‹ Les grands medicins du xixe siècleChapitre 15 sur 17 · GIRAUD-TEULON · texte numérisé non relu

GIRAUD-TEULON

Giraud-Teulon, en introduisant les principes de la physique mathématique dans l’étude de l’œil et de ses troubles fonctionnels, fut un véritable novateur comme Donders en Hollande et Helmholtz en Allemagne. Ce savant lut le plus modeste des hommes, il n’a jamais vulgarisé ses travaux, et le public, même médical, ignore généralement leur grande valeur.

Né en 1816 à la Rochelle, il fit de fortes études mathématiques à l’École polytechnique, puis à l’École de Metz. Il reconnut vite que le métier militaire n’avait aucun attrait pour lui, et il se rendit à Montpellier où il suivit les cours de la Faculté de Médecine. Reçu docteur en i848, sa thèse révélait déjà la tendance de son esprit scientifique. Elle était consacrée à l’étude d’un problème

LES OCULISTES

de mécanique physiologique : il déterminait, par l’analyse géométrique, l’action des muscles intercostaux dans le mécanisme de la respiration.

Mais bientôt la politique l’arrachait à la science ; le gouvernement provisoire le nomma commissaire extraordinaire dans l’Ardèche, puis préfet des Hautes-Alpes. En i85i, éloigné de France pour des raisons politiques, il se rendit à Nice, ou il exerça la médecine, tout en donnant des leçons de physique et de mathématiques. Il revint ensuite à Paris, où il composa son Traité de mécanique animale, couronné en i858 par l’Académie des Sciences. Puis il se consacra complètement à l’ophtalmologie, où il devint un maître incontesté et universellement admiré. Avant lui on examinait le fond de l’œil avec un ophtalmoscope unioculaire, d’un maniement peu commode ; il imagina l’ophtalmoscope binoculaire à l’aide duquel les deux yeux de l’observateur fonctionnent comme s’ils étaient simplement munis de lunettes, il avait aussi construit un ophtalmoscope extrêmement ingénieux, muni d’une petite lampe Edison, à l’aide duquel le fond de l’œil est fort bien éclairé, sans que l’on ait les embarras qui résultaient de l’éclairage par une lampe.

Il étudia la myopie avec un soin particulier et détermina les conditions dans lesquelles elle devait être incompatible avec le service militaire. Le Mémoire qu’il a con-

Page 1