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conditions morbides, complète sur certaines questions les enseignements de rexpérimenlation proprement dite. Souvent, à cet égard, l'extension de Tétude des caractères normaux de bien des tissus, jusqu'à celle de leurs étals morbides, est indispensable. 11 ne saurait en être autrement, dès l'instant où il s'agit de juger les dispositions et les mouvements de la substance organisée, dont les molécules, aussi bien que le tout, sont en voie incessante de changements, dont, par suite, l'état intermédiaire ou normal ne saurait être bien déterminé qu'après l'examen des états extrêmes, tant originels que d'aberration morbide ou accidentelle.
L'anatomie et la physiologie pathologiques ne constituent en fait qu'une suite de ces mêmes sciences envisagées, non plus au point de vue des lois naturelles, niais sous celui de leurs applications à nos besoins; car la pathologie repose essentiellement sur la comparaison des organes et des actes, non plus essentiellement avec leurs analogues dans une autre espèce animale, mais avec eux-mêmes dans une succession de conditions nouvelles, anormales ou accidentelles. Les dissemblances alors constatées exigent, pour être bien appréciées, la connaissance de ces parties et de ces actes, acquise, tant par leur observation proprement dite à tel ou tel moment donné, que par leur comparaison avec eux-mêmes dans les conditions dites d'âge ou d'évolution ; conditions qui ne sont autres que les manières d'être normales qu'elles traversent successivement. Dans ces deux ordres de cas, en eflet, l'un normal et l'autre accidentel, l'élément analomique, les humeurs, etc., et les actes qu'ils accomplissent, ne se retrouvent jamais absolument semblables à eux-mêmes; car, en raison des phénomènes de rénovation moléculaire nutritive incessante, ils changent un peu à chaque instant, soit de forme, soit de volume, soit dans leur structure, etc., et cela aussi bien pendant la durée de leur existence à l'état sain, que pendant celle de leurs modifications morbides.
La pathologie, ou histoire des états et des actes organiques accidentels considérée dans son ensemble, et par suite toutes ses
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subdivisions, ne sont donc en fait et au point de vue de la méthode , que Tune des formes de l'anatomie et de la physiologie comparatives, celle dans laquelle les parties sont spécialement comparées à leurs homonymes, non plus pendant la durée de leurs manières d'être naturelles, mais au contraire de leurs manières d'être accidentelles.
C'est donc à juste titre que la pathologie est dite cette portion de la biologie concrète qui traite de la comparaison des états morbides aux états sains; et que l'anatomie pathologique en particulier est devenue celui des modes de l'anatomie comparative, dans lequel on compare les états accidentels des parties, tant avec leurs semblables à l'état normal, qu'avec elles-mêmes aux diverses phases de leur évolution morbide ; et dans cet ordre de choses, ce qui est difficile ce n'est pas l'anatomie et la physiologie pathologiques, mais bien l'étude de l'état normal. De là vient que ceux qui veulent donner une autonomie dogmatique à l'examen des dérangements organiques et fonctionnels, en dehors d'une liaison incessamment établie entre ceux-ci et l'état normal, sont conduits à une telle confusion entre les objets ies plus disparates et à une nomenclature si pleine d'arbitraire dans la désignation de ces derniers, qu'ils justifient tout à fait l'éloignement qu'inspirent des études aussi peu rigoureuses aux savants qui, après s'être familiarisés avec les méthodes que nous donnent la physique, la chimie, etc., cherchent à étendre leurs connaissances jusqu'à la médecine. Et cependant lorsqu'on voit avec quelle netteté on peut spécifier comment chaque tissu morbide dérive d'un tissu normal, quelles sont les diverses formes d'altérations que ceux-ci peuvent offrir, et qui constituent autant de maladies de chacun d'eux, on ne peut que s'étonner de voir parfois encore repoussées systématiquement les règles qui conduisent à déterminer V la nature des produits pathologiques par leur comparaison aux tissus ou aux humeurs sains dont ils proviennent; 2* la nature de chaque dérangement fonctionnel, toujours signe d'une lésion, au moins intime, par sa comparaison
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aussi aux phénomènes naturels qui sonl le sujet des études physiologiques.
Ces données méthodologiques ne font pas pai'tie du sujet traité pîir M. Picot; mais la lecture de son livre les fait surgir et c'est là un de ses mérites. J'en dirais autant de celles qui suivent, déjà plus particulièrement liées à ce sujet que les précédentes, si plus d'une d'entr'elles n'était abordée dans cet ouvrage, comme l'exigeait la nature des leçons du professeur.
Nous voyons nettement d'après ce qui précède que l'anatomie pathologique n'est plus indépendante de l'analomie normale, que celle-ci conduit naturellement à celle-là, et comment l'élude de tout dérangement se lie à celle de l'arrangement qu'elle suppose connu.
Par là s'établit une notion exacte de la liaison constante qui existe entre les actes et les conditions, tant intrinsèques qu'extrinsèques de leur accomplissement , entre les troubles fonctionnels et soit les lésions de la substance agissante, soit les dérangements dans les milieux se prêtant à l'action de celle-ci.
Celle nolion élimine de la pathologie aussi bien que de la physiologie, la prétendue intervention de toutes les causes surnaturelles connues sous les . noms d'archéeSy de fluide nerveuXy de principe vitaly de forces de la vie, iïagents spéciaux de factivitè vilalcy d'irritation et autres fictions de môme nature.
La pathologie, dans son sens le plus étendu, est donc l'étude des perturbatioas en plus, en moins et aberranles des choses que ranalomie et la physiologie observent dans leurs conditions naturelles. La tératologie et Yanatomie pathologique proprement dite dans l'ordre statique, la physiologie pathologique dans Tordre dynamique, tel est son domaine.
La physiologie pathologique est constituée par l'étude des acles qu'accomphssent des parties lésées lératologiquement ou accidentellement. La pathologie générale en découle ; car elle se conslitue par la réunion des considérations conununes, sinon à toutes les maladies, du moins au plus grand nombre pos-