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LE CHATEAU DU GLANDIER, EN LIMOUSIN, OU s' ACCOMPLIT LB DRAME.
une jeune femme romanesque et désespérée, « qui a perdu 1; tête » et dont « l'imagination s'est montée ».
Simple document psychologique, à nos yeux, mais dont il 5 a lieu de retenir la date : nous sommes au 15 août.
A partir de ce moment, dat:< la thèse de l'accusation, Mme Lafarge a décidé de se débarrasser, coûte que coûte, d'un mari qu'elle hait ; tous les faits, par lesquels la défense essaie de
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prouver sa résignation, attestent son hypocrisie. Les événements se succèdent avec une foudroyante rapidité.
Atteinte, à la fin d'octobre, d'une indisposition que l'on suppose simulée,, elle fait en faveur de son mari un testament qu'elle remet à sa belle-mère (qui s'empresse de le décacheter) et Lafarge, par réciprocité, déclare disposer envers elle de sa fortune.
Quinze jours plus tard, il part seul, pour Paris, dans le double dessein d'obtenir un brevet pour une invention qu'il a faite (relative aux travaux de sa forge,), et de se procurer les capitaux nécessaires à l'exploitation de son brevet.
Les époux échangent des lettres, fréquentes et tendres de part et d'autre.
Le 15 décembre, Mme Lafarge fait acheter de l'arsenic (31 gr.). chez M. Eyssartier, pharmacien à Limoges.
Le 18 décembre, M. Lafarge, prévenu par une lettre de sa femme, reçoit à Paris une caisse contenant un gâteau et un portrait. Il l'ouvre en présence d'un domestique de l'hôtel (le sieur Parent) et ayant mangé une bouchée du gâteau, est pris, dans la nuit, de coliques et de vomissements.
Le 3 janvier, il revient au Glandier, souffrant, pour se mettre au lit. Le 5 et le 10 janvier, Mme Lafarge fait de nouveau acheter de l'arsenic. Le 1 1 janvier, Mlle Brun (artiste du pays qui était venue au Glandier pour faire le portrait de la jeune femme), voit celle-ci mettre une poudre blanche dans un lait de poule. Le médecin interrogé répond que c'est peut-être du blanc d'œufs ou de la chaux ; mais le pharmacien Eyssartier, chez qui on l'apporte le lendemain, y trouve de l'arsenic.
Le 14 janvier, M. Lafarge meurt dans d'atroces souffrances et,
dix jours plus tard, sa femme, qui n'a pas quitté le Glandier et à laquelle plusieurs amis ont donné le conseil et les moyens de fuir, est arrêtée.
La première question qui se pose est celle de savoir si Lafarge est bien mort empoisonné, et, pour cela, il nous faut dire un mot des témoignages de médecins et des expertises.
Les médecins :
C'est, d'abord, celui que nous appellerions « le médecin traitant » c'est le docteur Bardon, âgé de trente-sept ans, qui a soigné Lafarge du 4 janvier jusqu'à sa mort. Il a cru son malade atteint d'une affection de la gorge. Il reconnaît, en outre (car c'est sur une ordonnance de lui que le 5 janvier fut délivré à Mme Lafarge le deuxième paquet d'arsenic), qu'elle lui en a fait la demande, sans mystère, devant témoin.
C'est ensuite M. Massénat, médecin à Brive, appelé en consultation, le 10 janvier, et qui n'a pas davantage soupçonné l'empoisonnement. C'est M- Bouché, médecin à Vigeois, qui, à la suite des bruits qu'il avait recueillis, a constaté « des symptômes extraordinaires ».
C'est enfin M. Jules Lespinas, médecin à Lubersac, qui, prévenu par un employé de la forge, nommé Denis (sur le compte duquel nous reviendrons), a formellement conclu à l'empoisonnement.
En résumé, aucun de ceux qui n'ont pas été avertis préalablement n'a, d'après les symptômes, diagnostiqué l'empoisonnement.
Il y a lieu de faire état, ici, de la déposition de M. Leyrat, médecin à Voutezac, entendu le 13 septembre (onzièmeaudience). Il a déclaré, en effet, et cela nous paraît très important, qu'ayant
soigné la première femme de Charles Lafarge, il avait entendu dire « que M. Lafarge était sujet à des vomissements, à la suite desquels il tombait dans un état d'affaissement qui durait plusieurs jours ».
Mais si les médecins ont pu se tromper dans leurs diagnostics, voyons ce qu'ont donné les expertises pratiquées sur le corps de Lafarge.
Trois d'entre elles ont établi que le corps ne contenait pas d'arsenic. M. Orflla, représentant de la science officielle, en a trouvé... un demi-milligramme.
Neuf experts se sont prononcés en des sens différents... et la science discute encore. Il nous semble donc que, sur ce premier point, sur ce point capital, il y avait un doute, un doute qui devait, comme toujours, profiter à l'accusée.
Mais à supposer établi que Lafarge mourut empoisonné, qui a administré le poison ? Y eut-il là suicide, erreur, ou crime ?
S'est-il suicidé ? Plusieurs l'ont pensé et l'ont dit, parmi lesquels j'ai retenu M. Fleyniat (singulière figure de médecin, juge de paix) et « l'oncle Pontier » qui trouvait une explication plausible dans le mauvais état de ses affaires.
Si telle fut la raison du drame, la victime a, dirait un romantique, emporté son secret dans la tombe et la chose jugée reprend toute son autorité.
Lafarge a-t-il été victime d'une épouvantable méprise ? La main, maladroite et non criminelle, de la fidèle Clémentine ou du brave Alfred, ses serviteurs, ou même de Mme Lafarge, a-t-elle involontairement substitué au bicarbonate de soude inoffensif ou bien à la gomme adoucissante le mortel arsenic ? — L'hypothèse était bien trop simple pour donner satisfaction aux pas-
sions déchaînées. Ni la défense, ni l'accusation ne s'y sont arrêtées et elles ne nous ont pas laissé d'éléments utiles pour la reprendre.
S'il fut empoisonné, quel est le coupable r Regardons d'abord quelles étaient les charges contre sa femme. Nous examinerons, ensuite, les mobiles.
La première charge, la plus grave, peutêtre, ce sont les trois achats successifs d'arsenic.
On sait l'explication qu'en donna Mme Lalarge. Le Glandier était un vieux couvent abandonné, une masure humide et en ruines, tout infestée de rats, qui ont mangé tous les boutons et le drap d'un costume
de chasse vert, et dont le bruit empêchait Lafarge de dormir. L'arsenic était destiné à les détruire.
La défense attache très justement une grande importance à la façon dont se sont produits ces achats. Le premier, c'est par une lettre de Mmc Lafarge ; le second sur une ordonnance du
Le toxicologiste Orfila, qui conclut "a l'empoisonnement du mari DE|Mi»e Lafarge
Dr Bardon ; le troisième par l'entremise de Denis, l'homme de confiance de Lafarge, auquel Mme Lafarge aurait demandé de rapporter « une ratière ou de l'arsenic».
Commandes signées, faites au vu et au su de tout le monde, l'une d'elles, même, en présence de Lafarge : est-ce ainsi que procède une empoisonneuse ?
Mais il faut reconnaître que la défense n'explique pas comment « la mort aux rats » saisie ne contenait pas d'arsenic et comment on trouva, enterré dans le jardin, un paquet de bicarbonate de soude qui ressemblait, à s'y méprendre, au paquet d'arsenic rapporté par Denis, d'Uzerche.
L'arsenic acheté, qu'en a-t-on fait ? Qu'y a-t-il, dans cet ordre d'idées, contre Mme Lafarge ?
Il y a, d'abord, l'envoi à Paris de gâteaux empoisonnés.
En ce qui concerne ce premier point, n'est-il pas vraisemblable et logique de supposer que si Mmc Lafarge avait voulu empoisonner son mari, elle serait partie avec lui pour la capitale, où il lui était facile, le crime fait, sinon de disparaître, du moins de se servir, pour écarter les soupçons, d'un entourage qu'elle pouvait y trouver, entourage favorable et considéré ? Là, encore, il y avait une lettre (cette femme aurait eu, vraiment, la manie de « signer son crime »), une lettre où elle recommande à Lafarge de partager les gâteaux avec sa belle-sœur. Avait-elle donc l'intention d'empoisonner aussi sa propre sœur ?
(Je juge inutile de m'étendre sur la substitution criminelle d'une galette empoisonnée à des « choux », préparés par Mme Lafarge mère, comme sur le témoignage du garçon d'hôtel qui assista à l'ouverture de la caisse.)
Rien ne vient établir que Lafarge ait éprouvé à Paris un
commencement d'empoisonnement, puisqu'il n'a pas vu de médecin et qu'on n'a jamais analysé le fameux gâteau.
On s'étonne de l'importance qu'aux débats prirent certains détails aussi inconsistants que dépourvus d'intérêt.
Ce qui semblerait le plus grave contre Mme Lafarge, ce serait le témoignage de gens qui l'auraient vue mettre, au Glandier, de l'arsenic dans les aliments ou dans les breuvages de son mari.
En fait, il n'y a qu'un témoin de ce genre. Cest Mlle Brun.
Paillet l'appelait dans sa plaidoirie « le témoin à spasmes et à attaques de nerfs... ». On va voir qu'elle était très gênante pour la défense.
Elle était âgée de vingt-cinq ans et était venue au Glandier,, dans les premiers jours de novembre appelée par Mme Lafarge pour faire son portrait.
Elle déclare formellement dans ses dépositions : i° Qu'elle a vu, dans le buvard de l'accusée, le paquet d'arsenic apporté d'Uzerche par Denis, le 10 janvier. 20 Que le 11 janvier, elle a vu Mme Lafarge mettre une poudre blanche dans un lait de poule et dans de l'eau sucrée, destinés à son mari.
Mme Lafarge se contente de répondre que le témoin se trompe, que la poudre blanche, c'était de la gomme.
C'est, à mes yeux, la seule charge vraiment sérieuse contre Mme Lafarge. Mais il faut avouer qu'elle est singulièrement troublante, en dépit des contradictions de détail que l'on peut relever dans les témoignages de Mlle Brun.
Sur le terraki des mobiles, par contre, la défense est, de nouveau, très forte.
L'accusation en voit deux : ia haine a la cupidité. Que
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Marie Cappelle, orpheline, possédant quelque fortune, ait été mal mariée par des parents pressés de l'établir et, d'ailleurs indignement trompés par Lafarge sur sa situation matérielle, cela ne peut pas être sérieusement contesté.
Jamais mari ne fut plus éloigné de l'idéal d'une jeune fille instruite, intelligente, romanesque. Jamais séjour ne fut plus austère que le Glandier. Jamais entourage ne fut plus hostile, depuis certains serviteurs ne parlant et ne comprenant pas un mot de français jusqu'à cette belle-mère autoritaire, jalouse et capable d'ouvrir un testament, à elle confié.
Mais si Lafarge était sans éducation comme sans scrupules en affaires (il avait fabriqué de faux billets avec Denis), il semble avoir été, à sa façon, très épris de sa femme et elle dut en être touchée.
Si le Glandier était bien loin de ressembler au séjour enchanté dont on lui avait montré l'image mensongère, elle était trop intelligente pour ne pas chercher à en tirer parti tel qu'il était. Enfin, si certaines hostilités se manifestaient autour d'elle, que de dévouements elle trouvait aussi, depuis sa bonne Clémentine, qui devait la suivre en prison, jusque la jeune Emma Pontier, cousine, cependant, de son mari, et qui devait lui rester fidèle 1
Quels moyens d'ailleurs avons-nous de connaître vraiment ses sentiments à l'égard de son mari ?
Les témoignages ? — Je n'en ai pas trouvé un seul qui établisse vraiment cette haine.
Les lettres ? — Oh ! elles sont nombreuses l si nombreuses qu'à l'heure actuelle encore, tout le monde... ou presque, en a d'inédites. Elle écrivait énormément, et de façon charmante ; mais cependant l'accusation ne nous apporte pas, dans cet ordre
d'idées, un seul document convaincant. Que de pages, au contraire, lues par le bâtonnier Paillet, dans sa plaidoirie, établis-
Autographf'de Madame Lafarge.
Lettre écrite pendant sa détention a Montpellier.
sent à l'évidence qu'elle s'est résignée au pays de Corrèze comme à son mari, nus choses comme aux gens !
HENRI-ROBERT IT l6
Elle est délicieuse, sa correspondance avec Lafarge, pendant l'absence de ce dernier. Quelle puissance de dissimulation elle supposerait si elle n'était point sincère ! Quelle continuité surtout, et quel esprit de suite dans le mensonge !
L'accusation a-t-elle établi, d'autre part, que Mme Lafarge eût, même au cœur seulement, un grand amour coupable, qui l'aurait rendue désireuse de reprendre sa liberté ?
Elle ne l'a même pas tenté et la fameuse lettre du 1 5 août, écrite, pour ainsi dire, au lendemain du mariage, est un argument qu'aucun esprit impartial ne peut prendre au sérieux.
Non, non. La haine, ici, ne saurait expliquer le crime et je comprends que l'accusation ne considère elle-même ce mobile que « comme accessoire » . — Alors, l'intérêt ?
Mais, à l'examiner de près, on voit que l'argument est peutêtre la base la plus solide de la défense.
Si la cupidité apparaît, c'est chez Lafarge, dont l'avocat général disait, dans son réquisitoire, « qu'il n'avait pas à défendre sa position financière, ni les lettres de change que le besoin lui faisait faire... ».
C'est chez Mme Lafarge mère, qui a violé le secret du testament de sa belle-fille, Ta fait disparaître, a fait remplacer celui que Lafarge avait écrit en faveur de sa femme, par un autre qu'elle lui dicta ; c'est Mme Lafarge mère qui, le 15 janvier, alors que son fils venait de mourir, faisait sortir la femme veuve de sa chambre, y introduisait le serrurier, faisait enfoncer le secrétaire et emportait tous les papiers.
C'est chez Denis, qui est à Paris avec M. Lafarge alors qu'on le croit à Guéret ; Denis affublé d'un faux-nom — car il s'appelle en réalité Barbier — Denis dont plusieurs témoins attestent
l'animosité contre l'accusée, Denis qui signe des contre-lettres avec Lafarge et négocie ses faux-billets.
Où trouver la cupidité chez Mrac Lafarge, qui s'est complètement dépouillée pour sauver la mémoire de son mari (dépositions Marcotte, Roque, etc.); qui a été ruinée, en six mois, par son mari ; qui n'a cessé de s'engager pour lui, qui, même après sa mort, a contracté vis-à-vis de M. Roque, banquier à Brive, un engagement de trente mille francs ?
Ce sacrifice qu'elle a fait n'est-il pas, pour le moins, un indice troublant en faveur de son innocence ?
Et c'est bien, en définitive, à l'innocence que je crois.
M"e Lafarge, en effet, n'avait aucun intérêt à tuer son mari.
La barrière que l'éducation mettait entre eux, barrière exagérte, d'ailleurs, par une imagination ardente, était tombée d'ellemême, sou !a poussée, insensible et quotidienne, de la vie en commun.
Maître Lachaud, défenseur de mm« lafarge.
Une femme qui tue par haine, a ordinairement au cœur un grand amour et Mme Lafarge ne fut point adultère.
Une femme qui tue par cupidité, ne se dépouille pas pour sauver la mémoire de son mari.
La mort de Lafarge la privait du seul soutien moral qu'elle eût dans l'existence et la laissait complètement ruinée.
Pour refaire une vie, il faut avoir au moins de quoi se nourrir : elle avait tout donné pour lui.
Je me résume :
Un empoisonnement que les données les plus récentes de la science permettent d'affirmer, pour le moins, très problématique, — un système d'accusation qui ne peut trouver le mobile d'un attentat aussi affreux et qui ne s'appuie, en résumé, que sur le témoignage d'une jeune femme de vingt-cinq ans, — cela ne peut suffire pour affirmer que Mme Lafarge était coupable.
Si, pourtant, le jury de la Corrèze la condamna, c'est pour des raisons que je qualifierais d'extérieures au procès luimême.
C'est d'abord parce qu'un jugement du tribunal de Brive (qui n'était point définitif au moment du procès criminel), l'avait condamnée à deux années d'emprisonnement pour vol d'une parure de diamants, vol commis en 1836, au château de Brsagny, et au préjudice de Mme de Léotaud, née Nicolaï.
C'est ensuite, c'est peut-être, surtout, pour les raisons que mon confrère et ami, Pierre de Chauveron, a remarquablement mises en lumière dans son discours à la conférence du stage.
Lorsque l'avocat général Decoux disait aux jurés : « Voulezvous que l'on croie que le Jury est flexible et lâche quand il s'agit d'une femme placée dans une haute position, et qu'il relève le
front lorsqu'il s'agit d'une ignoble tête », il développait l'argument, sinon le plus juridique, du moins le plus dangereux pour Mme Lafarge.
Après dix-sept audiences, poursuivies dans l'énervement d'une opinion publique anxieuse et exaspérée, on demande moins, en réalité, à douze citoyens désignés par le sort, de se décider sur des preuves que de traduire une impression.
Or cette impression, malgré tous les efforts de ses défenseurs du dehors, malgré toute la conviction de ses avocats (qui s'appelaient Paillet, Bac et Lachaud), était éminemment défavorable à l'accusée.
En dehors des légendes absurdes qui couraient sur sa cruauté et que la tradition orale a conservées (de paysans noyés en Picardie, de petits oiseaux étranglés), il y avait cette lettre à Mrae Garât que Paillet ne craignit pas de lire en plaidant. Ecoutez-là :
« Figure-toi un voyage affreux, des chemins devenus torrents et une arrivée au milieu de la nuit dans une maison limousine, ce qui se traduit en français par sale, déserte, atrocement froide, sans meubles, ni portes, ni fenêtres fermantes ». Voilà pour le pays.
Quant aux habitants, elle les juge, dans une lettre à Mme de Montbreton, de cette façon lapidaire : « En fait de voisinage, j'en ai fort peu, et tous sont à voir le plus rarement possible ».
Les voisins comme le pays se sont cruellement vengés !
Six mois de mariage avec Lafarge l'ont complètementdépouillée de sa petite dot et l'ont menée à cette prison de Montpelliei d'où devait la faire sortir, bien peu de temps avant sa mon, la grâce du Prince Président... C'est, en vain, que Paillet, Bac t\ Lachaud ont affirmé son innocence,
C'est, en vain, que sur son lit de mort, en mil huit cent cinquante-deux (nous raconte Félix Decori), elle jura qu'elle n'était pas coupable à l'abbé Bournel qui reçut sa confession.
C'est en vain qu'aujourd'hui des hommes éminents s'efforcent de trouver, dans la poussière des dossiers, l'étincelle de vérité qui éclairera les plus incrédules.
Dans le petit village voisin d'Ussat, où elle dort son dernier sommeil, Mme Lafarge, à jamais, entendra siffler le vent des haines limousines que le temps n'a point apaisées.