‹ LES GRANDS HOMMES EN ROBE DE CHAMBRE CESARChapitre 25 sur 25 · II · texte numérisé non relu

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11 est vrai qu'il ne le traitera guère mieux à son retour.

Voulez-vous savoir, dis-je, comment il le traite?

m GiGSAllËM.

Je me soucie peu de te plaire, César, et peu m'importe que tu sois blanc ou wàr.

IN GJISAMfl CiKtfiOt.

Cinedos^ ce sont ses mignons.

Tous leurs défauts te plaisent, ainsi qu'à ton vieux routier de Fufitetius, à merveille. Vous devriez cependant en avoir assez de la tête en fuseau d'Othon, des émanations traîtresses de Libon et des jambes stles de

Vattius. Voyons, imperator ^inimitable , fâche-toi de nouveau contre mes ïambes, à qui ta colère est bien indifférente

W HMIUIUUIC n 6JSUMM.

Quel beau couple de mignons vous faites^ débauchée Mamurra, impudique César I Tous deux avilis, l'un à Rome, l'autre à Formies; tous deux flétris^ tous deux ma« lades de vos excès, jumeaux de vices ; tous deas Savants en lubricité, à qui une seule litière suffit, voraces adultères, rivaux dé compagnons et de femmes. Oh I vraiment, TOUS faites un beau eouple.

C'était par de pareils vers que l'on saluait cependant le départ du conquérant des Gaules.

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Et il faut avouer qu'il méritait bien toutes ces ayanies, dont il ne songeait pas même à se fâcher.

Bibulus, pendant tout son consulat, n'avait, dans ses édits, désigné César que sous le titre de reine de Bithynie.

Il disait qu'après avoir aimé un roi, il aimait la royauté.

Une espèce de fou^ nommé Octavius, à qui son titre de bouffon permettait de tout dire, ayant rencontré Pompée et César, avait publiquement salué Pompée du nom de roi, et César du titre de reine.

Caïus Memmius lui avait reproché d'avoir servi Nicomède à table et de lui avoir

présenté la coupe, confondu au milieu des esclaves et des eunuques de ce prince.

Cicéron, en plein sénat, un jour que César défendait la cause de Nisa, fille de Nicomède, en rappelant les obligations qu'il avait à ce prince, Cicéron lui avait dit:

— Laisse là tes obligations, on sait ce que tu as donné à Nicomède et ce que tu en as reçu.

La liste de ses maîtresses était immense. Au moment de son départ pour la Gaule, on lui donnait Postumie, femme de Servius Sulpicius ; Lollie, femme d'Àuler Gabiûus; TertuUia, femme de Crassus; et ^ Servilie, sœur de Caton.

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Il avait donné à' cette dernière, nous l'avons dit, une perle de douze cent nnille francs.

Et comme on racontait la chose devant Qcéron :

— Bon, dit-il, ce n'est pas si cher que vous croyez ; Servilie lui prête sa fille Tertia en déduction de compte.

Plus tard nous le verrons amaût d'Eunoë, belle reine mauresque,^ et de Qéopâlre, charmante nymphe grecque, transplantée sur la terre d'Egypte.

Enfin, Curion, le père, résumait tous les matitais propos que Ton tenait sur César dans ces quelques paroles :

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-- César, dîsait-il, c'est le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris.

Un aete public fut tout près de constater k première partie de cette médisance.

— Helvius Qnna, tribun du peuple, dit Suétone, a avoué plusieurs fois qu'il tenait une loi toute prête, et qu'il devait publier en l'absence de César et par son ordre, qui lui pCTmettait de prendre autant de femmes qu'il voudrait pour en avoir des héritiers.

C'œt ce qui fait hasarder h M. Campagny de dire, dans son beau travail sur le monde ronMÎn, que Jules César était bien plus wmplet que Jésus-Cbrist, lequel n'avait que toutes les vertus, tandis que Jutes Cér

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sar avait non-seulement toutes les vertus, mais encore tous les vices.

Maintenant^ laissons partir César pour les Gaules; laissons-lui plier ses tentes grandes comme des palais, charger ses litières qui sont des chambres complètes; laissons-lui emporter sos tapis de pourpre, ses planchers de marqueterie. Soyez tranquille, au besoin il marchera à la tête de ses légions, à pied, la tète nue, au grand soleil, parles pluies battantes. Il fera trente lieues par jour, à cheval ou dans une charrette. Si une rivière T^rrête, il la passera à la nage ou sur des outres; si ce sont les neiges alpestres, il les poussera devant lui avec son boucher, tandis que ses soldats les entameront avec des piques, des hoyam

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et même leurs épées. Jamais il n'engagera son armée dans un chemin qu'il n'ait lui^ même exploré ce chemin. Quand il fera passer ses légions en Angleterre, parce qu'il a entendu dire que l'on péchait sur les côtes de la Grande-Bretagne des perles plus belles que dans les mers de l'Inde, il aura essayé lui-même le trajet et il aura de sa personne visité les ports qui peuvent être de sûrs abris à ses flottes. Un jour, il apprendra que son armée, dont il s'est séparé pour suivre une bonne fortune, est assiégée dans son camp. Alors il se déguisera en Gaulois et passera à travers les ennemis. Une autre fois, comme les secours qu'il attend n'arrivent pas, il se jebtera dans une barque et ira seul les chercher lui-même. Aucun présage n'arrêtera

sa marche; aucun augure ne changera ses desseins. La victime échappera aux mains du sacrificateur, il n'en marchera pas moins contre Scipion et Juba. Il tombera en sortant du vaisseau, et en mettant le pied sur la terre d'Afrique, il s'écriera : « Je te tiens, Afrique ! » Jamais il n'aura de parti pris, l'occasion le déterminera toujours. Son génie improvisera le plan qu'il doit suivre ; il combattra sans en avoir le projet. Il attaquera après une marche, il ne s'inquiétera point si le temps est bon ou mauvais ; seulement il tâchera que l'adversaire ait la pluie ou la neige dans le visage. Jamais il ne mettra son ennemi en déroute qu'il ne s'empare de son camp.

Une fois que Tennemi lui aura tourné le dos , il ne lui donnera jamais le temps de

revenir de sa frayeur. Dans les moments critîqties, il renverra tous les chevaux, et même le sien^ afin de mettre ses soldats dans la nécessité de vaincre, en leur ôtant la ressource de la fuite. Quand ses troupes plieront, il les ralliera seul, il arrêtera les fugitifs de ses propres mains, les forçant, sî épouvantés qu*ils soient, de tourner le visage à Tennemi, Un porte-énseigne qu*îl arrêtera ainsi lui présentera la pointe de son javelot, et il repoussera la pointe de ce javelot avec sa poitrine. Un autre lui laissera son étendard dans les mains, et avec cet étendard il marchera à Tennemi. Après la bataille dé Pharsale, comme il a feit prendre les devants k ses troupes, et qu'il traversera rHellespont dans une petite barque de transport, il rencontrera

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Lucius Gassius avec dix galères, et il fera Lucius Gassius prisonnier avec ses dix galères.

Enfin, à l'attaque d'un pont à Alexandrie, il sera obligé de se jeter à la mer et nagera pendant l'espace de deux cents pas, c'esl-à-dire jusqu'au vaisseau le plus proche, tenant sa main gauche élevée pour ne pas mouiller les papiers qu'il porte , et tirant sa cotte d'armes avec ses dents, afin de ne pas laisser de trophée à l'ennemi.

Or, le voilà parti, parti pour s'égarer dans ce chaos barbare et belliqueux qu'on appelle la Gaule, et qui convient si bien à son g^ie.

Voyons donc ce que deviendront, pendant son absence, Gcéron exilé, Pompée dépopularisé , et Godius roi momentané de la populace.

riN DE LÀ PREMIÈRE PARTIE.

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