II. Obligation de visiter les malades
Mais c'est surtout lorsque la mort menace les pauvres âmes que le pasteur doit déployer tous ses soins et tout son sèle pour leur offrir et leur faire -" cepter les secours que le Christ a institués pour les mourants. A ce moment en effet, le démon redouble d'efforts pour entraîner dans l'abtme celui qui va
son salut.
C'est pourquoi, selon les prescriptions du Rituel romain, non seulement le curé doit se rendre auprès des malades aussitôt qu’il a été demandé, mais il
les malades qui pour une raison ou pour une autre retarderaient de le faire demander dès le commencement de leur maladie: , Parochus in Primis meminisse debet, non Postremas esse muneris sui partes, ægrotantium curam habere. Quare cum primum noverit, quempiam F7 @grolare, non ezpectabit, ut ad cum vocetur, sed ultra ad illum accedat. ” Un centurion dit un jour à Jésus qu'il a un serviteur malade. Le Sauveur n'attend pas qu'on lui demande d'y aller: il s'offre : j'irai, dit-il, et jele guérirai. Voilà bien notre modèle à tous.
Cette obligation de rechercher les malades afin de leur offrir les secours de la religion est des plus sérieuses. Le curé, dit Berthier (N. 1369), est tenu en justice d'assister les malades, surtout dans la recommandation de l’âme : cette proposition est certaine et prouvée par le consentement unanime des théologiens. II est surtout obligé, dit saint Liguori, de donner une particulière assistance aux mourants qui ont été dans les habitudes du péché.
Le Rituel ajoute qu’il ne se contentera pas d'une visite, mais qu'il devra se rendre plusieurs fois auprès du malade, autant que cela sera utile: Idque non semel tantum, sed sæpius, quatenus opus fuerit. Si la maladie devient grave, les visites devront être plus fréquentes, et le pasteur ne cessera d' employer tous ses soins à assurer le salut du pauvre malade : “ Ingravescente morbo Parochus infirmum Jreguentius visitabit, et ad salutem diligenter juvare non desinet. ”
Un vénérable curé me racontait tout récemment un fait qui montre combien
est sage cette prescription du Rituel de visiter souvent les malades, surtout à l'approche de la mort. Un homme gra vement malade avait fait sa confession et avait reçu tous les derniers sacrements, avec, apparemment, de très bonnes dispositions. Cependant le curé ne êessa de le visiter régulièrement et souvent il lui demandait s’il n'avait pas quelque chose qui put inquiéter sa conscience. Plusieurs jours se passèrent ainsi, lorsque, touché par les paroles encourageantes et les pieuses exhortations du curé, le malade demanda à se confesser de nouveau... Sa mort ne tarda pas à devenir imminente, et les visites du curé n'en furent que plus régulières. Le ciel allait bientôt récompenser son zèle et son dévouement.
Peu de temps avant de mourir, en effet, le pauvre moribond profits d'une de ses visites pour se confesser une dernière fois. O bonheur ! dans. cette E troisième confession il a le courage de tout avouer : jusque là le respect humain | lui avait fait cacher une faute mortelle et, déclara-t-il, si le curé ne s'était pas ; montré aussi bon, aussi intéressé aux choses de son àme, il n'aurait jamais eu le co i
un malade, il ne nous reste pl peut ouvrir le ciel à une âme.