‹ Les grands poètes romantiques de la PologneChapitre 65 sur 79 · UNE VOIX · texte numérisé non relu

UNE VOIX

Encore quelques jours de cette gloire terrestre et vaine, dont tes ancêtres m'ont frustré, moi et mes frères, et tu périras, toi et les tiens, sans sépulture, sans les cloches qui sonnent le deuil, sans les larmes des amis et des parents. — Votre mort sera comme la nôtre, triste et affreuse, et sur ce même rocher de douleur.

Ah! je vous reconnais enfin, esprits maudits! (Il fait un mouvement en avant.)

Mon père, n'avance pas plus loin. — Au nom du Christ, je t'en conjure, mon père!

le comte (s arrête) Dis, dis-moi qui tu vois ?

GEORGES

C'est la figure... La figure de qui ?

le comte

GEORGES

C'est un autre toi-même, — affreusement pâle, — enchaîné, — maintenant ils te torturent, j'entends tes cris... [Tombant à genoux.) Père, pardonne-moi... ma mère est venue cette nuit et m'a ordonné... (Il s'évanouit.)

le comte (le prenant dans ses bras)

Ce dernier coup me manquait! ah! mon propre enfant m'amène au seuil de l'enfer! Marie, esprit implacable! Mon Dieu, et Toi, autre Marie, que j'ai invoqués tant de fois !... Là commence l'infini de la douleur et des ténèbres, — remontons à la lumière, — je dois encore combattre les hommes, — puis viendra l'éternel combat. (Il entraîne son fils.)

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