II. Il doit le faire
Le curé est tenu en effet, en charité, sinon en justice, de procurer au malade le plus tôt possible tous les secours que lui offre la sainte Église pour ce moment difficile et douloureux de la vie. Or, parmi ces secours, il faut compter, en même temps que le Viatique, le sacrement d'Extrême-Onction. Pour s'en convaincre, il suffit de réfléchir un instant sur les effets produits par ce sacrement.
L'apôtre saint Jacques les énumère ; ils sont au nombre de trois: Et la prière de la foi sauvera le malade 5 le Seigneur le soulagera, et s’il a commis des péchés, ils lui seront remis (v15). C'est dire que l’Extrême-Onction efface les péchés et les restes du péché dans l'âme, aide le malade à supporter sa maladie et à résister aux tentations, et rend la santé au corps si cela doit être utile à Fame. Examinons brièvement chacun de ses effets.
L'Extreme-Onetion remet par elle-même, directement, les péchés véniels et même les péchés mortels pour celui qui ayant l'attrition(!) ne pourrait se confesser : elle remet aussi directement une partie de la peine due aux péchés et surtout elle efface les restes. du péché dans l’âme. Ce dernier effet mérite d’être étudié un peu en détail.
Selon le catéchisme du concile de Trente, le plus grand avantage que nous procure l’Extrême-Onction est de nous rendre forts contre le démon, pour les dernières luttes qui sont les plus redoutables. Le sacrement produit cet effet
() Il est bon de se rappeler ici - Las l’Extrême-Onction comme pour la Péni-
car pour ce dernier
ise. Si les ions du sujet —— plus
— dans la suite, le sujet sera alors justifié par la vertu du sacrement d’Extrêmeion qui produira son effet au moment où les itions seront de
{Ct. Billot : De P 7 P
en effaçant les restes du péché. Or, par restes du Péché, il faut entendre avec saint Thomas, de mauvaises dispositions nées des actes par lesquels on a per. pétré le péché et qui demeurent en l’âme après qu'il a été pardonné (3a Pars, d. 80, a, 3) Cette définition se coraprend facilement.
Dans le sacrement de Pénitence, la vertu rédemptrice de la Passion de
L Extreme-Onction fait disparaître les restes du péché parce qu’elle confère des grâces qui rendent plus faciles les actes de vertu, auxquels les mauvaises dispositions nées des actes du péché et qui persistent dans l'âme, tendent à
lame dans la tranquillité à l’heure de la mort, que d'éloigner d'elle toute tristesse, de lui faire attendre avec un cœur plein de joie la venue du Seigneur, et de la disposer à Lui rendre volontiers le dépôt qui lui a été confié, dès qu’il le redemandera. Et précisément l’Extrêéme-Onction possède la vertu de délivrer
joie en les raffermissant dans les vertus de foi et d'espérance et en leur inspirant une grande confiance en la miséricorde divine. Ct. Catéchisme Romain).
de ce que la Plupart de ceux qui reçoivent l'Extrême-Onction ou qui lad ministrent ont une foi trop faible. C'est dire que les malades doivent conserver la ferme expérance que par la vertu de l' Huile Sainte ils peuvent obtenir la santé de l'âme et du corps. Si la pratique s'établissait de donner l'Extrême-Onction au
commencement de toute maladie grave, le sacrement projetterait ses grâces
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sur tout le cours de la maladie et se sentirait plus au large pour diriger, par les voies ordinaires, les causes secondes vers la guérison, si elle est utile à l’âme. ”
Et nous n'entendrions plus dire autour de nous: Il va mourir, car il u été administré ; mais nous entendrions plutôt cette autre parole plus consolante : Il ne mourra pas, car il a reçu l'Extrême-Onction, gage de sa guérison.
Pour ces raisons, nous croyons que le curé est tenu, au moins en charité, de donner l'Extrême-Onction le plus tôt possible, c'est-à-dire dès que la maladie grave est déclarée, et de ne pas priver le malade, pendant des jours et des semaines, des secours surnaturels auxquels il a droit.
Quelqu'un pourrait dire: J'ai un médecin consciencieux dans ma paroisse, et je m'en rapporte à lui pour l'administration des derniers sacrements ; il m'avertit toujours à temps. Cette manière de procéder appelle les remarques suivantes: Nos médecins, en général du moins, n'ont pas fait d'études théologiques, ne savent pas distinguer entre danger propable et danger certain de mort, et n'apprécient pas toujours l' importance des sacrements d' Eucharistie et d’Extrêéme-Onction, au point de vue des secours qu'ils apportent aux malades pendant tout le temps que dure leur maladie. Pour eux, pratiquement, le danger de mort existe lorsqu'ils sentent que la maladie échappe à leur contrôle ; c'est alors le danger de mort certain, ou même l’article de la mort. Tant qu'il n’y a que le danger probable, ils ne pensent pas à avertir le curé, et cependant c'est à ce moment que l'on devrait administrer les sacrements d'Eucharistie et d' Extreme - Onetion, car le malade est dans les conditions voulues pour les recevoir, et il en a besoin.
Mes chers confrères, l'œuvre de notre salut est avant tout, de la part de Dieu, une œuvre d'amour et de miséricorde. Sachons comprendre et faire comprendre cette vérité. Oh! quelle consolation pour un pasteur, si toutes les âmes qui lui sont confiées s'empressaient de correspondre à l'amour et à la miséricorde de leur Dieu quand vient la maladie, et demandaient elles-mêmes de recevoir les sacrements d Eucharistie et d’Extréme-Onction, qui apportent les secours divins, pour que leur dernier regard soit déjà pénétré des joies du ciel. Cette consolation, ce bonheur, nous pourrons l’éprouver si nous voulons être des apôtres dévoués, inlassables, de l'amour de notre Dieu-Eucharistie. ”
Quelques points de ce remarquable travail sont discutés, et cela permet à l’auteur de préciser sa pensée, et de donner des éclaircissements qui satisfont pleinement son auditoire. Sur la question particulière de la communion aux malades, dans les communautés religieuses, Monseigneur l' Eveque rappelle la discipline établie dans son diocèse, après quoi se clôt cette séance fort instructive.
A huit heures du soir sonne l’adoration publique et solennelle du Saint Sacrement. Toute la journée les fidèles s'étaient succédés aux pieds du Divin Maître exposé ir l’ar::: Combien touchante était
g. HA IMILNT]
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ues intimes avec Jésus-Hostie | Comme elles paraissaient recueillies ! Tous les âges de la vie se mélaient
dans ces visites : enfants et vieillards, femmes et jeunes gens. II vous tous qui tendue de tous.
la ferveur des âmes dans ces collog
ls vont maintenant recevoir comme une consécration officielle. Ou plutôt l’adoration unanime va remplacer ladoration privée. Les ardeurs particulières des âmes vont se changer en un immense brasier. .
Sa Grandeur Mgr: runault, assisté de MM. les abbés P.-O. Cardin, curé de St-Valère, et J.
de pouvoir mettre sous les yeux de nos lecteurs le texte entier de cette belle méditation sacrée :
HEURE D’ADORATION 14 if La PRÉSENCE RÉELLE 14
eos ego vobiscum sum nibus diebus, ad consy — — he XXVIIL, 20.) 9
* Vore tu es Deus abeconditus |”
Ms BIEN cuers Frèegs,
L'homme, créé à l’image de Dieu, tend vers Lui comme vers sa fin dernière et son bien souverain. II l'appelle par toutes ses facultés, il le désire, il voudrait
50 LES GRANDS JOURS : - ——————————————__—— x — s'élancer vers Lui comme vers son centre, sachant qu'en Lui seul il trouvera de rassasiement de son âme.
Nous voulons Dieu, non pas seulement dans ses œuvres, si magnifiques soient-elles ; non pas seulement dans les bienfaits que sa main dispense avec prodigalité... Non, l'ouvrage n'est pas l’ouvrier, le bienfait n’est pas le bienfaiteur. -
Nous voulons Dieu lui-même et rien ne saurait le remplacer. A ce besoin impérieux qui tourmente l’humanité, et à ce cri sorti de ses entrailles, à travers la durée des âges, et redisant sans cesse la parole inspirée : Veni, Domine ”, Dieu a répondu. II s’est rapproché de l’homme : car si la créature était portée vers le Créateur, par une nécessité insurmontable, Dieu était encore plus vivement porté vers l’homme par les inspirations de son amour. La série des rapprochements divins a commencé au paradis terrestre, et s'est continuée en progressant à travers les siècles, jusqu’à la présence eucharistique, après laquelle il n’y a plus à espérer que la Présence visible de Dieu dans le ciel.
Dès la création de l’homme, nous voyons Dieu lui apparaître, et se dresser à côté de son berceau. Il se plaisait, dit J Ecriture, à venir con verser familierement avec nos premiers parents, sous les frais ombrages du jardin. Offensé par l' ingratitude de celui qu'il avait comblé de biens, Dieu ne se retira pas dans les profondeurs inaccessibles de son ciel. De temps en temps, Il parlait à l’homme, lui dictait ses lois, lui faisait connaître ses volontés, et par ces intentions, Il lui faisait sentir combien proche de lui il était : “ Prope est Dominus ”.
Parfois même Il apparaissait à sa créature d’une manière visible : Noé le vit venir diriger lui-même les travaux de l’arche ; à Abraham II apparaissait sous la figure d’un voyageur qui venait s'asseoir avec lui à sa table au Sinaf Dieu était dans l'éclair, la foudre et la tempête. Il se montra à tous les prophêtes, en des visions splendides ; II parlait à Samuel ; Il inspira David et tous les prophètes. Mais ces visions ne sont que des éclairs qui percent la nuit sombre. Et en toutes ces manifestations Dieu ne se livrait pas encore en personne. On entendait sa voix, on sentait son souffle et parfois sa verge : c'était tout.
Pourtant, c'était bien lui que l'humanité voulait voir, sa personne: Veni, Domine ! continuait-elle à crier par la voix des justes et des prophètes. Et voici que du sein de cette nuit sombre, de ce vide, j'entends s'élever la voix du prophète : “ Une vierge concevra et enfantera un fils, et ce fils sera nommé Emmanuel!” Quoi donc? Dieu avec nous ? Dieu avec l’homme ? Eh ! bien oui! Dieu a répondu à ce désir universel Il est venu lui-même, Il s'est fait chair et a habité parmi nous: Et Verbum caro factum est
Et l’homme un jour a rencontré son Dieu; il l’a rencontré à Bethléem, à Nazareth, sur les chemins de l'Égypte, à Jérusalem, au Calvaire. Il a pu prendre sa main et la baiser ; arroser de larmes ses pieds divins, et sur la poitrine sacrée de cet ami, reposer sa tête fatiguée.
Dieu a été vu présent au milieu des hommes, devenu comme l’un d'eux, et saint Jean atteste solennellement cette présence réelle et visible: Nous l'avons vu, entendu, et nos mains l'ont touché, ce Verbe de Vie apparu parmi
Maintenant tout est consommé ! Plus rien ne se peut espérer ; l’homme est satisfait, Dieu est venu, l’humanité l’a vu.
Pourtant, Mes Frères, le plus beau reste à dire, Non! tout n'est pas consommé dans les mystères de la présence réelle de Dieu.
La présence donnée par l’Incarnation va cesser, le Christ Jésus va mourir: puis le ciel, après l'avoir prêté un instant à la terre, réclamera son Roi. Le Souverain doit nous quitter. 5
insi donc les sublimes rapprochements de Dieu avec les hommes, la présence toujours plus parfaite qu’il a donnée de lui-même à ses enfants, tout cela n’aboutira en somme qu’à une longue et cruelle absence pour la suite des siècles? Oh ! que ce serait bien méconnaître la persévérante communication des biens divins ! Dieu n’a pas voulu favoriser de sa présence une seule nation, et dans cette nation, quelques hommes seulement ses contemporains, Il est venu pour tous ; tous ont besoin de lui, et demandent son secours ; c’est donc à tous qu’Il se donnera, à tous qu’il se rendra présent.
Et ce que notre esprit n aurait jamais soupçonné, ni notre cœur demandé, Jésus l’a réalisé, il y a 20 siècles, la veille de sa mort, en instituant l Eucharisite.
Mes Frères, voyez et admirez ; la scène se Passe au soir du Jeudi-Saint. Jésus est à table avec ses disciples. Demain, il va mourir, et au soir de sa vie, Il éprouve le regret déchirant de nous quitter. Dans son cœur de Dieu, Il
hommes. Du pain est devant lui, sur la table, ainsi qu’une coupe de vin. II prend le pain, le en res aussi la coupe. Et appelant son infinie Puissance ie bonté, il prononce quelques paroles, et aussitôt le
miracle est opéré. Cen est fait, la terre possède à jamais son Dieu. Et après avoir réalisé ce chef-d'œuvre, le Sauveur peut en toute vérité s’écrier : ‘ Ego vobiscum sum ! ”
C’est ce don de la présence réelle que nous allons méditer :
1° Nous dirons la nature de cette présence ; 2° Les bienfaits qui en découlent ; 3° Comment l'humanité a répondu à cette présence ; et 4° Les devoirs qu’elle nous impose.
Nature de la Présence réelle
Il importe beaucoup, Mes Frères, de bien pénétrer tout d'abord la nature ds la présence de Jésus en l’'Eucharistie, afin que la comprenant mieux, nous ayons en elle une foi plus vive et plus forte. La présence eucharistique est une présence à la fois très réelle et très cachée. Ce sont là les deux caractères
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que lui reconnait le prophète entrevoyant dans le lointain des âges le mystère de nos autels.
1° — La présence de Dieu en l' Eucharistie est une présence très réelle, Vere tu es Deus
Je sais bien qu'il s’est levé dans le monde des hommes qui ont douté de cette vérité de foi, qui l’ont même nié», ot au moins atténuée.
Mais l'Église a condamné les prétentions et les reveries de l’hérésie. Elle a toujours fortement affirmé que J Eucharistie nous donne Dieu réellement, Dieu lui-même en personne. Sur quel fondement s’appuie-t-elle donc pour nous faire une telle affirmation ? Je ne prétends pas vous développer toutes les preuves de la présence réelle... Je ne désire pas faire œuvre de science et discuter habilement, mais bien plutôt émouvoir vos cœurs et les porter à Vamour de Jésus E char: itique.
Je me contenterai donc de vous dire avec l’Église que Jésus-Christ est là, et que ses paroles très claires en elles-mêmes ne faisaient qu exprimer d'ailleurs les sentiments connus, les intentions évidentes de son cœur, au moment où il instituait la Sainte Eucharistie.
Trois évangélistes, saint Mathieu, saiut Marc et saint Luc, rapportent les paroles et le fait de l'institution : “ Après le souper de la Pâque légale, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses apôtres en disant :”’ Prenez et mangez, ceci est mon corps; et de même ayant pris le calice, il le bénit et le présents à ses apôtres en disant : “ Prenez et buvez, ceci est mon
Quelle gravité, Mes Frères, dans ces paroles et quelle clarté! Est-il possible de trouver plus de netteté, plus de précision, une expression plus puissante ? “ Ceci est mon corps, ceci est mon sang ”.
Si la Sauveur a voulu réellement changer le pain eg son corps et le vin en son sang, et s’il a voulu exprimer clairement cette Bnbetentistin, de quelles autres paroles plus limpides pouvait-il se servir pour rendre clairement sa pensée? Car remarques-le bien, la phrase est complète, il y a le sujet, le verbe et l’attribut : Ceci est mon corps —et comme verbe, le plus clair, le plus expressif dans toutes les langues, le verbe étre. Jésus ne dit pas, comme veulent le lui faire dire les hérétiques: ceci sera mon corps, doit être mon corps, paroles qui prêteraient un peu à l’obacurité, à l’équivoque, Il dit encore moins: ceci représentera mon corps. Non, il dit: Ceci est mon corps
Et quand on pense que Celui qui parle ainsi, c’est le Dieu tout-puissant, qui n’a qu’à vouloir pour accomplir la merveille dont il parle, le vrai Dieu qui a dit: Je suis la vérité qui ne se trompe pas ” ; Celui dont la gravité ne s’est jamais démentie un seul instant, et qui devait encore moins se démentir à l'heure suprême où il nous faisait son testament ; Celui qui nous a imposé le précepte de parler sans dissimulation, sans fourberie; —quand c’est celui-là même qui nous dit: Ceci est mon corps, ceci est mon sang, —-croyez-vous qu’on puisse douter de sa parole et en détourner le sens? O Jésus ! 0 Maître adoré ! Non, non, vous ne mérites pas qu’on inflige à vos paroles cette insulte,
ce désaveu qu'on ne voudrait pas infliger à la parole d'un homme, moins encore d’un ami.
Saint Jean, il est vrai, ne rapporte pas les paroles de l'institution, mais
il fait plus: il révèle l intention la plus intime de N otre-Seigneur, en ce moment
et divin, il complète le récit des autres évangélistes. Or, saint Jean,
aimé les hommes durant sa vie, veut marquer divinement les dernières heures de son 5 parmi eux et porter À son apogée l'affection qu il leur a témoigné:. 07 g
Quand on est obligé de leur dire adieu, on leur laisse un tout petit ob t avons touché, une fleur qu'on u eueilie, un de ces riens qui rappellent „
Alle, te nete, ir à la droite de son Père, et résider en même tens on milieu de nous ? Oui, il le peut, et puisqu'il le peut, j'ose dire qu Il le doit 5 i ar sans cela, il manquerait quelque chose à Ia perfection de son amour. L'iucharistie fêt-elle un signe de souvenirs, si elle ne contient pes réellement ae
i ia personne même de Jésus-Christ, il m'est impossible dy voir l’accomplissement de cette parole; Avant aimé les siens... il les aima jusqu'à la fin, jusqu'à l'extrême limite de l’amour, parce que son heure était venue
Un morceau de pain figuratif. . eos de et de bonté de la part de mon Dieu, au moment suprême de la mort | Mais c’est moins que le manne mystérieuse de l'ancienne Loi. C'est moins que le Jésus au
Mais si le pain que vous donnez est véritablement votre corps... Oh! alors tout s'explique et je saisis vos ; ma foi respire et ma raison comprend que c'est là le gage suprême de l'amour tout-puissant d’un Dieu tout Puissant. In finem dilerit
Jésus a donc parlé, ses Paroles sont claires, ses intentions bien connues ; nous ne pouvons plus douter. Le legs du Sauveur n’est pas un simple souvenir, une figure: c’est Lui-même.
2° Présence cachée. II faut le reconnaître pourtant, Mes Frères, Jésus, en l’Eucharistie, est caché. Vere tu es Deus absconditus. Quel contraste, en effet, entre ce qu’il eat au dedans et ce qu'il apparaît au dehors !
Si à l’intérieur, c’est la majesté, la vie; à l'extérieur c’est le silence de mort, l'obscurité. Et son humanité aussi a disparu; on ne voit plus sa divine figure au reflet si doux, si auguste, ni son regard bienveillant; on n'entend plus sa voix si aimée, un nuage épais dérobe tout !
êtes-vous, O Divinité, O Majesté infinie qui faites trembler les chrétiens et frappez de stupeur les anges? Où êtes-vous dans Eucharistie? Où es-tu, O Humanité Sainte, dont la vertu remplissait la Judée de miracles, dont la parole ressuscitait les morts, captivait les foules? Je ne vois rien, absolument rien, ou plutôt quelque chose, mais si peu que rien. Voilà la présence cachée que la foi nous propose.
dant, Mes Frères, que votre foi ne se trouble Pas, Car il n'est pas plus difficile à Dieu de se cacher sous les fragil 4 i Eucharistie, que sous les gracieux dehors de l’humanité du Sauveur en
l’Incarnation : il n'y a, pour sa Puissance, en ces deux mystères, qu un jeu d'enfant.
liberté. Représentes-vous Jésus à Rome ou ici, vivant visiblement, agissant et gouvernant, en personne, son église depuis 2000 ans : ne serait-il pas un miracle tellement indiscutable, que l’incrédulité la plus effrontée ne pourrait se produire? Toute liberté serait étouffée,
serait la destruction de toute foi, de tout mérite.
Et de plus, quelle gêne pour notre amour si l’on voyait Dieu ! Qui donc pourrait sans trembler contempler sa gloire? Pour l'avoir entrevue un seul instant, les apôtres, au Thabor, tombèrent la face contre terre. Nous ae sommes pas encore préparés g 5 i i
Contemples- le maintenant ce voile ; comme il vous paraîtra raisonnable, doux et bienfaisant ! Grâce à lui, celui qui cherche Jésus sur l'autel,
sait où le trouver, et l’aperce-
vant, il n’est pas accablé par sa gloire. Les sens nous trompent, ils nous disent que c’est du pain. Mais la parole de la Vérité retentit à notre oreille : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, et nous croyons.
Voilà ce qu'est la Présence de Jésus-Christ en l'Eucharistie. Présence cachée, il est vrai, mais présence réelle et que l’on ne peut nier sans folie.
Cette présence de Jésus-Christ en Eucharistie, l’Église, de tout temps, Y cru, et parmi toutes les traditions chrétiennes, il n'en est pas de mieux affermie que celle-là. Les témoignages des Pères forment une chaîne ininterrompue, dont les robustes anneaux se soudent ensemble, fortifiés par les conciles, appuyés sur toutes les liturgies.
C'est pour elle, pour l'Eucharistie, les beautés de la liturgie, les fêtes splendides, les ornements précieux, les autels émaillés de fleurs, les temples magnifiques, Oui, pour l'Eucharistie, pour la célébrer, les orateurs improvisent les brillants discours, les poètes composent des chants magnifiques ; Pour elle, les maîtres inventent les chefs-d'œuvre de la musique, les peintres Prodiguent leurs merveilles en faisant parler le marbre et la toile.
C’est pour la glorifier enfin que, sur tous les chemins, superbes ou rustique. les foules empressées lui forment, à certains jours, des cortèges royaux,
Voilà comment l’Église, que dis-je, l’Église ? l'humanité a cru à la présence réelle du Sauveur en l’Hostie, l’a reconnue, l’a proclamée depuis vingt siècles
Jésus a élevé au regard de toutes les générations une humble hostie et leur a dit : “ Ceci est mon Corps , et à ces paroles mystérieuses l'humanité a répondu : Credo! Je crois ! Je crois ! avec les apôtres, avec l’Église, avec l'humanité chrétienne ; redisons-la, nous aussi, cette parole. Répétons-là ce soir. Disons- la avec foi, avec amour, disons- la de tout cœur. Credo! Je crois et j'adore !
LE Bienfaits de la Présence réelle Nous connaissons maintenant, Mes Frères, le grand mystère de la Pré-
sence réelle de Dieu parmi nous dans la Sainte Eucharistie. Nous croyons fermement à ce dogme, appuyés sur la parole de la Vérité infaillible. Nous
Elle est un trésor infini pour les hommes: {nfinito thesauro est hominibus, dit l’Écriture. . Faisons done l'inventaire de ce précieux trésor, afin d'en mieux
a) La présence de Dieu la plus parfaite que l’homme ait eu le bonheur de posséder ; |
b) La présence d'un Père continuant à ses enfants sx tendre protection ;
1 ee présence d’un ami, nous ménageant les douces consolations de ’amitié.
Voilà les inestimables bienfaits que nous procure l'Eucharistie. ;
a) L’Eucharistie, c’est tout d’abord la présence d’un Dieu, et à ce titre, elle nous procure l honneur et le bonheur insigne de jouir de sa familiarité.
En effet, l' Eucharistie nous livre Dieu de la façon la plus entière, le: plus parfaite qu’il soit possible ici-bas.
C'est d’abord une présence très-personnelle et très-substantielle.
Oui, le Verbe incarné est là réellement, avec sa nature divine et sa nature humaine. Il est là présent comme à Bethléem, comme à Nazareth, comme aw Thabor, comme au Calvaire, tout entier, sans division, sans diminution. Il est là, ce corps sacré, que Marie engendra; il est là, ce sang précieux qui nous a rachetés. Elle est là cette àme lumineuse et sainte; si belle, si parfaite, sÿ miséricordieuse.
Elle est là, toute la divinité du Verbe avec son immensité, son éternité: c'est l’Infini sous tous ses aspects. L'ineffable Trinité est là tout sntière.
2° Présence personnelle de Dieu, l’Eucharistie est encore une présence perpétuelle.
Depuis le jour où elle a été instituée, Dieu n’a pas cessé un seul instant de résider sur notre
sur tous les rivages que le soleil éclaire ; partout où un autel s'élève et on un prêtre prenant un peu de pain prononce les paroles de la consécration. II suit l’homme partout où il porte ses pas ; ici caché dans les forêts, là enseveli dans les glaces, pénétrant dans les demeures. somptueuses aussi bien que dans les prisons obscures ristie, Il est présent en Europe, ici, en Afrique, en Océanie. Présent rivages enchantés de l'Orient où le soleil se lève, présent à ceux de l'Occi
Le Dieu de l'Buchaaux:
du jour ne laisse jamais descendre la nuit, c'est bien humble maison du Dieu de l'Hostie. Ainsi donc, mes Frères, à tous, partout et toujours, telle est la présence: de Dieu que ! Eucharistie nous donne.
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4° Mais ce qui fuit le perfection de cette présence, c'est qu'elle ex la plus intime et la pl-- familière dont Dieu ait jamais gratifié les home Au Sai qu’il est doux à contempler, facile à aborder, notre
Dans l'Incarnation, Dieu avait voilé sa lumière trop intense ot jesté sa ma,
retard pénétrant, le sagesse profonde de Jésus, et tout cela re 1e coupables et les craintifo.
Mais ici, à l'autel, la gloire de Dieu, et la gloire de l’homme disparaissent également sous les dehors des élements les plus humbles, les plus familiers, que tout le monde aime : le pain et le vin. Vous l'avez voulu 3 ee pas effrayer vos timides enfants, pour les attirer à wurf t faire jouir de votre intimité.
Autrefois, l’on n'approchait qu’en tremblant de Dieu et de l’arehe où résidait sa Majesté. Aujourd’hui, il n’y a pas de place pour le crainte, mais seule. ment l'amour. Autrelois, Dieu s’écriait : “ Gardea- vous d'approcher de mon sanctuaire... vous series frappés de mort Aujourd’hui, entendez sa voix douce : “ enes À moi, venez svee confiance, mon cœur vous appelle
Vraiment, il n'y à pas de nation sous le soleil plus fortunés que is nôtre : Non est alia natio.
b) Le deuxième bien que nous procure la Présence réelle, c’est la tendre Protection d’un père.
“ Mes petits enfants, disait Jésus à ses apôtres au soir de la Cène, il faut que je m' en aille, mais je ne vous laisserai pas orphelins
Mes petits enfants : Filioli ! Nous sommes dene les enfants de Dieu, et Dieu est notre père. Pere, il l'est, Parce qu’il nous a donné la vie naturelle. Dore parce qu'il nous a donné ls vie, bien supérieure, de la grâce, deaf fag notre âme au baptême.
cette vie divine qu’il nous a communiquée. Pere, enfin, Parce qu’il nous aime d’un amour vraiment paternel. Pater noster ! Oui, Jésus est notre Père et nous sommes tous ses petits enfants: flioli,
i hélas ! pourquoi kaut f. 6 bon Sauveur, que le moment où vous nous — — —⅛ cruelle séparation : m faut que je men nile otre vie touche à son terme, demain il vous foudre mourir, demain vous nous Isisseres orphelins Orphelin ! duel mot douloureux ! Mais quelle chose plus douloureuse encore !
Orphelin ! C'est-à-dire un être qui ne connaît pas ce prodige de dévouement, de tendresse, qui s'appelle une mère. Orphelin, é’est-à-dire un être qui
jamais de ses bras caressants, ne pourra se pendre au ct d' une mère.Orphelin, celui qu’un père bien-aimé ne pressera jamais sur son cœur. Orphelin ! celui qu'un aimable baiser maternel n'eflleurers plus. Voilà ce qu'est l'orphelin. Et Jésus va nous laisser ainsi orphelins par son départ cruel? Non, Mes Frères, Jésus nous aime trop pour cela. Ecoutes ses paroles: Non relinquam vos orphanos. Et avant de nous quitter, il institue le Sacrement de sa présence perpétuelle, par lequel il demeure au milieu de nous, non seulement par son souvenir, par sa grâce, par son Esprit-Saint, mais en personne, avec son corps, son âme, avec son amour de père aimant. Désormais, nous ne serons pas orphelins. L'orphelin manque de protection, et nous avons au T. 8. Sacrement, un protecteur puissant et dévoué ; l’orphelin manque de pain, et nous, Mes Frères, n’avons-nous pas en l' Eucharistie le pain substantiel qui nourriten nos âmes la vie de la grâce que nous avons reçue de notre Père? Ce pain, cette hostie, n'est-ce pas notre père qui nous l’a gagnée au prix de son sang ? Que dis-je? Ce pain n'est-il pas la chair substantielle et savoureuse de notre Père? Nous ne sommes pas orphelins. En MEucharistie nous avons un père infiniment tendre qui est là pour nous accueillir, comprendre nos bégaiements, nous ouvrir ses bras et nous faire reposer sur son cœur. Celui qui nous appelait à la Cène : Filioli.
o) Consolations de l'amitié. Le dernier bienfait que nous procure la présence réelle, ce sont les avantages d’une amitié sincère et dévouée.
L'amitié est un des biens les plus précieux de l’homme, C'est une richesse supérieure à toutes les richesses. C'est la suprême félicité parmi tous les bonheurs naturels de certe terre. C'est l’Écriture qui l’affirme: Amico fideli nulla est comparatio.
Qeul sera donc, sur cette terre, l'ami par excellence de nos âmes ; l’ami de tous et de chacun, l’ami d' aujourdhui, de demain, de toujours, l'ami fidèle qui ne trompe ni ne trahit ?
Cet ami véritable, c’est Jésus. Voyons avec quelle perfection.
L'amitié demande l’égalité de condition. Aussi, Jésus dans l’Incarnation s’abaisse jusqu’à notre niveau. II se fa l’un de nous, connaissant nos fatigues et nos misères. L'amitié demande la communication des biens entre amis. Dans l’Incarnation, encore, Jésus nous donne ses paroles, sa doctrine, ses exemples et surtout son sang, sa vie, et le fruit de toute sa vie et de sa mort : notre salut. L'amitié enfin requiert les rapports fréquents. Dans son sacrement, Jésus vient au milieu des hommes, les prechant, les consolant, répandant sur eux ses grâces. Aussi appelait-il souvent les hommes, ses amis. Mais un jour vint, où l’ami céleste dut disparaître en nous donnant le grand témoignage de son amour : le sacrifice de sa vie.
L'humanité allait-elle done être privée du doux commerce de l’ami divin? Non, Mes Frères, car au soir de sa vie, dans le dernier repas d'adieu qu’il prenait avec les siens, Jésus-Christ pourvut à sa survivance parmi ceux qu'il aimait. Il a institué l’Eucharistie, qui est le sacrement de l’amitié parceque c’est le sacrement de l’amour.
CONGRÈS EUCHAR e À Nero vnn 50
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Aussi, après l'avoir institué, Jésus Peut dir. à ses nôtres : Maintenant vous êtes mes amis, car tout c- que je pouvais feir sur vous, je l'ai fait”. Vos dixi amicos !
Oh! oui, l’Eucharistie, c'est le sucrement de l'a. 1itié, car elle est l'ami qui sans cesse habite notr: : re d. A; „% et l'ami accueillant et bon pour tous, se livrant à tous, u aux péc urs mêmes aux traîtres, même aux
— , mime aus Judas.
Elle est l'ami vigilant, qui levé avant noob e matin, nous attend pour bénir le labeur de Ia journée: elle e. ; vigilant qui demeure le soir, nous — à lui pour réparer les détail! … . etrous pardonner les fautes de la
Elle est l'ami fidèle l'ami de Pierre dans sa foi et de Pierre dans sa chute ; me lan, nd mp — ai ans EU mt gL'emi que ren ne ni i n est enfin l' ami compatissant, qui a con faire un cœur plus sensible
circonstances où le cœur a besoin d- À est au pied des autels, et là seulement, que nous trouverons cette tion dont l’homme a tant besoin au cours de son existence. Voilà, Mes Frères, tout ce qu'est la présence eucharistique pour nous.
C'est le commerce d’un Dieu avec ses créatures. C'est la protection d’un Pèe demeurant avec ses enfants, pour qu'ils ignorent la cruelle séparation de l’orphe-
: C'est l'ami fidèle, sincère, sur lequel nous pouvons toujours compter.
— IN — Devoirs des hommes envers la Présence réclle
si voisine, si bienfaisante de notre Dieu en i Poser aux hommes de multiples devoirs.
t ce grand bienfait.
ulité nie cette ine le blasphème, ls maudit et a 8 ran L Voyons dans une rapide esquisse, Comment une partie trop considérable de l’humanité méconnaît devoirs l'Eucharistie, et comment devons remplir nous-mêmes nos devoir — 8
a) L'incrédulité. Au jour où pour ls première fois, Jésus annonce l Eucharistie au monde, l'humanité se récrie, se révolte.t la parole de la Vérité éternelle se heurte à l'ironie, à l’incrédulité : “ En vérité, en vérité, je vous le dis, je euis le pain de vie, le Pain Vivant descendu du ciel. Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang un breuvage. A ces mots mystérieux, appuyés pourtant sur le récent miracle de la multiplication des pains, la foule murmure : Non, dit-elle, ce n’est pas vrai, c’est impossible, cette parole est bien dure à croire et qui la peut recevoir?” Et dès ce jour, plusieurs disciples quittèrent le Sauveur ; ils ne croyaient plus en lui. Hélas ! il faut bien le reconnaître, le nombre des blesphémateurs. incrédules s’est accru au cours des siècles. |
Parce que Jésus, avec une grande condescendance, a jeté sur sa Majesté le voile des espèces, les hommes l’ont méconnu : Durus est hic sermo ! se sont écriés les hérétiques: I' Eucharistie n'est pas le Christ, mais seulement un signe, un souvenir, une image de la ehair de Jésus, un symbole et non une réslité. Ils aecusent Jésus-Christ de mensonge.
Durus est ! ont dit à leur tour les incrédules, les rationalistes de tous les temps; I Eucharistie, c'est une impossibilité, une folie, une superstition ridicule ; ils jettent ainsi leur défi outrageant à la parole de Jésus-Christ. Durus est ! répètent encore aujourd'hui les naturalistes, qui ne veulent plus croire qu’à ce qu'on appelle faussement la science; cette science orgueilleuse et étroite, qui ne sait même pas remonter de la créature au Créateur. Durus est | murmurent enfin une foule de gens qui, sentant le besoin d'être religieux, se réservent pourtant de choisir, parmi les dogmes, ceux qui leur plaisent, et de rejeter ceux qui, comme l’Eucharistie, humilient trop leur orgueilleuse raison.
b) Après l'incrédulité, la haine. La haine, elle se trouve déjà auprès de l’Eucharistie, au jour de son institution. Elle rode autour du Cénacle, fauve malfaisant, parmi les Juifs épiant Jésus pour le mettre à mort.
Elle s’insinue, hypoerite et lâche, au Cénacle même dans la personne de Judas. png savons qu'il assista à la célébration du mystère d'amour, froid, impassible.
Il croyait pourtant à le divinité de son maître, mais son cœur de traître était vide d'amour, et dès les premiers jours de l'Euchauistie, il se posait eme le chef de cette race haineuse que l’on devait retrouver à travers les — ne — et à maudire le sacrement de la
A peine Jésus est-il monté au ciel que la haine s'attaque à son Eucharistie, dans l’Église primitive, et le farce à demander au granit des catacombes un abri contre la malice des hommes.
Durant les premiers siècles, la loi d’un inviolable seeret contraint les fidèles à entourer ce mystère des mêmes ténèbres où d'autres cachent leurs crimes, et cela afin d'éviter les attentats sacrilèges. Mais le persécution s'irrite ; elle atteint l’Hostie jusque dans les tabernacles vivants où elle pénètre,
A men Poitrine des martyrs que transperce un glaive doublement profanateur et meurtrier.
Après la persécution sanglante, voici tout le long des siècles, la persécution hypocrite de la haine, c’est le déchatnement de la profanation et du sacrilège ! La main déicide des Juifs, des renégats, des francs-maçons, des profs.
La haine ira plus loin encore ; des hommes poussés par la fureur diabolique, fouleront aux pieds, écraseront sous leurs talons les saintes hosties ; ils les souilleront de la manière la plus horrible; les emporteront dans leurs logis, et là les perceront de poignards, les frapperont et les crucifieront sur de honteux calvaires. 5
Ne vous étonnes pas, Mes Frères, de ces excès : car de tout temps la
sacrement d’amour.
de l'humanité à la Présence réelle, c'est celle de l'oubli et de l'indifférence, L'oubli fait qu’on la laisse, cette divine Présence, dans l’abandon et l'isolement de ses
est que par amour pour nous. Dieu est là ! et on le traite comme un objet de peu de valeur, dont on ne s'occupe pas. Dieu est là ! et on le 8 Dieu est là ! Au la foule égoïste passe inconsciente, allant à ses affaires et à se Plaisirs. Les palais de la grandeur, de la richesse, de la volupté se remplissent sans cesse de courtisans, de solliciteurs et de curieux ; mais les Palais du Roi des Rois sont vides de chrétiens qui oublient leur Dieu, leurRoi et leur Ami.
L'indifférence nous fait méeonnaître les droits de sa Présence adorable et mépriser son amour. Parce qu'au sacrement Dieu est obscur et sans éclat, les chrétiens le traitent sans respect et sans attention, ils se comportent en sa présence avec une légèreté outrageante. Quel sans-gêne ! quelle grossièreté dans la tenue !
On s'ennuie avec lui ; on est distrait, on dort, on rit insolemment, on . parie et de choses parfois abscènes
Entrons ici en nous-mêmes et frappons -nous la Poitrine ; car tous, plus ou moins, nous avons à nous reprocher, sinon l’incrédulité et la haine, du moins beaucoup de froideur, des oublis cruels, des négligences coupables, quand nous ee à ce qu'est l’Hôte de nos tabernacles, et à ce que nous devrions être pour lui.
Mais ne nous bornons pas à des aveux stériles ; puisque la Présence réelle de Dieu en l'Eucharistie nous impose des devoirs, étudions-les et mettons-les en pratique.
Réponse de la fidélité.
Le premier de ces devoirs, c’est une foi profonde.
La foi est plus nécessaire devant l’Eucharistie que devant les autres mystères, non seulement parce qu'elle les contient tous comme en résumé, mais parce que les sens y montrent le contraire de ce que la raison doit croire. C'est pourquoi le Sauveur réclamait avant tout la foi des auditeurs auxquels il annonçait les mystères eucharistiques : Hoc est opus Dei ut credatis. La foi en Eucharistie est la plus parfaite en même temps que la plus nécessaire, car en faisant acte de foi à ce dogme, nous croyons à la divinité, à l'humanité, à la parole, à la vie de Jésus. Tandis que de ne pas y croire, c’est renier Jésus et détruire son œuvre.
Du reste, le mystère de nos autels est bien fait pour lui attirer la foi de l’homme et la rendre douce et facile. Assurément, nul esprit, même le plus pénétrant, même aidé de toutes les lumières de la science, n’écartera jamais les ombres qui enveloppent ce profond mystère.
Mais comme il devient facile à croire, ce mystère, quand on le considère aux clartés de l'amour ! Le cœur aussi a ses intuitions, plus profondes que celles de l' esprit. Croyons done, Mes Frères, à l'amour infini de Dieu ; à cet amour qui s’est manifesté à la crèche et au calvaire, et nous croirons tout naturellement à l’Eucharistie.
Ayons donc une foi vive, profonde, à l’Eucharistie. Et si jamais quelque nuage d'enfer passait, sous forme de doute, sur le ciel de notre foi, si les quesquestions présomptueuses se posaient à notre esprit touchant l’Eucharistie, sachons dissiper aussitôt ce nuage et chasser ces doutes par un acte de foi profonde et entière à la parole si claire de la Vérité éternelle, et faisons un acte d'amour envers le cœur divin qui a fait de ce sacrement “ l'excès de son amour infini ”.
Que votre foi soit aussi solide et ferme. Et si elle est vive, elle se traduire par l’honneur et le respect. a
Le temple chrétien est un ciel par la présence du Dieu trois fois saint qui l’habite ; nous devons par conséquent imiter les hommages, les respects, les adorations des anges et des saints. Oh! comme les saints sont fidèles à ce
devoir ! imitons les saints, soyons respectueux en présence du T. 8. Sacrement, chassant toute distraction volontaire, soyons recueillis ; Sans nous en douter, ce sera un vrai sermon que nous precherons tous, si nous sommes animés d’une foi vive à la Présence réelle,
Je passe rapidement sur tous ces devoirs que nous impose la Présence réelle de Dieu au milieu de nous, pour m'étendre un peu sur celui qui me paraît être le plus important, et sur lequel je veux, en terminant, attirer spécialement votre attention C'est la Visite au T. S. Sacre ment.
Et d’abord, Mes Frères, ne vous étonnez pas de m'entendre appeler la Visite au T. S. Sacrement, un véritable devoir.
On ne persuadera jamais à une raison droite Jésus-Christ soit de demeurer parmi nous, en relation avec Lui. Adm part qu’un simple désir, qu’une amicale in désir, refuser cette invitation supposerait un
La p eucharistique des fidèles. des relations
i pour nous un de consola
ses serviteurs en leur un roi, qui vient éblouir , et mendier
offrir leurs homm nous invite aussi. i le retient, et nous refuserions de venir ?
Non, ce n'est pas possible. Les convenances nous font un devoir de visiter notre Roi. La reconnaissance nous impose de visiter un bienfaiteur, l'amour de visiter notre ami car l'amour a ses lois auxquelles un cœur bien né se fait une obligation d’obéir.
Mais à défaut de tous ces titres sacrés, nos propres intérêts suffiraient à nous imposer cette pratique, car elle est pour nous un besoin.
Un besoin de lumière et de conseil d’abord,
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Combien de fois le eur humain est ébranié dans voies et chancelle,
‘incertain, sur le chemin de la vie.
L'âme regarde de tous côtés,-dans toutes les disections, et elle ne découvre
que les ténèbres les plus épaisses.
Pauvre âme, si agitée par le doute, par l'épreuve, venez passer quelques instants au pied des autels ; là vous trouverez l’ami-divin et le conseiller qui fera descendre en votre âme un calme bienfaisant, et fera brilller sur votre horizon la clarté céleste qui illuminera vos voies. Venez à Jésus, o Ame triste, indécise, exposez-lui vos doutes, consultez-le. Il vous répondra, Il vous dira la parole inconnue, mystérieuse dont vous avez besoin. Il parlera à votre âme recueillie et vous fera comprendre cette parole qui résume tout l'Évangile : Que sert à l’homme de gagner l'univers, s’il perd son âme ?
Il vous montrera les plaies spirituelles qu’il faut guérir, les vices qu’il faut corriger, les occasions qu’il faut fuir et les difficultés dont il faut triompher.
Il vous inspirera de généreuses résolutions et avant de vous séparer de Lui, vous sentirez une lumière calme et tranquille qui vous inondera de clarté.
J'ajoute que la visite au Saint Sacrement est encore pour vous un besoin de ion.
Nous visitons souvent nos amis, pour puiser dans les épanchements de l’amitié un surcroît de bonheur dans nos joies, et une consolation dans nos peines.
Il est une multitude de cironstances où, sans savoir pourquoi, le cœur a besoin d’un ami ; ilen a besoin quand ce ne serait que pour deviser ensemble sur ce qui semble des riens,, sauf à un cœur aimant. Il en a besoin surtout quand il souffre, quand il est déchiré par le contact cruel des tristes réalités d’icibas. En toutes ces circonstances l’ami sûr et fidèle, vous le trouverez à l'autel. Dans la prospérité comme dans l’adversité ; dans les larmes comme dans la joie, Jésus-Christ est cet ami, ce confident que rien ne remplace et qui tient lieu de tout le reste. Chaque visite qu’on lui fait, nous fait découvrir en Lui de riches trésors de tendresses, d’amitié pour nous. Oh! qu'il fait bon de gémir et de s’épancher aux pieds de Jésus! Que de larmes séchées, que de tristesses disparues, que de désespoirs calmés dans une visite à l’Hôte du Tabernacle !
Sans doute, il ne s’agit pas de supprimer l’épreuve nécessaire pour expier le péché et gagner le ciel, ni de changer la terre d’exil en paradis de gloire ; mais il s’agit de rendre la douleur supportable, l'épreuve méritoire, les larmes moins amères ; de soutenir, en un mot, l’espérance, de la rendre inébranlable, au milieu même des plus inconsolables chagrins.
Et voilà ce que fera pour vous la présence de Jésus, si vous êtes fidèles à le visiter fréquemment.
Mais, n’avez-vous pas, mes frères, encore un autre besoin? Le besoin de secours? Etes-vous riches des biens surnaturels? Etes-vous forts dans l’accomplissement du devoir et dans les combats de la vertu? N’êtes-vous pas, au contraire, faibles, fragiles, incapables du moindre bien? Où trouverezvous la force, le soutien, les sccours innombrables que vous réclamez ?
MIDI-AHOVS A4 SAHTUJ SAQ 497710.) a
Où? si ce n'est au pied du tabernacle? Vous dépendez de Dieu de mille manières, car de Lui seul, vous viendront tous les bienfaits, les grâces, les secours indispensables pour assurer la vie du temps et surtout celle de l'éternité.
Or, ces grâces, vous ne les obtiendrez que par la prière. Et la prière, où sera-t-elle meilleure, plus efficace, plus sûre d’être exaucée? Devant le Tabernacle. Là, vous vous trouverez enveloppés d’une atmosphère de recueillement, de confiance, de ferveur qui rendra plus ssinte votre prière, et lui permettra d'atteindre plus directement Celui à qui elle s’adresse et qui peut l’exaucer, Car vous serez aux pieds même du Sauveuf très bon, qui passa sur la terre en faisant le bien, dont les Yeux s’ouvraient sur toutes les infortunes, les oreilles à toutes les demandes, les mains à tous les bienfaits, et dont le cœur vibrait d'émotion à toutes les misères !
toutes ces considérations, il que je vous La visite est un importance,
complir votre devoir dans toute la m visites que nous devons faire, 1°— Les visites d'étiquettes, c'est-à-dire les dimanches et fêtes où l’église 2° — Vous ferez enco c'est-à-dire celles qu'imn apparat: adorations,
amitié, et ce sont celles- T. S. Sacrement.
adresse Jésus-Hostie : “ Venez tous, vous vous qui souffres, et je vous soulagerai. Venez, vous qui êtes tristes, et je vous consolerai. Venez, vous qui avez besoin de lumière et de conseils 5 vous qui êtes faibles, et je vous soutiendrai; us relèverai Ne rest
„ visites délicieuses, multipliez-les : “ Heures du Paradis, avant-goût
Le troisième jour