INTRODUCTION
Le livre que j'offre au public médical et plus spécialement à la jeunesse des écoles est le cours de pathologie générale que j'ai proressé à Tours en 1874. Dans la revue de sa rédaction toutefois, certaines additions ont été faites, nécessitées par l'apparition de travaux récents sur telle ou telle autre des questions traitées.
Ce livre n'a aucune prétention doctrinale; il n'aborde pas ces sphères élevées scientifico-philosophiques dans lesquelles se perdrait certainement l'esprit des élèves et qui, du reste, au point de vue de l'acquisition de connaissances précises, ne me paraissent pas si utiles à explorer. Son but est de présenter une méthode d'enseignement qui permette de s'élever graduellement de l'étude des faits simples aux faits complexes de. la pathologie. Son but est aussi de mettre à la portée de tous l'état actuel de la science sur chacun des sujets envisagés et de le faire en demandant les bases du savoir aux deux moyens susceptibles de fixer nos connaissances, à lobservation d'une part, à l'expérimentation d'autre part. Les données fournies par la clinique, celles obtenues par l'expérimen-
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tation physiologique et Taide des instruments si précieux de la recherche moderne y sont donc exposées d'une manière aussi complète que possible.
Cependant, afin de bien faire saisir quel a été mon {ruide dans le choix de la classification didactique que j'ai acceptée, il importe de présenter quelques considérations indispensables.
Depuis Bichat, l'immortel génie qui créa l'anatomie générale, et plaça dans les tissus le siège de l'activité vitale, l'analyse anatomiquc, poussée de plus en plus loin au moyen du microscope, est arrivée à la démonstration des unités élémentaires de l'organisme. De Mirbel le premier, après avoir montré que le tissu des plantes est composé d'utricules ou cellules, enseigne que ces cellules sont autant d'individus vivants, jouissant chacun de la propriété de croître, de se multiplier, de se modifier dans certaines limites, et que la plante est un être collectif. Treviranus et Turpin surtout reprennent ces observations de de Mirbel, et en 1828 ce dernier auteur considère les vésicules ou cellules comme autant d'individualités distinctes qui, simplement contigues les unes aux autres ou collées par leur surface, constituent par leur assemblage l'individualité composée d'un arbre. Plus tard Schleiden accepte la même doctrine et Schwann la transporte dans le domaine de l'anatomie animale. Schwann va plus loin encore et il avance ce fait démontré aujourd'hui que c puisque les cellules sont les formes élémentaires primaires de tous les organismes, la force fondamentale de ceux-ci se réduit à la force fondamentale des cellules. > Les travaux des auteurs modernes ne firent que confirmer ces vues de de Mirbel, de Turpin, de Schleiden et de Schwann. Tous les physiologistes s'accordent à considérer l'organisme comme une véritable fédération (l'un nombre considérable d'unités élémentaires, vivant pour leur propre compte, quoique solidaires entre elles, et dont les vies propres constituent la vie de l'ensemble de l'organisme.
Le fait réel que l'organisme débute par la forme cellulaire, que les premières unités élémentaires pendant la période embryonnaire aiïectent celte forme, que plus tard un très-grand nombre de ces
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tinités la présentent, fit cependant commettre l'erreur de rapporter tout à la cellule et de n'accorder qu'à elle seule un rôle dans l'activité de l'oipinisme. Cette erreur fut poussée si loin que certains auteurs allaient, pour ainsi dire, jusqu'à refuser la vie aux fibres et aux tubes élémentaires. Virchow et son école furent les champions de cette doctrine hypothétique. Il est cependant démontré que la matière organisée revêt des formes élémentaires multiples, qu'elle se présente à Y état amorphe ou à Vétat figuré suivant l'expression de Buffon et qu'on la rencontre à l'état de granulations moléculaires, à l'état de matières amorphes (blastèmes, plasmas, matières interrellulaires), et à l'état d'éléments figurés (cellules, fibres, tubes, masses creusées de cavités). Ces diverses formes primordiales constituent les éléments anatomiques, les unités élémentaires en qui résident les propriétés fondamentales de l'organisme et qui sont, pour employer une expression pleine de vérité, les facteurs individuels de l'économie.
Ce sera précisément la gloire de l'école anatomique française et surtout de Ch. Robin et de Cl. Bernard d'avoir retiré à la cellule seule ce rôle universel que lui avaient attribué les savants d'outre Iihin et d'avoir reconnu à tous les éléments- anatomiques leur influence considérable dans les actes de la vie normale et de la vie pathologique. Ch. Robin, du reste, ne s'est pas borné à rendre aux éléments anatomiques quels qu'ils soient leur fonction vraie dans les phénomènes biologiques. Après avoir caractérisé l'état d'organisation et montré qu'au point de vue statique, cet état résulte de la combinaison molécule à molécule d'un grand nombre de principes immédiats, tant d'origine minérale que d'origine organique cristallisables et coagiilables, cet auteur a déterminé les propriétés élémentaires des unités individuelles. Il a fait voir que les entités à l'aide desquelles, pendant des siècles, la biologie interprétait les phénomènes vitaux telles que Varcfiee^ Vâme de Stahl, le principe vital, Virritalion, etc., devaient être absolument rejetées des conceptions scientifigues. Les propriétés immanentes des éléments anatomiques résultant de l'état d'organisation et en dehors desquelles il n'y a pas
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do manifestations vitales sont au nombre de cinq. Ce sont la nutrilité, Tévolutilité, la reproductililé, la contractilité et la névriiité. Les trois premières, communes à tous les éléments anatomiques, se rencontrent aussi bien chez les végétaux que chez les animaux; elles sont d'ordre végétatif, tandis que les deux dernières n'existent que dans certains éléments des animaux, et plus spécialement dans les éléments musculaires et les éléments nerveux.
Il est à remarquer, de plus, que les propriétés élémentaires en question, comme les actes fonctionnels qui leur sont attachés, sont toutes, depuis les plus élevées jusqu'aux plus simples, sous k dépendance immédiate et permanente de la première d'entre elles, de la nutrilité, et que l'exercice de cette dernière, la nutrition, venant à être supprimé, ou venant à être altéré d'une manière quelconque, Ton voit simultanément s'altérer ou disparaître les* actes d'innervation, de contractilité, de génération et de développement qui lui sont corrélatifs. Ces faits sont parfaitement démontrés. Les physiologistes ont établi par de nombreuses expériences la nécessité de la nutrition des éléments nerveux et musculaires pour la conservation de leur fonctionnement; ils ont prouvé et les ^tudes pathologiques sont venues en donner conHrmation, que les altérations nutritives déterminées par des poisons sont accompagnées de modifications extra-physiologiques dans les fonctions des systèmes nerveux et musculaires.
De même l'on sait que les déviations nutritives des éléments anatomiques sont suivies de troubles profonds dans leur génération et dans leur développement. L'arrêt de la génération des éléments qui se rencontre assez fréquemment chez l'embryon, l'arrêt du développement, l'atrophie sont ainsi déterminés par des troubles nutritifs primordiaux, de même que l'hypertrophie, l'hypergénèse reconnaissent pour point de départ une modification dans un autre sens de la nutrition élémentaire.
Ces faits, qui établissent pour la conservation du rôle biologique des éléments anatomiques, la cons(*rvation de Tétat d'organisation d'une part et la nécessité de la nutrition ( rénovation moléculaire
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constante) (l'autre part, montrent combien il est nécessaire au médecin de posséder la connaissance complète de la constitution chimique des éléments de Toi^nisme et des phénomènes de la nutrition. Bien que très-imparfaites encore, nos données sur la constitution chimique des éléments,, tant solides que liquides, nous permettent cependant de savoir que les substances qu'on y rencontre appartiennent à deux groupes bien tranchés. Les unes pourraient être appelées substances de œnstitution; elles sont d'origine minérale ou d'origine organique et coagulables, à l'exception des sucres et des graisses. Les autres, qu'il serait possible de désigner sous le nom de substances de dénutrition^ sont d'origine organique etcristallisables. Celles-ci doivent toujours être rejetées en dehors des éléments anatomiques; elles sont les déchets de leur rénovation moléculaire ; les premières doivent toujours leur être fournies; elles sont les matériaux de cette même rénovation. La nutrition par le fait réside dans cet apport et ce départ des unes et des autres de ces substances. L'assimilation, consistant dans la pénétration des matériaux et leur fixation au sein des éléments, et la désassimilation, produisant les substances de déchet et réalisant leur issue, sont donc les deux actes dont l'existence simultanée constitue la nutrition. Tant que ces conditions indispensables persistent dans les éléments anatomiques, leurs fonctions propres se maintiennent à l'éiat de perfection et en même temps celles des tissus, des organes, des appareils et de l'économie entière dont ils sont les facteurs primordiaux. L'état de santé résulte donc, en dernière analyse, de l' existence de ces mêmes conditions; et, par contre, l'état de maladie résulte de leur absence.
A priori, d'après ce qui vient d'être, dit, ces conditions étant maintenues d'une manière parfaite, l'assimilation et la désassimilation se faisant régulièrement au sein des éléments et nulle substance incompatible ne venant altérer leur constitution, il semblerait qu'à moins de destruction par des violences mécaniques, l'exercice régulier de leur fonctionnement doive durer toujours. La vie, synthèse do ce fonctipnnement, pourrait donc dans ce cas être conçue
théoriquement comme éternelle ; < pourquoi Thomme ne pourraitil vivre toujours, disait Stalil, puisqu'il peut vivre quelque temps? » La rénovation moléculaire continue a pour caractère essentiel de déterminer au sein des éléments anatomiques des combinaisons chimiques très-instables, susceptibles de se modifier avec la plus grande facilité. La production dans ces éléments de combinaisons stables est suivie de l'arrêt de cette rénovation et supprime les actes nutritifs. Or il est à remarquer qu'avec les progrès de l'âge et par le faix même de l'exercice de la nutrition, les éléments anatomiques^ se modifient dans leur constitution chimique, que les combinaisons s'y produisant tendent à devenir de plus en plus stables, par fixation plus spécialement de matières minérales, et qu'à la limite, la nutrition se trouvant entravée, il v a cessation dans le fonctionnement élémentaire et comme conséquence ultime mort de l'organisme.
D'après ces faits, je puis donc considérer l'état de maladie comme un trouble plus ou moins grand de la nutrition des éléments anatomiques entraînant à sa suite des changements dans le fonctionnement normal de ces mêmes éléments. Ce qui vient encore le démontrer, c'est la possibilité de créer des maladies artificielles à l'aide de certains poisons tels que l'alcool, l'éther, la morphine, le curare, etc., etc., substances qui vont faire partie intégrante des éléments et qui modifient leurs fonctions jusqu'au moment ou la désassimilation les a rejetées au dehors. Ce qui le prouve également, c'est l'apparition des modifications de structure de ces mêmes éléments, lésions anatomiques, survenant à la suite des troubles nutritifs en question et caractérisant ces mêmes troubles par leur nature dégénérative ou ultra-nutritive. Sans doute, pour combattre ce dernier argument, on pourrait avancer qu'il existe des maladies sans lésions correspondantes des éléments anatomiques. Mais, outre qu'en présence des progrès constants de l'anatomie pathologique, le nombre de ces maladies va diminuant de jour en jour, il faut bien savoir qu'en dehors des lésions anatomiques visibles, s'arrusant par des changements de la structure des éléments, par l'ap-
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parition de granulations de nature albuminoïde ou graisseuse, etc., il est des altérations de l'état d'organisation que seules les recherches de chimie biologique, encore si peu avancées, pourront démontrer. Dans les cas de maladies dites sans lésion, c'est donc l'imperfection de nos connaissances qu'il nous faut accuser plutôt que d'aflirmer l'absence de modifications dans la constitution des éléments de l'organisme.
Partant de ces données, je considère donc comme des troubles de nutrition les principaux processus morbides qui se rencontrent chez l'homme, ceux notamment qui seront étudiés dans ce cours. Qu'ils se présentent avec un cachet de localisation ou avec un caractère de généralisation à l'ensemble de l'organisme, ces conditions ne changent rien à leur nature même et le trouble nutritif n'en persiste pas moins. Dans le premier cas, il est limité à certaines régions, à certains organes, à certains groupes d'éléments; dans le second, il s'étend à l'organisme tout entier, avec ceci de spécial toutefois, que, suivant la nature du trouble nutritif, certains éléments se trouvent plus rapidement frappés que d'autres. Évidente par ellemême, lorsqu'il s'agit de processus morbides tels que l'anémie locale, la gangrène, l'hypertrophie, l'asphyxie, l'urémie, l'anémie générale, cette proposition n'apparaît pas aussi manifeste dans les processus caractérisés par deâ changements dans l'évolution des éléments, dans le rachitisme par exemple, ou dans ceux dont la oarcinose pourrait être le type, et dans lesquels c'est un trouble dans la génération des éléments, souvent avec erreur de lieu, qui se manifeste. Cependant l'on sait que l'évolution et la génération des éléments sont soumis à leur nutrition. On sait que les changements évolutifs, comme les aberrations de génération, reconnaissent pour causes des altérations générales de l'organisme produites accidentellement ou transmises par voie héréditaire. Ces altérations jusqu'à ce jour, qu'elles siègent dans les humeurs ou dans les tissus, sont encore inconnues; mais il est permis, je crois, de les considérer comme des anomalies spéciales de la nutrition amenant tantôt des arrêts de développement de certains éléments, et tantôt l'hypergé-
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nèse de certains aulres qui, prenant la place des éléments normaux, en déterminent la disparition.
Mais, chez Thomme et la plupart des animaux, les éléments anatomiques ne puisent pas leurs matériaux nutritifs dans les milieux cosmiques. Chez eux il s'est formé un milieu intérieur liquide, toujours en mouvement, contenu dans un système de canaux d'irrigation qui les arrose et les baigne de toute part. Le sang, en effet, par ses globules, leur apporte les matériaux de leur nutrition gazeuse ; le sang, par son plasma, leur fournit tous les autres principes immédiats minéraux ou albuminoïdes nécessaires à leur rénovation moléculaire. D'un autre côté, le sang recueille les pro-* duits de déâassimilation, soit gazeux, soit liquides, et fmalement, à l'aide des divers émonctoires de l'organisme , les expulse hors de l'économie. Tous les éléments anatomiques, même ceux qui font partie de tissus non vasculaires et qui puisent par imbibition de proche en proche les matériaux de leur nutrition, sont donc tributaires du sang et vivent en lui. Dés lors l'importance de ce liquide apparaît tout entière et l'on conçoit que ses altérations propres viennent jouer un rôle capital dans les troubles nutritifs des éléments anatomiques. On conçoit de même que les modifications portant sur son mode de distribution dans les tissus deviennent, quel que soit leur point de départ, des causes de changements variables dans la nutrition élémentaire. Ce rôle de milieu intérieur rempli par le sang et que les travaux de Robin et de Cl. Bernard ont mis en lumière relègue, on le voit, dans le domaine des hypothèses cette doctrine de la pathologie cellulaire telle que l'avait conçue Virchow, qui, sacrifiant tout à Tautonomie de la cellule, en était arrivé jusqu'à n'assigner qu'un rôle secondaire au sang et à la vascularisation dans les processus physiologiques et pathologiques.
Telles sont les considérations qui m'ont fait adopter la classification didactique des grands processus morbides que j'ai suivie dans ce cours. Après avoir exposé les principes d'anatomie et de physiologie relatifs au sang et à la circulation dans la première partie,
j'étudie dans les cinq parties suivantes et successivementces procès-
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SUS divers. Dans la seconde partie sont examinés ceux qui résultent de modifications mécaniques ou physiques de la circulation et du sang (I) avec leurs causes et leurs effets immédiats. C'est ici que prend place l'anémie locale avec ses causes: les hémorrhagies, la thrombose et Tembolie et ses conséquences : la gangrène et les dégénérescences diverses. C'est ici que je décris la congestion et ses effets d'hypertrophie et d'hydropisie. La pléthore, l'inflammation et la fièvre terminent cette partie du cours et mon premier volume.
Dans la troisième partie sont traités les processus liés àjies troubles dans la constitution chimique du milieu intérieur. L'asphyxie, consistant dans les changements de constitution gazeuse du sang, le diabète caractérisé par l'hyperglycémie, la polysarcie, sont d'abord étudiés. Vient ensuite toute la série des processus paraissant liés à la rétention dans le milieu intérieur des produits de dénutrition ; l'urémie, le rhumatisme, la goutte, l'herpétisme, la cholestérémie, trouvent ici leur place. Enfin, l'albuminurie s'accompagnant de modification dans les proportions des principes albuminoïdes du sang clôt cette troisième partie.
Les processus accompagnés plus spécialement de modifications dans la constitution anatomique du sang, l'anémie globulaire et la leucocythémie forment le sujet de la quatrième partie du cours.
Dans la cinquième j'examine le processus infectieux en général, processus si important, qui frappe plus spécialement le sang tout d'abord et qui l'atteint dans ses globules et dans son plasma, en lui faisant subir, selon toute probabilité, des modifications se rapprochant de la nature des fermentations.
Enfin, dans la sixième et dernière partie du cours, j'étudie ces processus liés à des modifications dans l'évolution des éléments anatomiques et à des aberrations dans leur génération. Je me borne toutefois à décrire ceux-là de ces processus qui sont plus spéciale-
{ 1) Une erreur typographique a persisté dans le titre de la seconde partie et le rend «rroné. Au lieu dç Processus morbides lies à des modifications mécaniques et physiques, locales ou générales de la circulation du sang, il faut lire : Processus morbides liés i des modifications mécaniques et physiques de la circulation ET du sang.
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ment du domaine de la palholoj^ie médicale. Le rachîlisme, Tosléomalacie, la scrofulose, la tuberculose et la carcinose sont seuls envisag»*s.
Le plan didactique que j'ai adopté me parait utile en ce sens que les processus successivement étudiés ont un degré de complexité croissante. A l'exception de la pléthore et de la Gévre, ceux de la seconde partie ont un caractère local et ceux des autres parties un cachet de généralisation à l'ensemble de Toi^ganisme. Il est à remarquer, de plus, que la connaissance des premiers est indispensable pour l'étude des seconds, puisque ceux-ci, dans leur évolution générale^ déterminent presque toujours des localisations morbides où se retrouvent les dégénérescences, les hypertrophies, les inOammations précédemment étudiées.
Est-ce à dire cependant qu'en adoptant le plan en question j'ai voulu instituer une véritable doctrine médicale et considérer, par exemple, la plupail, pour ne pas dire tous les processus décrits, comme dérivant d'une altération primordiale du sang. En aucune façon. La physiologie nous enseigne, en effet, que le sang, vivant luimême, est soumis comme toute matière organisée à la nutrition, qu'il s'incorpore certaines substances puisées soit dans les milieux cosmiques, soit dans les éléments anatomiques, et qu'il rejette ses déchets au dehors par les voies pulmonaire, cutanée, rénale et biliaires. La plus grande solidarité existe donc entre le sang et les éléments, et il n'est pas permis d'attribuer de nos jours, soit à l'un, soit aux autres, le point de départ exclusif des troubles morbides. Vhumorisme qui fait dériver les maladies des altérations des humeurs seules, comme le solidisme qui rapporte ces maladies à des lésions survenues seulement dans les solides, doivent l'un et l'autre être rejetés de la médecine scientiGque. Sans doute le sang peut devenir malade par lui-même, sans doute les tissus peuvent être frappés tout d'abord; mais attribuer, soit au sang seul, soit aux tissus seuls, l'origine première des maladies est une faute capitale qui, de nos jours, a été rendue impossible par les progrès de Tsmatomie et de la physiologie.
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£n terminant celte introduction, je dois dire que mon intention n'a pas été de présenter une pathologie générale complète, mais de préparer seulement, par la connaissance des processus morbides généraux, les élèves à l'étude de la pathologie spéciale' à chaque appareil et à chaque organe. L'étiologie générale, la symptomatologie générale, la thérapeutique générale n'ont pas, en effet, été traitées dans ce cours.
Tours, lo' décembre 1875.