LE TROISIEME JOUR
r huit heures se célèbre Ia messe de la Paix. C'est Mgr Bour-
HA ret, Protonotaire Apostolique, Vicaire Général du diocèse, 1 qui officie pontificalement, assisté de Messieurs les abbés CA R. Faucher, A. Morel, et Charles Masson. Après l’Évangi- 7 SNE le, le R. P. Ouellet adresse une allocution sur ls communion A fréquente. En voici la substance :
Ave derum, corpus nalum.
t-il, dans la vieillesse du monde, il veut renouveler ces prodiges, faire refleurir les nations en les ramenant à l’obéissance à l’Église par l’amabilité et la
Or, Dieu qui a voulu que nous eussions tout bien par l’entremise de Marie, a voulu qu'elle préparät elle-même ce réveil, qui maintenant commence à se manifester. C’est pourquoi nous devons nous tourner vers elle avec un amour croissant, et l’honorer désormais plus directement dans ses relations avec res eucharistie, qui sont pour elle un titre très particulier d’honneur et de gloire.
Puis le prédicateur établit deux choses: 1° que l Eucharistie vient d’abord et en un sens de Marie elle-même ; 2° que par ce mystère auguste nous com- Prenons mieux comment la Mère de Dieu est aussi notre mère, et comment elle en remplit mieux les principaux devoirs.
exerce envers nous les fonctions de mère et de nourrice. Aussi entendes-la nous dit : “ Wenite, comedite panem et bibite vinum quad misoui sobis. ” enes sans crainte.. II est une raison qui nous assure les bonnes grâces Marie. C'est que nous sommes les rachetés de Jésus, c'est que nous sommes le prix du sang divin “Empti enim oi pretio magno.” Or une chose vaut ce qu’elle coûte ; songes alors quelle valeur nous avons pour Marie qui connait toute l de son adorable Fils. Une perle, fut-elle maculée de boue, est précieuse pour le connaisseur ; de même serions-nous souillés par le fange du péché, Marie ne laisse jamais de nous estimer grandement du moment qu'elle aperçoit en nous la trace du sang de Jésus. Mais le sang précieux ne fait pas que nous racheter, il nous revêt d'une pourpre royale qui nous transforme, nous ennoblit, nous divinise, fait de nous les enfants de Dieu,
les frères de Jésus-Christ, une partie de lui-même. “ Ignores-vous, dit saint
que vos corps sont les membres de Jésus-Christ ? Oui nous composons le corps mystique du Christ. Vos estis corpus Christi et membra de membro ” Nous formons un seul être spirituel Lui. Or une mère aime tous ses enfants.
Vous ne pouves douter de Lamour de Marie pour Jésus. Que n’aurait-elle pas donné pour amoindrir ses souffrances sur la Croix ?; pour empêcher qu'une de ses mains ne fut transpercée? Et bien ! actuellement le pied, la main, la tête de Jésus, c'est vous, c’est moi, chrétiens. Et Marie ne se dépenserait pas, ne se multiplierait pas pour soulager, pour guérir, pour sauver les membres de Jésus? Je n'insiste pas davantage ; je sens que la conviction déborde de vos cœurs.
A dix heures a lieu la messe d'ordination. Quatre lévites sont élevés à la pretrise: Messieurs les abbés Georges Des Islets, de Vietoriaville, Eugène Demers, de Ste-Sophie, Rodolphe Belcourt, (0 de la Baiedu-Febvre, et Philippe Binette, de Warwick. Le sacerdoce, a dit Lacordaire, est l'immolation de l’homme ajoutée à celle de Jésus- Christ. Quelle sublime chose ! Quelle puissance ches l'évêque qui le confère ! A quels sommets est tout de suite porté celui qui le reçoit ! Sacerdos, alter Christus. Notre Seigneur se prolonge, se réincarne en des êtres d'élection qu'Il charge de distribuer aux âmes les dons de sa
® M. l'abbé Belcourt devait mourir trois semaines plus tard.
CONGRÈS EUCRARISTIQUE À VICTORIA VILLO 71
droite, d’être ici-bas ses légats, les représentants de son autorité, 11 n'est pes, pour un pays, de gloire plus grande que de fournir de. prêtres à l’Église. Bénies sont les familles où germent les vocaticns au sacerdoce !
A l'issue des cérémonies grandioses, et vraiment royales. au cours desquelles le Pontife, de dégré en dégré, mène comme par la
“La PARABOLE pu GRAND FESTIN ”
Dion Bus prépare uns D en de se nou, nou di que
i nous a préparés une triple nourriture. our nourrir la vie naturelle,
jee vie donné la création comme une table admirablement servie : pour nou ris
1. vie raisonnable, il nous à donné le vrai, le beau et le bon. Enfin l’homme à n 4 à g Er
g, pain qu'il vient de changer en son corpe et en nous disant - acide G un. duoate ” il ne nous adresse pas une simple invitation que nous puissions refuser sans courir d’autres risques que de manquer aux oon venances chrétiennes,
peine de mort, car entendes-le bien, ces mots : Prenes et manges, ne sont que di, °vrollaires de ces paroles bien autrement expressives - En vérité je wu dis : si vous ne manges la chair du Fils de l'Homme, vous n'aurez point la vie en vous. ”
comme par la conscience “ Non possum ”. Ou mieux ils ne le veulent pas, car l’Eucharisti® voilà j t le remède que nous offre Notre Seigneur. Et
7 eee re er EN anenneniagnsneteapémmqmnes — —
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le Père refute les objections — je ne suis pes digne — il faut se confesser trop souvent — c'est une négligence, etc., etc.
Allons, Mes Frères, à Jésus, disait-il en terminant. Pourquoi, placés que vous êtes près d’un trésor inépuisable, vous contentez-vous d'y prendre de quoi ne pas mourir de faim et n'y puisez-vous pas à pleines mains ? Pourquoi, lorsqu'un Dieu vient à vous, remuant ciel et terre, et bouleversant toutes les lois du monde, ne faites-vous pas quelques efforts et quelques sacrifices pour aller à sa rencontre ? Que craignez-vous donc? rejetes donc ces vains prétextes qui vous retiennent loin de ce festin. Non possum venire. Peut-être vos lèvres l'ont- elles déjà prononcée cette excuse outrageante ; que jamais plus elle ne tombe de vos lèvres, car elle pourrait vous attirer la sévère mais juste condamnation du Divin Juge : Je vous le déclare, vous ne prendres point part à mon festin.” Oh! Que je voudrais voir écrites en lettres de feu, autour de ce Tabernacle, ces beaux vers d’un grand poète.
Vous «ai pleurez, venez à Dieu car il nlenre. Vous qui souffrez, venes à Lui ear il guérit. Vous qui tremblez, venes à Lui, car il sourit, Vous qui passez, Venez à Lui, car Ii demeure.
Peut-on mieux exprimer la tendresse de Celui qui nous appelle et nous at tend? Et puisque tous nous avons besoin de résurrection ou de guérison, allons avec confiance à Jésus-Hostie qui ressuscite et qui guérit.
A huit heures du soir, hommes et jeunes gens remplissent l'église ; c'est l’Heure-Sainte pour demander le retour de la paix dans le monde. Monseigneur assiste au trône, accompagné de MM. les abbés Garand, vicrire à Drummondville et L. Lavigne, vicaire à Arthabeska. Les chœur est occupé par un nombreux clergé. Le R. P. Tardif commente éloquemment les formules de Notre Père inscrites sur les arcs de triomphe, et qui viennent de retentir sous les voûtes, chantées par ces mille voix d’hommes :
Vous venes, dit-il, de chanter ensemble le Puter, prière à la fois divine et humaine, dont chacune des demandes a passé sur les lèvres du Christ avant de passer sur les vôtres. Or savez-vous que cette prière vraie et authentique que Dieu agrée, est en même temps la grande charte de la paiz? Oui; et le jour où elle cesse d'être dans la bouche d'un peuple une prière palpitante de vie, pour n'être plus qu’une formule banale ou vide de sens, ce peupleest mûr pour le châtimeht ; * Dieu l'a comblé, et plus f le châtie afin de le sauver.
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Et le prédicateur fait ressortir la substance de cette admirable oraison, ls plus belle et la plus divine qui soit: il montre que le Pater contient, dans sa brièveté, toutes les demandes que nous avons à adresser à Dieu, et selon l“ où il faut les lui adresser. Le que Votre Règne arrive : que Votre Volonté soit faite sur la terre comme
paix ne viendra de façon définitive dans le monde que dans la mesure où les nations accepteront le règne de la Justice Infinie, et se <oumet. tront à la Volonté de Celui de qui dépendent tous les empires.
Benedictus qui venit in nomine Domini. Depuis le jour où cette parole « retenti pour la première fois sous les pas de Notre Seigneur faisant son entrée dans Jérusalem, les peuples chrétiens l’ont adoptée comme formule de salut à leurs pasteurs. Et jamais peut-être elle n'aura été prononcée avec plus d'enthousiasme qu'en ce soir du 14 septembre 191“, où le: congressistes de tout le comté d’Arthabaska, massés sur le quai de la gare de Victoriaville, virent sortir de son wagon particulier Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec,
P.-E. Lassonde, de la cure de Victoriaville, qui était allé à la rencontre de son Eminence, et d’un détachement de Zouaves de Québec. II monte dans un carrosse attelé de quatre chevaux. Des vivats éclatent. Partout l’on a illuminé à profusion, à tel point que les clartés projettent leurs reflets jusque dans l’espace, qu'elles teintent d'une aurore mysté-
L'on se souvient de cette magnifique scène de “ Aiglon où le jeune duc, décrivant les victoires de son Père, s’écrie : “et des drapeaux, des drapeaux, des drapeaux r. Des drapeaux, Victoriaville en est pavoisée. Et les cloches de l’église, se mélant aux acclamations que pousse la foule et aux roulements des fanfares, tout cela fait une harmonie puissante et grave, profonde et joyeuse, telle que l’on se croirait transporté dans l'irréel. Comme le cortège arrive en face du presbytère, la voiture cardinalice s'arrête : Tauguste vieillard en descend : Monseigneur de Nicolet, entouré d’une nombreuse escorte, est là pour accueillir son Eminence.
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Le dernier jour