PREFACE
Ces Essais sur la grande période de la poésie polonaise, je les ai écrits en l'honneur d'un peuple héroïque et malheureux, et pour plusieurs raisons que je tiens à exposer. Je me suis aperçu d'abord que le sujet n'avait été traité que par fragments, et jamais cl ensemble : il était donc comme neuf, du moins chez nous. Mon ami Edouard Schuré m'écrivait, à la date du 1er octobre 1904 : « A chacune de vos nouvelles études sur les poètes romantiques de Pologne, je suis frappé de la puissance de ces poètes. Ils ont tous quelque chose d'excessif et de presque forcené, mais ils sont profondément originaux et d'une imagination entraînante. Tous bardes, prophètes et visionnaires. On se sent transporté avec eux — loin du siècle des machines — à une époque où l'humanité était plus sauvage, mais où la taille de l'homme était plus haute, le héros plus grand, le poète plus directement inspiré. Votre volume remettra en honneur et à sa place la poésie polonaise. Car elle n'est pas connue en France. Je doute que nos meilleurs critiques en aient l'ombre d'une notion.