ALBUMINURIE PASSAGERE
qui esl diminuée, offre lous les caraclères de l'urine fébrile. Elle est très-colorée, donne un abomianl précipité d'umtes et contient des {[lobules sanguins enpbis ou moins grande abondance. Surtout dans les premiersjours, la quantilriralbuinine est si considérable que, sous l'action de l'acide nitrique, le liquide urinaire se prend en masse. Piopressivement toutefois les globules rougesdisparaissent et la proportion d'albumine diminue. Dans cesuime» 1 eximcn n icio opiquc monti-e, au milieu des sédiments, des c\lm dres divers. Les cylindres caractéiistiques sont les ctfliH(lresépithéliau.r. Ils sont loime:» par les cellules épithcliales détacliées de^ lu bes uriniières'ct réunies entre elles pai un matière amorphe. Habituellement lU sont <Jroils, quelquefois llexiieux (fig. il) kui diamètre est celui des tubes d'où ils viennent Les cellules qui les constituent ont conserve le plus souvent leur structure; elle* ont idux
chargées de peu de granulations albumi ncuses, solubles dans l'acide acétique Quelquefois cepnndinl
comme dans l'empoisonnement par le pho<;phore les cellules ont
plus ou moins cliargées de granulations gnis eu e^et si la dtgt
nérescence a été poussée très-loin, on ne retiome plus le limites
des cellules et le cylindre apparaît alor»
comme une masse grenue remplie de gra-
nnlalions de graisse (fig. i~2); ce seraient là
les njlindreK grnisscux. Si les urines ont été
singuinolenles, à côté des cylindres épithé-
liaux on trouve des cylhiilres tibrineux,
formés de fibrine à l'élat fibrillaire ou à
l'état granuleux qui se gonlle et devient
homt^ênc sous l'action de l'acide acétique. Fjo.ii. (>i,iiiK ipuhi-
Leur couleur varie depuis le blanc grisiUre '"' ™ *""• '"^ ' gmires-
jusqua la teinte ocreuse, et ces variations graisseur
dépendent de rabseitcc ou de la présence de
globules rouges en plus ou moins grande abondance. II est rare
que, dans cette espèce d'urine, on trouve des cylindres livalins.
Surtoutes ces productions, du reste, on peut rencontrer des dépôts uratiques divers. Des cellules épilhéliales libres, des cristaux d'urates et d'aride uriquc se montrent encore dans ces urine.'^. L'urée «t les sels restent ordinairement en proportion physiologique.
Dans cette espèce d'albuminurie, à moins que la lésion ne se transforme en néphrite parenchymateuse profonde, les phénomènes généraux font habituellement défaut. On n'observe ni anasarque, ni épanchements dans les cavités séreuses; à peine, dans certains cas, y a-t-il un léger œdème de la face et des malléoles, et la maladie se termine par la guérison au bout de douze à quinze jours environ. Cette terminaison est annoncée par l'augmentation de la sécrétion urinaire et la diminution progressive de la quantité d'albumine. Cepenjlant, même après la disparition complète de l'albuminurie, l'urine peut encore contenir des cylindres épithéliaux pendant un certain temps.
La forme cliniqiie mLvtede l'albuminurie résulte delà congestion passive des reins. On pourrait la désigner sous le nom d'albuminurie mécanique. Ses causes consistent en des obstacles au retour du sang veineux. On l'observe dans les compressions et les oblitérations des veines rénales et de la veine cave; c'est elle qui apparaît dans les trois derniers mois de la grossesse. Les maladies de Tappareil respiratoire (emphysème, sclérose pulmonaire, épanchements pleurétiques considérables) qui gênent le cours du sang y donnent fréquemment* lieu. Enfm les maladies du cœur, quelle que soit leur nature, quand 'la compensation n'existe pas ou qu'il y a asystolie, en sont la cause la plus ordinaire; c^cst alors Yalbuminurie d'origine cardiaque. Cette albuminurie mécanique est passagère ou permanente suivant la nature de la cause qui l'a produite. S'agit-il, en effet, d'une oblitération veineuse,d'une maladie chronique du poumon ou d'une lésion cardiaque qui ne puisse être compensée, il est certain que l'albuminurie durera autant que ces lésions elles-mêmes, c'est-à-dire le plus souvent jusqu'à la mort. Au contraire, s'il est question d'une compression passagère des veines (grossesse), d'une rupture de compensation d'une lésion cardiaque, rupture susceptible d'être conjurée, s'il s'agit d'une péricardite ou d'une myocardilc susceptibles de guérison, ou bien encore d'un épanchemenl pleurétique capable d'être résorbé, l'albuminurie suivra l'évolution de ces maladies et sera passagère comme elles. Ces faits s'observent journellement dans les affections cardiaques ou l'asystolie peut encore être combattue avec etlicacité. L'albuminurie suit alors pas â pas le trouble du cœur et marche comme lui.
Dans les premiers temps de cette albuminurie, la maladie ne s'accuse que par les modifications de la sécrétion urinaire ; il n'y a pas de douleur rénale, il n'y a pas de phénomènes fébriles et, si des
iDfjllrations bydropiques se montrent, elles résultent, non pas de Talbuminurie elle-même, mais des stases sanguines consécutives à la lésion primordiale.
Les urines se rapprochent beaucoup, par leurs caractères, de celles de la néphrite légère. Leur quantité est toujours inférieure à la quantité normale; dans le cas de désordre cardiaque grave on peut la voir tomber jusqu'au-dessous de 100 grammes par vingt-quatre heures. La densité en est augmentée et peut s'élever jusqu'aux diifTres de 1040 et même 1042. Ces urines, très-foncées en couleur, laissent déposer après leur refroidissement une forte proportion d'urates et des cristaux d'acide urique ; leur réaction est constammentacide. La proportion d'albumine est des plus variables, nonseulement chez les diflférenls sujets, mais chez le même individu à divers moments de la maladie. Elle est liée h l'exaltation plus ou moins grande de la pression dans la veine rénale. Quand il: s'agit d'albuminurie d'origine cardiaque, l'albumine peut même disparaître pendant un certain temps si le cœur recouvre son fonctionnement, pour se montrer ensuite si l'énergie de l'organe fait de nouveau défaut. Si l'exaltation de la pression est poussée à l'excès, l'urine peut renfermer des globules rouges provenant de ruptures vasculaires intra-rénales. Voici deux lableaux, empruntés à Rosenslein, qui montrent bien ces variations de l'urine dans l'albuminurie d'origine cardiaque :