III. Conduite à tenir envers leo malades
a) Si le malade curé doit lui offrir immédiatement Le selon la direction du Rituel romain :
ment ou non, quelque chose
prètent dans un sens large.
réellement alités ; il suffit maison en
son privilège, alors it pas écoulé un mois depuis que la maladie l'empêche de rester à jeun jusqu’à l’heure de la communion, car le décret dit qu’il faut être alité depuis un mois, et non qu’il faut avoir été incapable de communier à jeun un mois. | Quel est le sens de l'expression par là qu’on peut prendre substance solide, comme par exemple que l’ensemble ne
i pâtes ou ris en 8 (Ct. Co Montréal, p. 681.) Une troisième et dernière question communion à jeun une ou plusieurs semaine, jouir du privilège de communier Croyons pour les saisons suivantes :
— ne CPP
a) Le décret, en effet, renferme un véritable privilège comme l’a exposé M. l'abbé N. Gariépy, l’éminent professeur de Théologie morale à l’Université Laval de Québec, dans une séance du XXIe Congrès Eucharistique International (cf. p. 650). Partant, on peut se servir du principe qui veut qu’un privilège s’interprète dans un sens large.
b) De plus, si l’on examine le texte du décret, on trouve que le privilège de communier deux fois sans être à jeun est accordé à tous les malades pourvu qu'ils satisfassent à trois conditions : a) qu’ils soient alités depuis un mois : b) qu'ils n'y ait pas d'espoir certain de prompte guérison ; o) qu'ils aient l'avis de leur confesseur.
Vainement nous chercherions dans le décret une autre condition: par exemple celle de n'avoir pas fait déjà la sainte communion à jeun dans le cours de la semaine. Puisque le décret ne parle que de trois conditions, nous n'oserions pas, pour notre part, ajouter une quatrième condition qui non seulement n’est pas mentionnée dans le décret, mais qui paraît même contraire à l'esprit qui a présidé à sa rédaction: celui de favoriser le nombre de communions.
e) Et l’on comprend quel inconvénient cela pourrait avoir en pratique. Supposons par exemple qu’une religieuse malade soit dans les conditions voulues pour jouir du privilège. Or au commencement de la semaine elle se sent capable de rester à jeun, et par respect pour le sacrement, elle fait ainsi deux communions. Mais voilà que la maladie devient plus incommodante, au point qu’elle ne peut plus rester à jeun. Il faudra donc pendant le reste de la semaine priver cette religieuse de la communion qu'elle désire cependant de toute son âme et dont elle a besoin pour l’aider à supporter sa maladie. Cela paraîtrait quasi cruel. Nous ne croyons done pas qu’un prêtre puisse agir ainsi en s'appuyant sur le décret et retrancher un privilége qui est accordé à une personne qui satisfait parfaitement aux conditions exigées pour en jouir.
d) Pour mieux saisir la force de cet argument, supposons maintenant que cette religieuse fasse ls sainte communion sans être à jeun deux fois au commencement de la semaine. Pendant les jours qui suivent, sa maladie l'incommode moins et elle peut rester à jeun jusqu’à l’heure de la communion. Faudrait-il lui refuser la communion parce qu'elle a fait usage de son privilège ?
ne serait pas raisonnable. Donc on peut dans la même semaine jouir du privilège et faire d'autres communions sans être à jeun. Car, en vérité, quelle différence peut-il y avoir entre jouir du privilège au commencement ou à la fin de la semaine ?
Nous concluons donc que le privilège de communier sans être à jeun n’est pas accordé au détriment des communions que l'on peut faire à jeun ; il est plutôt donné dans le but de favoriser le nombre de communions dont ces malades ont besoin pour endurer chrétiennement leurs souffrances. Partant. dans aucun cas, l’usage du privilège n’est exclusif des autres communions que le malade peut faire dans les conditions normales.
L'Hisrontodnarnt pr Conarès
Voilà pourquoi nous acceptons bien volontiers, aussi longtemps que l'autorité compétente n aura pas tranché la question, l'opinion de Noldin : At nikil impedit quominus bis in hebdomada communicet non jejunus er morbo non gravi decumbens, aliis autem diebus jejunus, jejunium quamois cum dift- 0 0 0
de l'unĩvers et qu'il distribuait de sa main à ceux qui le visitaient. () S'il s'agit d'un malade en danger de mort, le prêtre doit proposer immé-
Viatique, si c'est possible, et le prêtre est obligé de le lui donner.
l'y a danger probable de mort, quand probablement la mort surviendra, Parce que dans telles circonstances elle a coutume d’arriver fréquemment ainsi ceux qui sont atteints d’une maladie mortelle ou d’une maladie qui peut causer la mort, ceux qui sont sur le point de subir une opération vraiment périlleuse, sont dans un danger propable de mort. On peut encore
() Consulté à ce Le un de nos plus éminents moralistes répondit qu'il intrefait de cette manière le susdit privilège et en agissait ainsi dans les communautés euses. D'ailleurs, Anneau, S.J. dans un récent ouvrage dit clairement que : Supradicti possunt aliis diebus feiuni communicare, si incommodum in
que l'on porte la Sainte-Eucharistie Privatim, c’est-à-dire en n’ohservant pas les prescripns du Rituel, aux personnes qui ne ent sortir de chez elles à cause de leur mau- Yaise santé et qui voudraient comm par dévotion, si surtout plusieurs personnes le demandent dans la même paroisse ou que l’une le demande frequemment ? PON$E : Aflirmativement, pour une cause juste et raisonnable, en observant 1247 nt le rite établi par Benoît XIV dans le décret Inter omnigenas, du 22 dévrier 1744, ainsi conçu : Le prêtre aura toujours une-étole couverte de vêtements conve- — ; il mettra la custode dans un petit sac ou me bourse qui, suspendu à — — Par des cordons, reposera sur sa itrine ; et jamais il n'ira seu mais accompagné au 22 5 à défaut d'un — Conpropation de la Discipline des Sacrements
u congrès régional d' Vamaska, Sa Grandeur J.-S.-H. Bruneault à permis que l’on se serve du 1 — dont il est question dans ce 8 2 ous les donnons et nous exposons la doctrine d’après Gantépr : Noureau code d. e. et ii. morale, p. 50 et s.
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dire que le danger probable de mort existe chaque fois que la maladie est d'une nature telle que, même bien soignée, elle puisse amener un dénouement fatal, soit par elle-même, soit par des complications qu'elle entraîne habituellement.
Dans ce cas, y a-t-il obligation pour le malade de recevoir la sainte communion ? Oui, répondent tous les théologiens à la suite de saint Alphonse. La raison en est qu'il y aurait grand risque à attendre l'article de la mort pour donner le Viatique. Aussi le Rituel et le Code (C. 865) prescrivent de ne pas trop différer de donner la communion aux malades, et ils enjoignent à ceux qui ont charge d’âmes de veiller à ce qu'ils la recoivent assez tôt, lorsqu'ils ont encore le plein usage de leurs sens.
De ce qui précède, devons-nous conclure que le curé est autorisé à donner le Viatique dès le début d’une maladie grave? Écoutons la réponse de l’Ami du Clergé (1 oct. 1909) : Nous pensons que les malades atteints sérieusement d’une maladie dangereuse, par exemple, de la fièvre typholde, peuvent recevoir dès le début de la maladie la communion à titre de Viatique car quand la maladie est dangereuse de sa nature, on peut administrer l Eucharistie dès le début du danger probable. En effet. la Sacrée Congrégation de la Propagande a répondu le 20 février 1801, que les missionnaires peuvent donner la communion en viatique aux malades qui souffrent d’une maladie mortelle, et qui cependant vivront encore plusieurs mois.
Ceci paraît d’ailleurs en parfaite conformité de doctrine avec l’enseignement donné par le cardinal
Pour savoir s’il est dans le cas de comnon sa nécessité, mais sa commodité. *” Mais que doit-on faire dans le doute si lo danger de mort existe réellement ? On doit encore donner la communion, même en viatique, se rappelant avec tion du jeûne
“ Aussitôt qu'il apparaîtra que le médecin a déclaré que la maladie est dangereuse, on peut toujours donner le Viatique, même si le médecin assure que très probablement le malade en reviendra ou que, si la maladie pourauit son cours, il aura certainement le temps n ire pour accomplir ce devoir. ” Donc il n'est pas nécessaire d'attendre que le médecin avertisse que le danger existe: il existe par le fait que la maladie grave de sa nature est déclarée. ”
Nous terminons cette question du Viatique par les remarques suivantes : a) Le code Benoît XV exempte de l'obligation du ane tous les fidèles en danger de mort. de quelque cause que provienne le danger :
b) Si autem probabile adeit mortis periculum, diam non Nets dort potsst (Wiaticum),nec in hoc periculi probabilitate æstimanda sorupulose e pressdsndum, ait S. Alphonsus. (Ojetti, n. 4060.)
e) La communion en viatique une fois donnée, peut être renouvelée tous les jours.
d'une maladie grave, les sacrements de Pénitence et d' Eucharistie. 5) 17 2 obligation de recevoir la sainte communion du moment qu'il y a danger probable de mort, car c'est lorsqu'on a encore le plein usage de ses sens qu'il faut recevoir ce sacrement. -
Or ici nous nous demandons si les fidèles de nos paroisses en général manifestent toujours le désir de recevoir les sacrements de Pénitence et d' Eucharistie au commencement de leur maladie, et le Viatique du moment qu'un danger probable de mort est constaté? Nous ne le croyons pas. Assez sou-
mois sur un lit de souffrances sans avoir le bonheur de recevoir le Dieu qui console et fortifie dans la maladie : les parents s'y opposaient en disant que le fait d'apporter le bon Dieu à la maison faisait trop penser à la mort. Aussi le tableau suivant ne nous parait pas chargé de fausses couleurs.
Le monde se fait du Viatique cette étrange idée, qu'il est le précurseur de la mort et qu'il l'amène nécessairement à sa suite. Son nom inspire de l'effroi ; on l’écarte du malade ; on recule son arrivée et il vient toujours trop tot; on l’entoure de je ne sais quelle sombre fatalité ; le prêtre qui l’apporte est le héraut du fossoyeur ; on redoute le son de la cloche bénite qui annonce sa présence. Aussi s’efforce-t-on de le retarder le plus possible: tant qu'il n’est pas venu, il semble que tout espoir n'est pas perdu ; à son départ il emporte la dernière espérance, et la mort ne tardera pas à venir. Tel est le préjugé regrettable répandu dans bien des familles. ”
isqu il en est ainsi, il est évident que nous devons travailler à faire cette erreur là où elle existe, à rétablir dans les esprits la véritable
aux fidèles que le Viatique c'est la mort chrétienne, la douleur consolée ; l'espérance relevée ; c’est l'écho de la cène de Jésus qui répète fidèlement à travers les siècles, au-dessus de la couche de l’agonie humaine, ces paroles de suprême amour : Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu'à
Aux diverses explications que nous devrons donner pour démontrer ces vérités, apportons encore l'exemple du Sauveur lui- meme. C'est à l’heure-
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de gon agonie que Jésus institua l'Eucharistie : elle est donc le sacrement de l’agonie chrétienne, et c'est Pour ceux qui se trouvent à cette heure terrible que Jésus dit très particulièrement cette parole que saint Thomas regarde comme la formule même du précepte de recevoir le Viatique en temps de maladie : Faites ceci en mémoire de moi. Comme s'il disait : Quand vous vous trouverez comme moi sur le point de quitter la vie, d'entrer dans les passes cruelles de l’agonie, quand vous sentirez votre âme se débattre pour briser les chaînes de son enveloppe corruptible, alors souvenez-vous que je me suis communié moi. même, et fortifiez-vous en communiant à votre tour: Faites ceci en mémoire de moi.
Enfin ajoutons, en y insistant, que la sainte communion est la force du chrétien lorsque la maladie grav i
mmence à le saisir : le passé avec ses fautes : frayeurs peut-être, qui se dressent devant lui. Or pour soutenir le mourant contre cette triple attaque, c'est au d. ns, au centre de l’être qu’il faut placer la force dont il a besoin. Et cela s'obtient en introduisant le Viatique dans l’âme du malade.
Alors Jésus fortifie, élève l’âme au-dessus d'elle-même ; il murmure dans ses secrètes profondeurs ees mots sacrés : Père, Père, non ma volonté, mais la vôtre
N'a-t-on pas vu souvent,sur une couche chrétienne, l’agonie ressembler au soir d'un beau jour et la triste chambre mortuaire transformée en un portique du ciel? C'était l’œuvre de Jésus qui a rassemblé, réuni, condensé tous les mérites, toutes les vertus de ses souffrances et de sa mort dans le saint Viatique et qui par ce moyen apporte à l’âme la générosité dont elle a besoin pour unir joyeusement le sacrifice de sa vie à celui de son Sauveur.
Sur son lit de souffrances, loin de redauter la venue de Jésus sous l’hostie du Viatique, le pauvre malade la désirera avec empressement s'il a bien compris et médité pendant qu'il était en santé, la vérité profonde de ces paroles : „Sous la sainte hostie que le prêtre vous apporte, il y a celui qui décide de l'éternité bienheureuse et qui la donne à ceux qu'il aime. Jésus se donnant en Viatique, semble s'engager à être juge doux et miséricordieux. S'il ne voulait pas vous sauver, se donnerait-il ainsi? Ne vient-il pas signer de sa propre main votre recours en grâce et votre cédule pour le ciel? Votre juge de tout à l’heure, c’est ce Christ qui vient sans appareil et sans faste; qui entre si modestement dans votre modeste chambre: c'est celui qui vous dit par la bouche de son ministre : “ Que cette hostie du Christ garde votre âme de l’ennemi mauvais, et vous conduise à l’éternelle vie ; c'est celui que vous baises de vos lèvres,que vous introduisez dans votre poitrine et que vous serres dans vos bras. C'est ce Jésus du Viatique, si bon de ce côté-ci de la vie, qui apparaitra de l’autre Pour vous juger : quelque frayeur que vous éprouvies d'être traduit à son jugement, prenez confiance. Pourra-t-il ne plus se souvenir du pauvre qu’il visitait il n' a qu’un instant, pour lui donner un dernier
gage d'amour, une dernière assurance du salut?” (Cf. rmsxrène : Nome et
Travailler avec sèle à faire disparaitre la peur du Viatique et à donner aux âmes le pieux désir de le recevoir le plus tôt possible, du moment que la maladie les a frappées, von ce que nous appelons une prédication opportune, et qui se rattache intimement aux devoirs eucharistiques du prêtre envers les malades.
Eztréme-Onction
A ce devoir pour le prêtre, de munir le malade du saint Viatique le plus tôt possible, l’on doit ajouter celui de donner IExtreme-Onction. Ce sacre. ment, en effet, a été institué, semble-t-il, pour accompagner le Viatique toutes les fois qu'il s'agit d'un danger de mort provenant de la maladie, De plus,
sacrement de l' n et de faire disparatire La crainte de le recevoir
A cette question, nous répondons que le prêtre peut, et même doit charit, conférer l'Extrême-Onction au commencement d'une maladie grave de sa nature, et cela pour les raisons suivantes.
J. Il peut le faire
a) Cette doctrine découle clairement du texte de saint Jacques (v, 14) : “Quelqu'un parmi vous est-il malade, qu'il appelle les prêtres de l'Eglise, et qu'ils prient sur lui l'oignant d'huile au nom du ? Ce texte permet de conclure, avec tous les théologiens d-
Aussi, dans une circulaire à son ses prêtres qu’il suffit pour donner l'Extrême-Onction, d’une maladie qui soit de nature à faire craindre la mort.
5) D'après le nouveau code de Droit Canonique, le sujet de l’Extrême-
c'est celui qui est “ in periculo mortis ”, et d'après le Rituel, es ann les fidèles “ oita icli * Benoît XIV explique le sens de cette
expression en disant : * Via autem periclitori dicenti sut nus gravi
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morbo laborant.” C'est dire clairement que le danger de mort, condition requise pour recevoir l'Extrême-Onction, existe par le fait que le malade est atteint d’une maladie grave de sa nature. Ce danger peut-être plus ou moins imminent, mais il suffit qu'il existe. La vieillesse elle-même équivaut à une
ie dangereuse lorsqu'elle peut amener la mort d'un jour à l’autre, Dans le doute si le danger de mort existe réellement, on administrera l'Extrême- Onction sous condition, dit le code de Droit Canonique.
o) Tout ceci paraît d'accord avec la recommandation suivante que donne le catéchisme du Concile de Trente ; C'est cependant une faute très grave (gravissime peccant) de ne donner l'Extrême-Onction au malade qu’au moment où tout espoir de guérison est perdu, et où la vie semble déjà l'abandonner avec l’usage de sa raison et de ses sens.