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LE BUREAU VERITAS

En 187)1, le Bureau Veritas reconnut la nécessité de préciser les bases de ses classifications en traçant les régies que devraient suivre, dans leur consiruclion, les navires en hois pour mériter une cote. Vers 1867, il établit des régl(*s pour la construction des navires en ier; peu de temps après, il s\)ccupa aussi, spécialement, des machines, en stipulant les conditions à exiger des aciers employés, puis édicta d'autres prescriptions visant tous les détails de la construction, de Tarmement, etc.

Depuis 1890, le Bureau Verilas a été officiellement reconnu comme société de classification par le Board ofTrade et a reçu de cette institution les pouvoirs nécessaires pour déterminer et marquer la ligne de charge des navires soumis ù la loi anglaise.

Il n'est |>as inutile d'expliquer en qu(»lques mots h» principe de classification du Bureau Verilas et la manière dont sont obtenus et contrôlés les renseignements qu'il publie.

Pour les navires en bois, la cote dépend en premier lieu de la nature des essences employées <lans la construction, certains bois durs comme le chêne ou h* teak, par exemple, ayant uiw durée supérieure à (*elle du bouleau et du sapin. La commission de classilicaticm tient compte encore de la salaison du bois qui en prolonge* la résistance, i\c la qualité des cli(»vill(»s, t»nfin de la surveillance cwercée pendant la construction. Le navire est alors classé dans un lype représentant le nombn* d'années pendant b^sepielles il peut conservcM* sa valeur primitive moyennant un bon entr(»tien.

Pour les navires en Ter, on n'a pas t^i se |)réo<'cuper de la déchéance que le temps produit sur le bois. L'expériiMice n'a |)as encore p(»rmis de déterminer d'une façon précise la durée moycMme des constructions métalliques (!e la marim*. Les distinctions à établir ne portent donc que sur la valeur intrinsèque» des matériaux utilisés et sur la perfection de» la construction.

Knfin, le Bureau Verilas, par une le»ttre» anne»xée ;^ la ceite, définit le genre de navigation epie le navire» peut alTronter : petit ou grand cabotage, Atlantique, long cours, navigation de» plaisane*e.

Kt par la suite, après chaque visite périe)dique, chaepie passage au bassin sec, chaque avarie, le de)ssier s'augme»nte d'une note y afi'érente, et, au fur cl à mesure que, pour une e*ause quelconejue, le navire entre e^n deVhéance, il y a modification de la ce)le.

("est le résumé du dossier de chaque unité <pii est publié dans le Reijislre et qui sert à renseigner les affréteurs, les e'hargeurs, le»s assure»urs, e»t tous ceux qui ont besoin de savoir ce cpie vaut le» navire auque»l ils confient leurs intérêts.

Le Bureau Verilas, outre la publication de son Regislrc, i\\\\ est sa principale raison d'être, fait paraître chaque année, depuis 1870, un Bépcrloire

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général de la Marine marchande donnant la liste complète de tous les navires de mer h voile et à vapeur du monde entier avec des renseignements descriptifs sommaires : nom du capitaine, de Tarmateur, du constructeur, port et année de construction, tonnage, gréement, force motrice, pavillon, lettres de signaux, etc., etc.

Enfin le Bureau Veritas publie chaque mois la liste des sinistres maritimes survenus dans toutes les mers. Cette liste ne forme pas, comme on en peut juger, la principale des publications du Bureau Veritas^ mais elle en est, sans contredit, la plus répandue dans le public. Elle est aussi, au point de vue de ce livre, celle qui nous intéresse.

Elle paraît régulièrement depuis 1866.

Grâce à cette liste, nous avons pu évaluer le nombre et la nature des sinistres survenus jusqu'à Tannée 1902 non comprise, depuis 1883, soit donc pendant dix-neuf ans.

De 1883, où 1572 sinistres furent enregistrés — 1572!... que de drames dans ce chiffre! — jusqu'en 1901, en passant par 1892 qui fut Tannée la plus clémente et par 1891 presque aussi terrible que 1883, 23 152 navires ont été détruits par suite d'accidents en mer.

La moyenne est environ de 1200 par an; la cause de perte la plus fréquente est Téchouement, la moins répétée, l'incendie.

1200! c'est beaucoup sans doute, mais il faut songer qu'en chiffres ronds, 142000 bâtiments marchands, voiliers et vapeurs, et bateaux de pêche de quelque importance couvrent les mers du globe ; il faut ajouter à ce nombre 1600 navires et torpilleurs des marines de guerre de tous les pays, soit donc, au total, 143600 bâtiments.

Si, dans une année, 1 200 disparaissent, c'est presque minime. Sur 119 chances de navigation, cette proportion en donne une de perte en mer...

En vérité, les flots et les vents ne sont pas pour nous aussi cruels que notre faiblesse nous le fait croire.

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eL jm/icûraiix' Uui^a^^^ectJ conàuuércJ

J. Barrachin. — Histoire de la Marine française.

Chevalier. — Histoire de la Marine française sous la première République, h- Consulat et l'Empire.

Ch. Deslys. — Naufrage de la Méduse.

Desmarquetz. — Mémoires chronologiques pour servir à l'Histoire de Dieppe et la Navigation française.

Deperthes. — Histoire des Naufrages.

A. Desprez. — Les Naufrages célèbres.

DuRASSiER ET Valentino. — Aide-Mémoirc de y Officier de marine.

Elback. — Histoire des Naufrages qui ont désolé la Marine française.

D'Entrecasteaux. — Voyages.

Eyriès. — Histoire des Naufrages.

FoRNEROx. — Histoire de Philippe IL

G. Geslin. — Expédition de la Jeannette au pôle Nord.

L.GuÉRiN. — Les Navigateurs français. — Histoire maritime de la France.

Hérodote. — Histoire.

HuBNBR (Baron de). — Incendie du paquebot la France.

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