‹ Les grands poètes romantiques de la PologneChapitre 66 sur 79 · CHŒUR DES VOIX DANS LE LOINTAIN · texte numérisé non relu

CHŒUR DES VOIX DANS LE LOINTAIN

Pour n'avoir rien aimé, rien adoré que toi, que toimême et tes pensées, tu es damné, damné pour l'éternité {

Je devrais clore ici ce chapitre, car la dernière scène de la Comédie non divine dont je tienne à donner un fragment rapide — bien que lapins fameuse de l'œuvre et quoique de premier ordre, à coup sûr, — est pourtant inférieure, à mon sens, à celle qu'on vient délire. Mais c'est la scène centrale, et le poète y a rendu en traits vivants, en mots de feu, ces passions sociales dont nous habitons toujours la fournaise, ce drame du présent et de l'avenir qui finira quand et comment?... La scène en question retrace l'entrevue du dictateur des révolutionnaires et du chef des aristocrates. La position du comte Henri est désespérée : il va être forcé dans la citadelle de la Trinité. Pancrace, qui ne peut se défendre d'un sentiment secret de grande admiration pour son illustre adversaire, lui a fait demander un sauf-conduit. Il veut le voir, lui parler, le convaincre de l'inutilité de sa défense et lui offrir la vie sauve :

Une vaste salle. — Portraits de dames et de chevaliers. — Au fond, un pilier auquel est suspendu un écusson portant des armoiries. — Le comte est assis à une table de marbre. — Une lampe, des pistolets, un sabre et une pendule devant lui. — En face, une autre table, avec des coupes en argent et des amphores.

Page 1