux, étendue sur un front immense.

Mais César ne se laissait irriter lu, ^ ces démonstrations, ni par les menaces dont elles étaient accompagnées, et faisait rentrer, sans confusion ni tumulte, ceux de ses hommes qui étaient au fourrage, à Taiguade ou au bois, et les habituait à rô-

garder l'ennemi du haut des remparts, et à répondre à ses menaces par des huées.

Ouant à lui, il savait si bien qu'on n'oserait pas l'attaquer dans son camp, qu'il ne prenait pas môme la peine de monter sur les remparts, et donnait tous ses ordres couché sous sa lente.

Ce qui ne l'empêchait point d'aller tous les jours s'asseoir sur le monticule qui dominait le rivage, hâtant de ses vœux et de ses soupirs ces renforts qui n'arrivaient point.

CHAPITRR VINGT-NEUVlèin

Il arrive deux ou trois fois dans la vie d'un homme comme César de ces points extrêmes de fortune ou de malheur, où la fortune, où le malheur ne pouvant pas aller^gitts loHiv un^ ré«c«usu t^Oj^én téèl

si la situation est boûne, en bien si la situation est mauvaise.

La position de César en était arrivée à être si mauvaise qu'elle ne pouvait devenir pire.

L'amélioration devait nécessairement arriver.

Les premières traces de retour que lui

donna la fortune furent la désertion des

Gétules et des Numides qui se trouvaient dans le camp de Scipion.

Ces. barbares firent ce que n'eussent

SN ROBE D£ CHAMBRJS i?v7

probablement pas fait des hommes civilisés : ils se souvinrent des obligations qu'ils avaient à Marins et que César était son neveu.

Il en résulta que, peu à peu, Gétules et Numides commencèrent à déserter du camp de Scipion et passjèrent dans cehu de César.

Mais César, qui n'avait pas de quoi nourrir les déserteurs, les renvoya chacun chez eux avec dea lettres pour les principaux des villes , lettres dans lesquelles il les exhortait à prendre les armes, à reconquérir leur liberté, et surtout à ne plus envoyer de secours à ses ennemis.

158 lits «iiKNt>^ mcmsÊÊ

En mèmB temps arrivaient les députés de certaines villes de l'intéiieur qui v«h miitùt oiîtit teur ob^sâaAcè À Gésat> l«i demandant des garnisons pour së^âéfi^ndVfe et promettant de lui envoyer du blé.

IffâîiCè^ài- il*ataii ^à« &«sei dé mxipèt

gardait si bien les approches (|tf8 éttl certes enlevé tous les convois qui fussent venus par terre.

Pëmiaiit (M temps ) Sâllilste (de mèam qti'à Rome on était BVooat et ^énérttl^ vonfc Yoyes que i'ott poikvtit être hislra'ieii leà génénU), pendant tee tep^pS) Sàliuste avfil débarqué dums l'iie de Gerogruf^^ là R^r^

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kmmi moderne i* il m avait chassé Caïus Décius^ qui y gardait des convois pour Im pompéiens, et, ayant été bien reçu des insulaires, il y chargea quantité de blé sur des vaisseaux marchands qu'il trouva dans |e port, et (ju'à Tinstant même il achemina vers le camp.

Sur ces entrefaites, comme si la fortune voulait lui payer ses arrérages, le préteur Allienus fit partir de Lélybée la treizième et la quatorzième légion avec huit cents chevaux gaulois et mille frondeurs ou arth'èfh \ïuî la^rfVèH^ttt tôûà à bon pôH à IRûSpii!!^ quâtfè jôUrèlâ'prèèyeur départ.

Ce fu^ yni^ grande^ Joi^'pour César qui

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