‹ Les grands poètes romantiques de la PologneChapitre 3 sur 79 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

C'est à peine s'ils connaissent le nom de Mickiewicz. Mais de ses œuvres, de son génie? Rien. Je crois donc que votre livre vient à point, pour bien des motifs. A propos de Krasinski, dont vous me parlez, ne craignez pas de le traiter aussi largement que les autres. Votre livre doit être une synthèse de la Pologne, en ses trois bardes essentiels. »

C'est précisément, c'est en effet ce bardisme grandiose et passionné qui m'avait fasciné, moi aussi, il y a six ans, et au point que je me décidai assez vite à écrire le présent ouvrage. La poésie polonaise de la période romantique manifeste le premier et le plus haut des caractères de l'inspiration, j'entends cette liberté farouche de l'esprit créateur qui ne relève que d'elle-même, abolit les règles et conventions, réduit en poussière les canons des âges trop policés, trop ratisses, trop usés, ceux qui prennent l'artificiel pour l'Art, et sont déjà si loin de la nature et du feu primordial de l'âme, qu'ils ne pourraient pas même en soupçonner la grandeur. « Cet élan de l'âme est naturel aux peuples voisins de l'origine des choses, a dit Philarète Chasles. Simplicité et sincérité du mouvement, libre expansion des forces sympathiques de l'humanité, tel est leur lyrisme, qui apparaît mêlé de symbolisme oriental. Le cœur entier s'ouvre : la poésie en jaillit... » Ces expressions, dont le critique s'est servi pour caractériser la poésie primitive des races celtiques et de toutes les races du

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