‹ Les grands kystes non parasitaires de la rateChapitre 49 sur 51 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

IL — Sur les grands kystes non parasitaires de la rate les divergences de vues sont très grandes ; et les multiples travaux qui leur ont été consacrés n’envisagent en général qu’un seul aspect de la question. De ce fait, trop souvent, les faits ne sont pas comparables entre eux.

If. — Les grands kystes non parasitaires de la rate sont relativement peu fréquents. Néanmoins, si l’on en croit diverses publications, leur nombre doit atteindre à ce jour environ 120 à 130 observations publiées.

II. — Une distinction majeure doit être établie. IL est indispensable de séparer : d’une part les FAUX KYSTES, d’autre part les VRAIS KYSTES.

IV. — Cette distinction doit reposer uniquement sur une base anatomique stricte : l’existence d’une paroi propre, clivable, dont la face interne est luisante, qui se moule sur les cloisons fibreuses du réticulum splénique qu’elle refoule sans les détruire. Cette paroi doit être considérée comme le critérium indispensable caractérisant les VRAIS KYSTES.

V. — Un revêtement cellulaire interne doit toujours être recherché : il existe fréquemment. Mais malheureusement, souvent, du fait de la tension, d’une hémorragie intra-kystique ou même simplement du fait des grandes dimensions de la cavité kystique, il peut disparaître. Cependant, pour le rechercher avec le maximum de chances de succès, il faut se diriger dans les régions les plus profondes de la paroi, vers les récessus multiples qui la dépriment au voisinage, au contact du moignon de rate restante.

VI. — Le type du revêtement cellulaire est différent suivant les cas ; et l’on peut décrire deux grandes variétés :

— kystes endothéliaux ; Fe:

— kystes épithéliaux — parmi ces derniers, il est fréquent de pouvoir observer un épithélium épidermoïde, il est indispensable pour le constater avec précision d'utiliser des méthodes de coloration électives.

VII. — Les kystes non parasitaires de la rate sont une affection des sujets jeunes, un peu plus de 62 % des cas concernent des sujets de moins de 30 ans.

VIII — L'allure clinique est souvent des plus variables. Aucune symptomatologie fonctionnelle ou générale n’est pathognomonique. C’est la constatation d’une tumeur de lhypochondre gauche qui constitue, le plus souvent, le seul élément du tableau clinique.

IX. — La disparition fréquente du caractère nettement évocateur de la rate que constitue la constatation d’un bord antérieur tranchant et crénelé rend souvent le diagnostic de splénomégalie difficile. Les examens radiologiques sont souvent le seul moyen d'aboutir à ce résultat. Les tumeurs du rein, les tumeurs de la queue du pancréas constituent les deux diagnostics les plus difficiles à éliminer.

X. — L'absence de toute modification, de tout trouble de la formule hématologique et de la crase sanguine est le plus important des éléments différentiels de ces tumeurs parmi les autres splénomégalies. Cependant il est deux ordres d’affection qui constituent à notre avis les problèmes les plus délicats à résoudre : la maladie de Banti à son stade de début : les tumeurs primitives de la rate, d'autre part.

XI. — Le seul traitement rationnel à leur appliquer est la splénectomie. Bien qu'il s'agisse de sujets jeunes, elle n’entraîne aucun trouble important ni du développement somatique ni de la fonction sanguine.

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XII — La pathogénie est encore impossible à préciser avec certitude. Des différentes hypothèses qui ont été propo-

-sées, on peut retenir :

La théorie de l’inclusion des germes de CONHEIM qui semble devoir être la seule retenue en ce qui concerne les kystes à revêtement épidermoïde.

La théorie de formations autochtones, à partir d’un élément quelconque du parenchyme splénique qui a été défendue par un certain nombre de partisans avec des arguments séduisants.

La théorie de la dilatation lymphatique que l’on ne peut absolument éliminer et qui semblerait même fort probable dans les cas de kystes à revêtement endothélial.

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