Idée d’une hist. univers., t. IV, p
« La constitution d’une société civile administrant le droit universellement » est donc la fin suprême, que la
nature même contraint (zwngt) l'espèce humaine de rechercher; fin difficile et lointaine, car il s'agit de concilier avec l'imprescriptible liberté l'autorité nécessaire à l'ordre !. Fin irréalisable même, tant que les nations vivront entre elles dans l’état d'indépendance réciproque, disons mieux d’anarchie, qui est l’état de nature. En mème temps que la société civile, la nature, comme la la raison, nous propose donc comme fin la constitution d'une « ligue amphictyonique » de toutes les nations; et la paix perpétuelle, condition de la liberté des citoyens, est une seconde fin du développement humain, inséparable de la première. Mais on ne peut nier qu'en attendant cette ère de paix, le souci de la guerre toujours possible , la nécessité de se tenir sans cesse en éveil et de perfectionner ses armements, n'aient contribué à développer l'intelligence humaine*.
Ainsi l’histoire « dans son ensemble », peut être considérée « comme l’accomplissement d'un plan caché de la nature. en vue du développement intégral de toutes les facultés humaines 5 ». Est-ce à dire cependant que ce progrès soit l’œuvre de la nature? Peut-on, avec Herder, qui ne fit en somme qu'appliquer à l'histoire l’idée leibnitienne de la monade, n'apercevoir dans la civilisation que le développement spontané des puissances na-