PRÉFACE
Il n'est pas de médecin qui ne sache que chaque partie organique comme chaque être vivant, pendant la durée de leur existence évolutive, parcourent en quelque sorte une courbe; celle-ci, d'abord ascendante, après avoir atteint son summum, devient descendante jusqu'à son autre extrémité que marque la mort. Cette courbe difïere de Tune à l'autre des parties comme de l'un à l'autre des organismes que ces parties constituent, et la vie comme l'organisation communes ne sont que les résultantes de l'organisation et de la vie de chacune des premières. Or, les anomalies, comme les modifications morbides anatomiques et fonctionnelles, marquant l'excès, la diminution ou l'aberration fonctionnelle, représentent comme autant de points singuliers de cette courbe, c'est-à-dire des déviations qui correspondent à autant de changements de la constitution et des actes organiques naturels. Il est donc manifeste que la nature de ces dérangements ne saurait être saisie sans une connaissance exacte des états et des actes normaux dont la série ou 5*uccession nous permet de tracer théoriquement cette courbe.
La science passe rationnellement de la considération de l'état normal, indispensable d'abord pour fonder la pathologie huf naine, à l'étude de la pathologie comparative. Cette dernière arhève et complète l'ensemble de nos moyens d'exploration biologique, au môme titre que l'examen de chaque fonction, dans des