CHAPITRE YINGT-UNIEMB
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Et en efibt César mafcha aussitôt sur AlésaJAdHe.
Mais eette fois il ne s'at&usa point à rentrer péniblement par le port.
Il résolut d« pMMr*à* «rftvfMM la viUe.
LES GRANDS HOMMKS
Le bruit de sa victoire Ty précédait, brisant les portes, renversant les remparts.
Par malheur, le petit roi Ptolémée lui avait échappé par la mort, mais il rame*nait Ârsinoë captive.
Ce que César avait prévu arriva.
A peine fut-il en vue de la ville que les habitants sortirent en équipage de suppliants et faisant porter devant eux les choses sacrées avec lesquelles Us étaient accoutumés d'apaiser leurs rois irrités.
César fit selon sa Cjoutume.
IN JIOBE DE CUÀMBAB
U pardonna.
Il traversa toute la ville d'Alexandrie, la ville aux larges raes tirées au cordeau, au milieu d'une double haie d'hommes et de femmes à genoux.
Arrivé aux remparts élevés par les Alexandrins, il trouva ceux-ci l'attendant la pioche à la main, pour lui ouvrir une brèche.
Il reparut donc à la vue des siens en véxilable vainqueur, Gléopâtre l'attendant et le saluant du sommet de la plus haute tour.
Ce fut une double fètè an camp^ et à
ê im MANM BOMMIf
cause de la victoire complète^ éi à eause du prompt retour.
César, malgré ses cinquante-quatre ans,
était donc toujours le même : le César des
Gaules^ le César de Pharsale, et même encore le César des aventureuses amours.
iÇes »oI4alS| qui avaioQt tant BOttrimiré contre Cléopâtre, applaudirent à' fiieÈBMk mains quand ils virent la jeune et belle reine enlacer de ses bras I9 eou da leur imperator et déposer sur »^ tèta une coufronne de lauriers d'or.
Alors commencèrent les fêtes dans le i|>alaixi fa»>ieM dâib ié^Unétnu- i :i )
Oésat in^i^vmUa future royauté d'Antoine.
Puis il fallait bien faire connaissance ^Pfpc la nouvelle conquête qmCéiar venait d'annexer à Rome. »
. Il faJladt bien visiter les pyramides, ces manwnente qui, il y a deux mille ans^ étaient déjà un mystère.
" Oa l'emonte le Ni! sut* k goldre k^oylle da roi Ptdémée^ toute parie de guirkfii^
des dé fleurs le jour, toute illuminéB dft guirlandes de flammes la nuit.
' '%BÊlÈsm oëntlantKtsgal/inB mxnmtaômt le fleuve à leur suite.
8 LES GRIKIM lOMiai^
Cette marche fut le véritable triomphe de César.
Pendant cette marche, il faisait bâtir le
temple à Tlndignation à la place même où Pompée avait été tué.
Mais, pendant cette marche aussi, le
Monde mal enterré, se remuait comme Encelade.
Les lieutenants de Pompée se réunissaient en Afrique autour de son beau^père Scipion.
Les deux fils de Pompée appelaient TEs* pagne aux armes, au nom de la mémoire de leur père.
m EOM os GH4.1flRB 9
Pharnace enlevait au roi Déjotarus, vaincu, que César avait doté comme un vainqueur, la petite Arménie.
Âriobarzane venait se plaindre à Galvinus que le fils de Mithridate lui prenait la Cappadoce.
Et toutes ces nouvelles arrivaient à Gé-
sar, et, comme s'il eût voulu laisser le temps à ses ennemis de se rassembler pour les anéantir d'un seul coup, à chaque nouvelle il souriait, faisait un signe de tète et disait à Cléopâtre : •
— AHonsl
10 LM «HANItS ttOMltBB
£t Cléopâtre souriait à son tour^ itère de tenir la chttlfie du bon.
Enfin, on revint à Alexandrie ; le magique voyage était achevé.
Il s'agissait de faire face au monde.
César rallia ses troupes.
Voici les forces dont il croyait pouvoir disposer :
Avec lui, vingt paille hommiies à. peu près.
Une légion que lui envoyail. €|llyixuis,
m Wèm DB^ GHAMBlie 1 i
%t ({UÎ5 prenant la route de terre, n'avbit pu arriver à temps.
Une queCalvîtiufi avait gardée» et que rallierait César s'il cointâeBçaît par Phar^ nace.
, Dw]( autres^ armées <^t équipées à la jPMMNWi qtt*Jl treayevaît chez Déjotaruis^*
Bnfifit une deimière que Caïus Pletorus «Vait levée dans te royaume de Pout.
Mais un matin arriva la nouvelle que Domitius s'était fait battre par Pharnace, et I9iff0 tMlKftfsetr lorees^ fetlAit Bmâe-
12 UBS «iUND» HOmCH
ment la treDte-sixième légion à peu près intacte.
 la suite de cette victoire, Pharnace ne douta plus de rien.
Il s'empara du Pont, y choisit tout ce qu*il y trouva d'enfants et d'adolescents jeunes et beaux, dont il fit des eunuques^
Enfin il s'écria tout haut, et à la face du monde, que justice était faite par les dieux, et qu'il avait reconquis le royaume de son père.
Force fut à César de quitter l'^ypce.
Il maria Gléopâtre avec son plus jeune frève, ftgé de onze ans.
•Puis, laissant la moitié de ses troupes
s aux nouveaux époux pour maintenir la
tranquillité dans leurs États, il prit le
chemin de la Syrie, en donnant dans qua-
tre mois rendez-vous à Qéopâtre à Rome.
Tout le long de sa route, César était rejoint par des envoyés de toutes les provinces, qui tous lui apportaient des nouvelles plus ou moins mauvaises.
Gabinius avait été battu en lUyrié ; il avait perdu deux mille soldats, trente-huit omturions et quatre tribuns.
H ui «itAJij» jummu
Uoe.légiott Vt'éA»ii révallfia m Bqugtie, et Gassius Longinitt «nit llitti mmaint
assassiné.
Marcdlus &\mt, 4t9 .battu sm^lmiméê du GuaU^lquiviP. ...
EoâA) iiwMe ^t pj^^ 4«> tl^,,j,j^
suscités par les tribus.
Rpwe, mmux^ yAUiq^% rmmmt^
l'Espagne. •
Qésap lajg^ Sf3rtPi%.Céfiw, son fkàrent, «1 Syrie ; s'embarqua, sur la fto^ q«i»a avait amenée a'JÉgyptdtftpfsia à Tuwéù
iff «on^Mb: chambai 45
il avait donné rendei^-voud à toute la Gili-
cle; pêgla les afftiires dii pays et f ailes dés Etats voisins; traversa' !a Oappàdocè & grandes journées ; séjourna quarante-huit heures à Massaque ; établit Nicomède de Bythinie pontife du temple de Bellone à Gomane; reçut la soumission du vieux roi Déjotarus ; lui prit une légion ; arriva au royaume de Pont ; réunit à la vieille légion qu'il avait amenée d'Egypte les débris des légions de Ddmitius défaites par Pharnace ; joignit celui-ci près de la ville de Zélie; l'anéantit en une seule bataille et reprit le chemin de Rome en disant :
— Heureux Pompée, voilà donc les ennemis dont la défaite t'a valu le nom de Grand I
IC LIS Mk. HOMMESdVf ROBI M CHAMBM
Ces ^ trois mots qui racontent toute sa campagne contre Pharoace, l'avaient précédé au Gapitole :
-*- Venij tidi^ vtcî.
£n arrivant à Rome, il apprit que Gléopâtre venait d'accoucher d'un garçon, auquel les peuples donnaient le nom de Cëiarion.
CHAPITRB VINGT-DEVXIÈMB
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^tteiftç^ qpQ Iç vainqueur y revînt.
On lui avait fort reproché ses nei|f moi^ d'Egypte, et Pharnace, vaincu après une ïç^goe d€i^nq jéiirs «t oifti| heures de
20 ifc» «WàNDS BOMjaS
combat, ne pouvait lui faire pardonner Qéopâtre.
Et, en efifet, César n'avait qu'à Uvrer Cléopâtre et la guerre était finie en six semaines.
Mais cette lâcheté ne s'était pas môme offerte à sa pensée.
Puis U dit lui-môme qu'il fut retenu plus de trois mois par les vents étésiens.
Reste cette imprudence d'être entré à Alexandrie avec trois mille deux cents hommes.
Mais César comptait sur son nom ; César
EN ROBE D£ aUMBRS 21
n'avait pas autre chose que son nom quand, passant d'Europe en Asie sur un seul vaisseau, il rencontra la flotte pom* péienne que commandait Gassius et que, sur sa première sommation, elle se rendit à lui.
— Qui pouvait croire, dit Michelet, que les moucherons du Nil oseraient s'attaquer au vainqueur des Gaules?
Mais enfin, quels que fussent les obstacles qui avaient retardé le retour de Gésar à Rome, Rome n'en était pas moins bouleversée par deux hommes :
Antoine et Dolabella.
Antoine, commandant de la cavalerie; Dolabella, tribun du peuple.
^î Ita ètlâlïDS HOMMES
Comme l6$ lieutenants d'Âlexândrepien** danl rexpédilion d'Alexandre iaux itodéS, sans doute Antoine et Dolâbellé pensaient* ils que César ne devait jattiaîs wvenif .
Antoine surtout, par ses folies, préludait au vertige qui, cent ans plus tard, devait faire tourner la tête aus empei^ears.
Il li'étail questîoh à Rbmé que dés folifei d'Antoine.
Depuis que noue TaVons peMo dn iKie, il lui était passé par l'esprit une sîngutièré idée : c'est qu'il était fila d'ffereillek
Il y avait bien là-dé^àus uùè tiëillë %i^ dition qui disait que les Antoine étaient une famille d'Héraclides, descendue d'Anton, fiU d'Hereulei
Mais il en était &e trêlà KlOtiïhiè tïëS kir-
EN AOBE Dfi GflAMllI SS
gtires dont parle Cicéron^ et qui ne pou-* valent pas se regarder sans rire.
Antoine avait vieilli de cinq bu six ans depuis les mauvais bruits qui avaient couru suV lui et sur Cùrîon.
Sa barbe était devenue épaisse et noire; son front s'était élargi, son nez aquilin avait pris la courbe de celui du dieu ; il était d'une force colossale.
Tout cela n'était point dtiBfct pour éiro réellement de la famille d^Hereule^ taiais c'était assez poui" qu'on ne ilii jcoatestàt point en face d'eâ être.
Au reste, il ïaîsaît tout ce qu'il pouVâît pour ressembler au dieu par lé costumé, comme il lai ressemblait par les traits; tô'utè^lês fois qu'il devait paraître en pu-
24 JLES eiuNus noMMis
Me, il ceignait sa tunique fort bas ; il por** tait à son côté une large épée, jetait pardessus son vêtement une cape grossière, luttait dans le champ de Mars avec le premier venu ; tout habillé, en sueur, couvert de poussière, se jetait dans le Tibre, le passait, le repassait à la nage; se vantait à tout propos, raillait les autres ; buvait et mangeait en public à la porte des tavernes avec ses capitaines, ses officiers et même avec ses soldats ; avait des amours folles et nombreuses; passait ses nuits dans les maisons infâmes, en sortait ivre le matin ; « pris d'envies de vomir, n'en faisait aucune difficulté, même dans la rue, vomissait derrière l'abri du manteau que lui tendait un de ses amis; faisant compagnie avec des mimes et des histrions, avec Sergius parti-
BN ROBE 0£ CMAMBRIS 35
culièrement, qui avait sur lui le plus grand crédit ; se promenait avec la courtisane Cythéris dans les ruejs de Rome^ sur un char attelé de deux lions ; la faisant porter à sa suite quand il allait en province^ dans une litière avec la même suite et les mêmes honneurs qu'il rendait à sa mère; traînant avec lui, pour ses repas, des quantités de vaisselle d'or et d'argent qui n'eussent point été déplacées dans des pompes triomphales ; choisissant dans les villes où il passait les maisons des matrones les plus renommées pour y loger ses danseuses et ses joueuses de harpe, et tout cela tandis que César couchait au camp dans son manteau, sur la terre nue, noyait Ptolémée dans le Nil ou battait Pharnace dans le Pont.
^G un GRANDS HOMMES
Bon et généreux avec tout cela, gêné reux jusqu'à la prodigalité.
Un jour, il donna Tordre à son inten** dant de compter deux cent cinquîrntô bhU6 drachmes à un de ses aniiss
L'intendant les compte, mais, au lieu de les donner, il les répand à terre au moment où Antoine va passer.
— Qu'est-ce que cela? demande celuici en voyant tout cet argent étalé sur le parquet.
— C'est ce que tu as donné l'ordre dé comptera ton âmi, répond l'intendant, espérant qu'éii voyant l'énôrmité de là somme, Antoine se repentira.
Méîs Antôioc comprend son intention :
— Comment I s'écrie Antoine en jouant kn surprise^ deux cent cinquante mille clraehmefi m font <{ue cela* Alors, double la somtae.
Et Tami reçut cinq cent mille drachmes, au lieu de deux cent cinquante.
En face de lui était Dolabella, tribun du peuple, mari de cette poétique figure de Tullia, morte si jeune et en même temps que la République romaine, et gendre de Clcéron, par conséquent.
Or, BôlàfeeWa, criblé de dettes, proposait «6 tqû*»Yàît proposé RuUus, ce tjii*^- Wi' prôpô^^ Chidtûs, ce tïu* xttéiX de
28 \£$ «RANM UOHIUES
proposer Cœlius, cet homme d'esprit qui voulait que son parasite le contrariât en mangeant, afin, au moins, d'être deux à table, et qui, avec Milon, avait été se faire tuer en Calabre. — Dolabella proposait Vabolition des dettes.
Cétait, remarquez-le bien, toujours la proposition des gens qui voulaient se rendre populaires.
Comprenez- vous Dolabella , un socialiste effréné, gendre du conservateur Cicéron ?
Aussi, Dolabella était-il au plus mal avec son beau-père, à cause de ses opinions politiques d'abord, mais ensuite, mais
EN ROIK DE CHAJCBRE 29
surtout, à cause de sa conduite licencieuse.
Et remarquez bien que la pauvre Tullia en était folle d'amour pour lui.
Elle en mourut» au reste.
Voyez ce que Qcéron, brouillé avec son frère Quintus , l^rouillé avec son neveu, prêt à se brouiller avec sa femme, écrit sur sa fille à Atticus :
« Quant au testament, je vous le répète, puisse-^t-elle le mettre en main sûre. Pensez-y, je vous prie, et ma fille, pauvre malheureuse enfant avec cet amour insensé I Voilà ce qui me ronge le cœur.
10 LEi IliUNUS
Jamais fâmixke n'eut de lUBdaihlablM dtft»
tins. »
Pui^j dans une autre : .
« Songez ' à cette infortunée, je vous éû conjure. Il faut, ainsi que je vous l'ai mandé, réaliser quelque chose et la mettre à Fabri du besoin. Auriez-vous cru cela de son mari? En préaénee de faîW aussi détestables, le dÎTOrce est ce qu4t y a de mieux. Du moins, ce serait un signe dfê vie. Cette proposition d'^èbolir les dettes, ces violations de domicile, cette intrigue avee Metella , ces scandales de toutes sortes, en vèità plus qu'A n^en fallait. »
Quant à la situation (1« Gésaiv ^ild ^
EN robiï; de chambrb 3i
C'est toujours à Atticus qu'il écrit :
« Les nouvelles d'Afrique sont toutes diflérentes de ce que vous me mandez. On dit qu'on y est en forces et parfaitement en mesure. De plus, l'Espagne se détache, l'Italie se déclare, les légions ont perdu en nombre et n'ont plus le même esprit; Rome est dans le chaos. »
Vous voyez bien que nous avions raison quand nous disions qu'il était lemps que César revînt à Rome.
Et cela vous explique en même temps pourquoi Cicéron n'était pas encore tout àfaitcésarien.