Paroles de Réai^ rapportées par Savary
blond, taille médiocrei eto., » ce signalement ne répondait en rien à celai du duc d'EhQghien, il eût suffi du premier gendarme venu pour le constater, et Ton ne posa pas même la question à Tagent envoyé à Ettenheioi pour épier le duc ! En second lieui ce signalement n'était antre qne celui de Charles Pichegnii dont on avait pn d'autant pins faci!emint constater Tidentîté qu'il était enferme, depuis pins de dix jours, an Temple, avec les prévenus qui Tavaient dénoncé^ et lorsqu'on eut pris le duc d'Ënghien, personne ne songea nn instant à la confrontation. En troisième lieU| enfin, Bonaparte savait depuis le 14 février, c'est-à-dire depuis un mois, par la déposition de Bouvet de Lozier, que les chefs de la conspiralion étaient le comte d'Artois et le duc de Berry, qu'ils venaient d'Angleterre, centre dn complot, et non des bords dn Rhin ; et ce n'était qne faute d'avoir pu s'emparer de leur personne qu'il avait pensé k faire saisir le duc d'Enghien, dont le nom n'avait pas même été prononcé dans une seule déposition.
Il y a plus; il résulte des pièces publiées au procès de Oeorges, que l'accusé Picot, interrogé sur le nom dn per* soûDage mystérieux, dès le 14 févHerj répondit que ce ne pouvait être que Pichegru, et sa déclaration à cet égard fut confirmée par tous les autres détenus. Ni ces allégations, ni les variantes qu'on y a introduites depuis, pour leur donner plus de vraisemblance, ne résistent à nn examen attentif* ; non-sculeaient la détermination origioelle appartient à Bonaparte, mais jamais détermination n'a été plus librement raisonnée et voulue, plus indépendante de ces fatalités, de ces erreurs qui influent si souvent sur nos desseins, et pour tout dire, plus personnelle; elle porte sa signature et n'a
1. H. Thiers subititue sa thème de Savâry un autre quiproquo fondé sur un mot de Léridant dans sa déposition do 10 mars, mais cette vernon est moins soutenable, car à cette date tout était décidé. M. Thlers n'a qu*une idée vague les faits. Il va jusqu'à attribuer les sorUes de Bonaparte contre MarkofT à la complicité de ce diplomate avec les conjurés! Or, res scènes avaient eu lieu six mois auparaTaoiet llarkoff avait quitté la France depuis le 28 novembre 1803.
rien de commun avec les atrccités révolutionnaires, où Ton Moooatre tonjonrs l'aveugle inflexibilité d'un principe* La lemur fmppait an nom de ia loi, ici e^eit la vmdtUa oone
qui poursuit uu eunemi, dans ses enfants, dans sa famille, et au besoiu dans sa parenté la plus éloignée.
41 y eut,.dit*on, un conseil ^ où la mesure ne fut discutie qne ponr la fonna et où Gambaoërèa s'atlnhue l'JionneQr d'avoir fait enleadredds conseils de modération Ivop timides pour être écoutés, ce ([ui lui aurait attiré cette réplique fameuse : « Vous êtes devenu bion avare du sang des Bourbons ! » Mais il fajit mettre au rang des fables Panecdote d'un prétendu rapport que Talleyrand aunut ln à l'appui de la mesure, et qui, dérobé par lui aux archives ponr être brûlé, aurait été laissé par mégarde au fond d'un tiroir*, où une providence vengeresse prit soin de le conserver. Ce sont là de grossières inventions qui ne méritent pas même d'ftire disentées* La seule pièce que Talleyrand ait rédigée à ce moment, et c'est déjk beaucoup trop pour son honneur, est celle où, en ^a qualité de ministre des affaires ëti aubères, il notifiait à l'Électeur de llade la violation de territoire à laquelle le premier consul avait dû se résigner « avec la plus profonde douleur. »
Le 15 mars 1804, un détachement de dragons, parti de Sclielestadt au milieu de la nuit, sous les ordres du colonel Ordener, franchit le Rhin, enveloppa Euenheim et cerna ia maison ob se trouvait le duc* Le premier mouvement du duc d*£nghien fut de répondre à la sommation d'ouvrir en faisant feu sur ses agresseurs : il en fut détoia né yrdv un officier allemand qui £0 trouvait auprès de lui et qui lui ayant demandé « s'il était compromis, » sur sa réponse négative, lui £t remarquer l'inutilité de la résistance'; il se rendit prisonnier pour ne pas èxposer ses amis. On s'empara alors de tons ses
1. Selon Desmarest ce con?^eil se réduirait à ia coav^rsatiou rapportée plus haut, ce qui est fort probable.