‹ Les Grands Philosophes: KantChapitre 25 sur 139 · T. LD · texte numérisé non relu

T. LD

PÉRIODE ANTÉCRITIQUE. 3

sique ne sera donc plus désormais celle de la géométrie, de Descartes, mais celle de la physique, de Newton. Elle procédera de l” « expécience intérieure », de la « conscience immédiate », comme la physique procède de l’expérience sensible, et s’élèvera ainsi à des définitions, sinon adéquates au détail du réel, du moins assez riches pour que la déduction puisse en tirer de fécondes conséquences !. À cette condition, la métaphysique, forte d’une première donnée expérimentale, pourra appliquer à la déduction avec autant de sécurité que la physique. Kant fait de cette méthode une application fort intéressante à la morale. Il estime que la logique peut bien déduire du concept d'obligation la formule {u dois, mais que le sentiment seul, c’est-à-dire l'expérience, peut déterminer ce que le devoir commande. La raison donne la forme et le sentiment la matière de la moralité, Et Kant fait honneur aux penseurs de son siècle, notamment à Hutcheson, d’avoir pour la première fois (allererst) mis en lumière la valeur morale du sentiment ?. L'empirisme anglais s'insinuait ainsi dans la théorie de l’action, après avoir profondément altéré déjà celle de la

connaissance.

$ 5. — Observations sur le sentiment du beau et du sublime.

Aussi est-ce « avec l'œil d’un observateur plutôt que d’un philosophe * » qu'il s'exerce à l'analyse des senti-

Page 1