‹ LES GRANDS HOMMES EN ROBE DE CHAMBRE CESARChapitre 24 sur 25 · CHAPITRE VINGT-HUITlàHB · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-HUITlàHB

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Pendant toute cette bagarre, César s'était tenu tranquille.

Il n'avait pris ostensiblement parti ni pour r4(>«|iuîi ni p,wr Çiçéroû.

Il avait laissé faire.

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En jetant les yeux sur Rome, voici ce qu'il y voyait.

Une ville livrée à la plus complète anarchie.

Un peuple qui ne savait à qui se ^^ttacher.

Pompée était une grande gloire, mais plus aristocratique que populaire.

Gaton était une grande réputation, mais

plus admirée qu'aimée.

Gras^us une grande fortune, mais plus enviée qu'honorée.

Glodius une grande audace, mais plus brillante que solide;

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GicéroD 4ftait usé, — Bibulus était usé, — Lucullus était usé.

Gatulus était mort.

Quant aux corps de l'État, c'était bien pis.

Depuis racquittement de Glodius, le sénat était avili.

Depuis la fuite de Cicéron, les chevaliers étaient déshonorés.

n comprit qu'il était temps pour lui de quitter Rome.

Quels rivaux y laissait-il?

Cra&âu$^ Potnpôô, Goclkàs

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GatOQ était un nom, un bmt, une rumeur, mais n'était pas uuq rivalité.

Grassus sollicitait la guerre chez les Parthes.

Il allait l'obtenir; il partirait à soixante ans pour une expédition lointaine chez clés peuples sauvages, féroces, impitoyables.

Il y avait grande chance qu'il n'en revint pas.

Pompée ayait quarantorhuit ans, une jeune femme et un mauvais estomac. Il commençait à être assez mal avec Clodius, qui l'insultait publiquement.

Clodius s'était emp&ré de ceAte belle

maisQo de Cicéron qu'il lui avait reprochée en plein sénat^ et qui avait coûté à CicéroD trois millions cinq cent mille sesterces. Lui, l'avait eue pour rien : la peine Ae la prendre.

— J'élèverai un beau portique aux Carènes, avait dit Godius, pour faire pendant à mon portique du mont Palatin.

Son portique du mont Palatin, c'était la

maison de Gicéron.

. Son portique des Carènes, ce serait la maison de Pompée.

. Qf^dius avaÂt treize ans, une réputation exécrable, un génie inférieur yicelui de

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Gatilina. Il devait être écrasé sous Pompée, ou, par fortune, remporter sur lui.

S'il était écrasé par Pompée, Pompée perdrait certainement à luette victoire le reste de sa popularité. S'il l'emportait sur Pompée, Qodius n'était point un ennemi qui inquiétât sérieusement César.

Cependant, il comprenait qu'il était temps qu'il fît quelque chose de grand, qu'il se retrempât pour ainsi dire luimême. Il ne pouvait se dissimuler que jusqu'à présent, et il avait déjà plus de quarante ans, il n'avait été qu'un démagogue assez vulgaire,[inférieur en audace à Gatilina, en ^oire militaire à Pompée et même

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Sa grande supériorité était d'avoir su faire à trente ans cinquante millions de dettes. Mais ces dettes payées, sa supériorité était perdue.

11 était, il est vrai, l'homme le plus débauché de Rome, et encore après Clodius.

Or, César n'avait-il pas dit qu'il aimait mieux être le premier dans une petite bourgade, que le second dans la capitale du monde?

Ses dernières combinaisons politiques n'ayaient pas été heureuses, et, dans leur résultat, il était resté au-dessous de Clodius.

Le jour où Pompée , dans l'enivrement

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de sa première nuit de nooes, lui avait £ait déceraer le goaveçpeineiit des deux Gaules transalpine et cisalpine, et celui de rUlyrie avec quatre légions, il y avait eu^ même dans le peuple, \me terrible opposition à ce décret.

Gaton s'était mis à la tête de cette opposition.

César avait voulu intimider ki résistance dans son chef.

Il avait fait arrêter Gaton et Tavait fait conduire en prison. Mais cette brutalité avait eu si f)eu de succès, que C&iar ltti<«

même avait été obligé de donner ordre à l'un de ses tribuns d'enlever Gaton des mains de ses licteurs.

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Un autre joui^v<5orame le tribun Çurion, fite du vieux hurioo, faisait une opposition qui commençait À devenir inquiétante, on suscite un délateur, Vettius.

Celui-ci accuse Curion, Pasellus, Cépion, Brutus et Lentulus, le fils du Flamine, d'àvoir voulu assassiner Pompée. Bibulus lui-même lui avait à lui, Vettius, apporté un poignard, — comme si un poignard était chose si difficile à se procurer à " Rome, que Bibulus fût obligé de se charger de ce soin.

Vettius avait été hué et envoyé en prijson. Le lendemain on l'avait trouvé étranglé si à point pour César, qu'en vérité, st l'un des reproches que Ton faisait à Céa^r

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n'eût point été sa grande humanité ^ on eût pu croire qu'il avait été pour quelque chose dans un suicide qui venait si à propos.

Il était donc bon de s'éloigner de toutes ces misères et de se retirer dans ce magnifique proconsulat, dont les frontières n'étalent qu'à cinquante lieues de Rome.

D'ailleurs, il n'y a pas de temps à perdre.

Au moment où il s'apprête à partir, un accusateur s'apprête à le d'énoncer.

— Ah! dit Michelet, j'aurais voulu voir en ce moment cette pâle et blanche figure, fanée avant l'âge par les débauches de Home, cet }iomme délicat et épileptique

marchant sous les pluies de la Gaule à la tète de ses légions^ traversant nos fleuves à la nage, ou bien à cheval entre des litières où ses secrétaires étaient portés, dictant quatre, six lettres à la fois, remuant Rome du fond de la Belgique, exterminant sur son chemin deux millions d'hommes, et domptant en dix années la Gaule , le Rhin et l'Océan du Nord.

Oui, c'eût été curieux, car César ne promettait rien de tout cela.

Voulez-vous savoir comment Catulle,|ramant de la sœur de Clodius, de la femme de Metellus-Celer, qu'il appelle sa Lesbie, en souvenir des débauches de la Lesbienne Sapho, voulez-vous savoir comment Catulle le traite avant le départ?

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