ANÉMIES DE CONSOMPTION
lion pour le sang et, comme conséquence, l'apparition de l'anémie. Aussi, dans les cas de plaies des vaisseaux lymphatiques suivies de lymphorrhagies, dans les cas de rupture de varices lymphatiques, si l'écoulement est considérable, s'il persiste un certain temps, voit-on l'anémie s'établir. Il en fut ainsi chez une Tnalade observée par Desjardins (i) qui eut des lymphorrhagies fréquentes, durant dix, douze et même quarante-huit heures. Il en fut ainsi chez une malade de Fetzer(2)qui, en une seule fois, perdit environ 1750 grammes de lymphe. Lebert (3) a constaté le même fait chez un sujet porteur de varices lymphatiques du scrotum et qui, toutes les six semaines, avait une perte de lymphe d'environ 500 grammes. Les anémies d'origine lymphatique se produisent plus ou moins rapidement suivant la fréquence et l'abondance des pertes subies par l'organisme.
Dans notre troisième groupe étiologique rentrent les anémies de consomption ou d'origine dystrophiqne :
La fièvre est par elle-même une cause d'anémie, quelle que soit, •du reste, son origine première, qu'il s'agisse de fièvre nerveuse, •de fièvre inflammatoire ou de fièvre infectieuse. C'est en tant que processus fébrile qu'elle agit et en augmentant les pertes de i'organisme. Si vous vous reportez à mes leçons sur la fièvre, cette nouvelle cause d'anémie vous apparaîtra clairement. La destruction de l'organisme du fait de la fièvre est prouvée, en effet, par f augmentation des produits de dénutrition : urée, acide urîque, ^cide carbonique, que l'on constate pendant la fièvre. Elle est prouvée de même par l'amaigrissement et la perte de poids qui apparaissent pendant son cours, et, je vous l'ai dit, M. Sautarel a établi que la perte de poids, pendant l'évolution du processus fébrile est intimement liée à l'élévation de la température, croît ou •diminue comme cette élévation elle-même. Les analyses du sang, -du reste, montrent combien la nutrition de ce liquide est altérée ipar la fièvre. Diminution de la quantité des gaz du sang, surtout de la quantité d'oxygène, diminution de l'eau et des chlorures, augmentation des principes de dénutrition et spécialement de l'urée, accroissement de la fibrine dans certains cas et diminution de l'al-
<1) Deiijardins, Note fur un cas de dilatation des vaisseaux lymphatiques (Gai, méd., 185i).
(2) Felzcr, cité par Lebert, De l'anémie, oligocythœmiey dijsémie, de ses diverses formes tt de son traitement (Ardi. gèn. de méd.., 1876).
(3) Lebert» loc. cit.
burainCy telles sont les lésions que Ton observe alors dans le sang. Aussi, quand la fièvre dure un certain temps, les globules rouges sont eux-mêmes atteints et diminuent de nombre. Des recherches récentes, faites par M. Kelsch (1), montrent que la fièvre, en tant qu'élévation de la température, exerce une certaine influence destructive sur les hématies. En étudiant les altérations du sang au moyen du compte-globules dans le cas de fièvre paludéenne, cet auteur a prouvé que, dans les fièvres simples, la destruction globulaire est en rapport avec l'intensité du mouvement fébrile, comme le montrent les observations ci-dessous que je lui emprunte :
DESTRUCTION DES GLOBULES ROUGES PAR L\ FIKVflE.
FIÈVRE QU0TIDIEH5e.
2 accès antérieurs les 6 et 7 octobre. Apyrexie le 8 octobre.