INTRODUCTION
Les kystes non parasitaires de la rate ont été l’objet de travaux et de publications multiples. Mais ce qui est extrèmement frappant à leur lecture c’est de se rendre compte de la diversité des tumeurs décrites sous ce nom.
Bien souvent en effet, il a suffi de découvrir dans la rate une tumeur liquidienne pour la qualifier de kyste. Or qui emploie le mot de kyste se soumet à une définition anatomique précise : on ne peut donner ce nom qu’à une collection liquide limitée par une coque continue dont la paroi est tapissée d’un revêtement cellulaire.
Ces kystes spléniques sont, il est vrai, relativement rares ; c’est sans doute encore une des difficultés de leur étude. La dispersion de cas isolés entre les mains d’auteurs divers, la hâte de vouloir conclure, et ceci souvent sur des observations qui manquaient de quelques éléments indispensables (histologique en particulier), la difficulté de comparer alors toute autre observation à des documents aussi incomplets, multipliaient encore les écueils devant toute tentative d'étude d'ensemble.
La distinction élémentaire entre VRAIS KYSTES et FAUX ou PSEUDO-KYSTES établie, on peut trouver dans la rate divers types de kystes.
Eliminant les petits kystes multiples, le plus souvent souscapsulaires, et les dégénérescences poly-kystiques du parenchyme splénique, nous n’aurons en vue ici que les kystes à grande cavité unique, que celle-ci soit multiloculaire ou uniloculaire, ce qui est le plus fréquent.
Abandonnant, de toutes les classifications successivement proposées et employées, toutes celles qui se basaient sur l’aspect du contenu kystique ou sur une hypothèse pathogéni-
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que, il nous a semblé plus objectif d'utiliser une classification qui s’appuyât uniquement sur l’étuge histologique de la paroi kystique et essentiellement sur le type de son revêtement interne. Cette distinction présente des difficultés : elles tiennent avant tout à la fragilité, à la disparition fréquente du revêtement cellulaire ; mais nous verrons que certaines précautions indispensables, prises au moment du prélèvement des fragments à examiner, peuvent parer dans une grande mesure à cet écueil.
Au cours de notre année d’Internat, chez notre Maitre M. le Professeur GRÉGOIRE, nous avons eu l’occasion d’observer un cas clinique, nous avons eu le bonheur de retrouver dans les dossiers de la Clinique Chirurgicale de l'Hôpital Saint-Antoine, une observation inédite vieille d’un an. C’est sur cette base que nous avons entrepris ce travail, il est venu s’y ajouter une autre observation inédite que nous devons à l’obligeance de M. le Docteur POILLEUXx.
Parmi toutes les observations retrouvées dans la littérature que nous avons pu contrôler, dont le total atteint près de 150, nombreuses sont celles que nous avons dû abandonner parce qu'elles manquaient de détails suffisamment précis, ou d’éléments indiscutables à leur maintien dans le cadre que nous nous étions fixé ;et en définitive nous n’avons conservé que 49 observations, dont 46 seulement ont été étudiées cliniquement et dont 32 possèdent un revêtement cellulaire.
Sur l’étude de ces 49 cas, après un aperçu historique et l'établissement d’une classification, nous avons essayé de dégager l'allure anatomo-clinique des grands kystes non parasitaires de la rate. Par la suite, après avoir envisagé les différents modes de traitement qui avaient été proposés, et montré la supériorité incontestée de la splénectomie, nous avons tenté de résumer les si diverses opinions pathogéniques émises sur cette affection, les faits qui semblent plaider en faveur de l’une ou de l’autre, mais sur lesquels il est
encore impossible de conclure à coup sûr dans l’état actuel de la question.