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JI

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Sang arU'riel d'animaux malades et vivanLs *

San;: voinoiix d'animaux malades et vivants

Sanj: toLil d'animaux mala<los lu»*s

Sang total d'animaux morts de senticémit!.

Donc, pendant la maladie, il y a dans le sang artériel une dimi-

SEPTICÉMIE EXPÉRIMENTALE. Ht\)

Dution notable d'oxyjj^ène, de 19,15 à 13,19, soit de 5,96 et une augmentation analogue d'acide carbonique de 3,71 à 9,:25, soit de 5,55; dans le sang veineux il y a une modification seniblable, puisque l'oxygène diminue de 11,19 à 10,52, soit de 0,07 et que l'acide carbonique augmente considérablement de 3,94 à 11 ,89, soit de 7,95. Au moment de la mort, il y a équilibre entre la proportion d'oxygène et celle d'acide carbonique.

L'examen microscopique du sang, fait pendant la vie ou après la mort, démontre l'existence de nouvelles altérations. Les globules rouges, comme l'ont reconnu Coze et Fellz, Béliier, Laptschinski (1) et comme je l'ai vu moi-même, sont atteints dans leur structure. Ils ne se réunissent plus en pile d'écus comme dans le sang normal, mais se groupent en amas, de Ibrme cl de volume très-variables. Certains globules paraissent plus volumineux que d'habitude, ils sont comme boursouflés et leurs contours sont moins nets; d'autres ont nolajjlemenl diminué de grosseur et peuvent être trois fois plus petits que les globules normaux. On en trouve qui sont manifestement décolorés. L'altération la plus ordinaire consiste dans leur changenient de forme. Ces éléments, en effet, apparaissent hérissés à leur pourtour et même sur leurs faces de ces fins prolongements dont je vous ai parlé maintes fois et qui leur donnent les formes classiques de roues de moulin et de chaton de marron d'Inde décrites par Coze et Fritz. Enfin on on trouve un certain nombre, d'autant plus grand que l'époque de Texamen est plus rapprochée du moment de la mort, qui sont réduits à un point central d'où partent deux ou trois fins filaments; ces globules ont piis alors la forme que j'ai désignée soua le nom d'étoile et qui, vous le savez, est le dernier changement qu'ils présentent avant leur résolution complète en granulations moléculaires.

Les leucocytes augmentent de nombre de manière à déterminer un véritable état leucocythémique (leucocytose), surtout si la maladie a été de quehpie durée. La structure de ces éléments reste norniale pour le plus «irand nombi^; d'entre eux; cependant, comme Réhier et Liouville l'ont (d)servé, on en rencontre quelques-uns qui ont subi un commencement de dégénérescence graisseuse, et d'autres qui montrent des noyaux dans leur intéiieur. D'après de Giovanni (2)

(I; La[ïisc\niu\iy, Zur PaUioloffie dfs lilutes {Centralbl., 1871).

d' he (iiuvanni, Conlribuiione analomo-clinica alla tmaiologia {Comment, di med. e

on trouve des leucocytes de volume variable, des grands mesurant de O'-jOlâ à O""',^ et des petits n'ayant que 0^,006 à 0~,004. Ces deux variétés seraient mélangées en proportions a peu prés égales.

Chez les lapins, et surtout chez les chiens, Coze et Fellz ont trouvé très-souvent des masses cristallines de couleur rose pâle qu'ils ont considérées comme des cristaux d'hématoïdine. De plus, les mêmes observateurs ont reconnu des filaments plus ou moins granuleux qu'ils ont regardés comme des dépôts de fibrine.

L'examen microscopique peut aussi faire reconnaître dans le sang des éléments mobiles de formes variées que l'on désigne sous le nom de bactéries et sur lesquels j'appelle votre attention. Dès 1865 Coze et Feltz ont signalé dans le sang la présence de ces corpuscules mobiles dont ils ont donné une description complète. Tantôt ce sont des éléments dont la longueur est notable et dont l'aspect, d'un gris transparent et brillant^ tranche avec la couleur de la masse liquide observée; tantôt c'est un point sphérique pûle ou noirâtre qui est un élément simple; tantôt enfin ce sont des éléments simples accolés les uns aux autres. Les petits points sphériques que les auteurs considèrent comme le bacterium punclum de Dujardin, mesurent en moyenne O^^OOiô et les éléments plus complets qu'ils pensent devoir rapporter au bacterium catenula avaient de O'^jOÛl à 0""%020 de longueur et 0"'",0016 d'épaisseur. Depuis les travaux de Coze et Feltz, un grand nombre d'expérimentateurs ont renconiré les corpuscules mobiles en question dans le sang des animaux infect/'S et, parmi eux, il convient de citer Davaine (1), Vul|)ian (2), Béhier et Liouville (3), Klebs (i), Birch-Uirschfeld (5), Burdon Sanderson (G). Cependant il est certain que les élémenls en question ne se trouvent pas toujours. Dans mes expériences sur la septicémie, en efl'et, j'ai renconiré un certain nombre de cas où la maladie avait suivi sa marche habituelle et s'était terminée par la mort, et cependant, dans le sang des animaux, je n'ai pas vu les corpuscules mobiles appelés bactéries. Mes expériences ont été confirmées par

(1; Davaine, Académie de mêdec, 187i.

it) Vulpian, Société de biologie y 1875.

(3) Béhier et Liouville, loc. cit.

(i) Klebs, Deitràge iur Kenntnis^ der Micrococcen (Arch. fur exper, Palh. umÈ Pharm.y 1873).

(5) Birrh-Hirschreld, Unlersuchungen ûber Pijœmie (Arch. der Heilk., 1873.).

'(i) Burdon Sanderson, Lectures on the occurrence of organic fœrmt in crnmectvut with contagions and infeclives diseases (Brit. med. Journ., 1875).

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Stricker de Vienne, par Samuel (1), Clemcnti (i) et de nombreux autres expérimentateurs. Voici du reste les résultats qui ont été obtenus par M. Colin (3).

Dans le sauf^ des animaux on peut rencontrer pendant la vie de fins gi*anules animés du mouvement brownien qui, vous le savez, appartient à toutes les fi^ranula lions moléculaires. Ces granules sont en proportions variables et ressemblent, suivant Tauteur, à ceux que Ton trouve dans la lymphe normale ou dans la substance des ganglions lymphatiques. Vers le moment de la mort, on peut voir aussi dans ce sang des bactéries, mais ces bactéries ne sont pas constantes et les animaux peuvent succomber avant leur apparition dans le sang. Cependant il est certain qu'elles se montrent posl morlem et qu'elles se multiplient rapidement.

Indépendamment de ces lésions matérielles, le sang seplicémique a perdu ses propriétés physiologiques. Ce fait résulte manifestement des recherches de M. Légerot (4), et de celles de MM. Matthieu et Maljean (5), qui ont montré que, dans la septicémie, la capacité respiratoire du sang, c'est-à-dire sa propriété de fixer Toxygène, diminue généralement de moitié, circonstance qui fait songer à Texistence d'une altération de l'hémoglobine.

Enfin, le sang acquiert la propriété de transmettre à d'autres animaux la septicémie; il est deveifu virulent. Cette nouvelle propriété a encore été découverte par Coze et Feitz qui, en rendant compte de leurs inoculations successives d'animaux a animaux, s'expriment ainsi, c Un animal infecté est à même de fournir des éléments non putrides d'infection et de reproduire ainsi l'infection avec tous ses caractères. » Et de fait, si l'on injecte à un animal sain le sang d'un animal septicémique, on détermine la septicémie, avec ceci de particulier qu'il faut une quantité de ce sang beaucoup moindre que la quantité de sang putride dont on s'est sem pour le premier animal. Coze et FeItz ont parfaitement prouvé qu'il faut aussi plus de temps pour tuer un animal par les matières putrides que par l'inoculation du sang d'un animal infecté.

{]) Samuel, Ueber die Wirkung dfs FaulnUsprocess auf den lebenden Organismus {Arch. fur esper, Path. und Pharm.^ 1873).

fi» G. Clementi, Experim^ntelle Untenuchungen uber das Vorkommen von Bactérien im Kaninchenbluie bei Seplicàmie {Centralbl.y 1873).

<!>> Colin, Académie de méd.^ 1873.

(i. Ujcerol, Thèse de Parin, 187 i.

«.'•i Matliieii et Maljcan, Etude clinitiue et expérimentale sur les altérations du sang rfaiis la fièvre traumatique et dans les fièvres en général (Société de chirurgie, 1870j.

La puissance virulente s'accroît donc de plus en plus à mesun; que le virus septicémique traverse un plus grand nombre d'organismes. C'est ainsi que le sang de la troisième génération a plus d.' puissance que celui de la seconde, que celui de la quatrième en a plus que celui de la troisième et ainsi de suite. Ces données nouvelles, qui sont de la plus haute importance pratique, ont été confirmées par les recherchos de Davaine, de Vulpian, de Béhicr o[ Liouville et par les miennes. Voici rapidement quels ont été l«.s importants résultats auxquels est arrivé Davaine à cet égard :

Un lapin reçoit en injcctioi> sous-cutanéè 10 gouttes de sang en voie de putréfaction et meurt en 40 heures. On injecte le sang de cet animal à quatre autres lapins aux doses de I, 2, :{, 4 gouttes; tous succombent dans la même nuit, 30 ou 40 heures après Tinjeclion. Des inoculations nouvelles sont faites et, à la cinquième série ou génération, la mort survient en 14 ou 20 heures avec des doses d'une goutte de sang, d'un dixième et d'un centième de goutte. A la dixième génération, Tinjeclion est faite avec un dix-millième et un vingt-millième de goutte; la mort en est encore le résultat et la puissance du virus est telle qu'à la vingt-quatrième génération on tue les animaux en leur injectant seulement un trillionième de goutte de sang septicémique. Les résultats que j'ai obtenus conlirmcnt ces faits vraiment e:J,raordinaires, vous allez le voir : A nii premier lapin, destiné à être le point de départ des générations septicémiques, j'injecte un centimètre cube de sang putride; l'animal meurt en deux jours. L'n demi-centimètre cube de son sang est injecté à un second lapin qui meurt en 18 hiHues et le sang injecté à un troisième animal, à la dose de 1/i de cenliniètre cube, le lue en 15 heures. Une goutte du sang de ce lapin en tue un qualriènu* en 18 heures et son sang, à la dose d'une demi-goutte, tue pareillement un cinquième en 20 heures. En procédant ainsi par générations successives, je suis allé jusqu'au vingt-millième de goull<* et l'animal quia reçu cette fraction est mort en 0 heures. Il est doinbien établi que le sang septicémique possède des propriétés virulentes très-énergiques, qu(^ ces propriétés ne s'atténuent pas en traversant jl(îs organismes successifs, mais qu'au ronlraire elles s'arcroissont, puis(|ue la (juantiié (|iii peut déterminer la mort n'est plus qu'une frartion infinitésimale de goutte, et que la rapidité avec la(|uelle le liquich' virulent a«;it, s<'mble s'accroître de plus en plus.

Il serait faux c«'pcndant de croire (|ue les résultats précédemment étudiés sont toujours vrais et qu'ils se présentent identicpies penr

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toutes les espèces animales. Gomme Ta montré M. Bouley (1), on ne peut conclure de ce qui se passe chez le lapin à ce qui doit se passer chez d'autres organismes et chez Thomme qui nous intéresse particulièrement. Par des expériences bien conduites cet auteur a prouvé que le sang d'un cheval, mort de septicémie expérimentale, possède une certaine activité virulente, puisqu'il peut tuer des lapins et des chevaux, mais que celte activité est bien moins énergique que celle du sang des lapins. En effet, l'injection du sang de la seconde génération scpticémiquc reste sans effets sur un autre cheval et sur d'autres lapins. Les recherches trèscomplètes de M. Colin sont venues du reste jeter un grand jour sur celte question si importante. Du sang provenant d'un lapin septicéinique est inoculé à des doses mille fois et un million de fois plus fortes que celles sur lesquelles a opéré Davaine chez le lapin. Des rats, des chats, des chiens reçoivent ainsi jusqu'à douze et vingt inoculations à la lancette, aucun animal ne succombe. Chez quelques-uns il y a des piqûres qui produisent des pustules dont l'évolution est accompagnée d'une lièvre légère. Chez d'autres l'injection dans le tissu cellulaire de doses variant enlre 10 gouttes et 10 grammes ne produit qu'une fièvre éphémère de 24 à 48 heures, après laquelle les animaux se rétablissent parfaitement. Des agneaux, des chèvres, des moutons, des ânes, des rhevaux, inoculés de la même manière, se montrent pareillement réfraclaires à la maladie. Il est donc certain que les propriétés virulentes du sang septicémique ne s'exercent pas avec la même intensité chez tous les animaux, qu'il est des espèces très-disposées à contracter la septicémie, tandis qu'il en est d'autres qui jouissent d'une immunité remarquable à cet égard. Ces résultats obtenus avec le sang septicémique sont identiques à ceux que l'on obtient avec le sang en voie de putréfaction et que je vous ai signalés plus haut.

Mais, à quel moment de la maladie apparaît cette propriété virulente du sang? Par ses expériences M. Colin a montré que ce n'est pas immédiatement après l'injection que le sang de l'animal infecté devient virulent. Si l'on inocule à un lapin, pesant 100 grammes et possédant environ 6 grammes de sang, une goutte de sang septicémique, et qu'après une demi-heure ou une heure on essaye de faire des inoculations nouvelles avec le sang de l'animal, on n'obtient aucun résultat. Ce n'est cependant pas à la dilution trop étendue

(1) Bouley, Académie de médecitiet 187i.

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de la goutte de sang septicémique qu'il faut rapporter co fait, puisque, avec des dilutions au Irillioniùme, on produit la septicémie et qu'ici la dilution de la goutte primordiale dans les 6 grammes du sang du lapin n'est qu'une dilution au 162' environ. La virulence ne provient donc pas du mélange simple du sang septicémique on putride au sang sain; elle résulte d'un travail qui se produit dans l'organisme et qui demande un certain temps pour s'accomplir. Ge temps du reste est variable suivant que la septicémie a une marche lente ou bien une marche rapide. Dans la septicémie rapide, M. Colin a constaté la virulence vingt-cinq heures après l'inoculation ; dans la septicémie moyenne, il l'a trouvée le troisième jour, et dans la septicémie lente, il ne Ta rencontrée que six jours après l'inoculation. Son développement n'a lieu qu'après un temps d'incubation plus ou moins long et coïncide avec la période de calorification exagérée. Souvent elle se montre avant l'apparition des bactéries dans le sang. Cette propriété virulente du sang septicémique, comme la propriété septogène du sang putride, disparaît avec la putréfaction; les expériences de Davaine et de Colin l'ont paifaitemeni établi.

Le sang n'est pas la seule humeur de l'organisme qui acquiert des propriétés virulentes à la suite de la septicémie. Comme Ta montré M. Colin, le chyle et la lymphe tirée du canal thoracique sont pareil- * lement virulents; il en est de même de la salive, des mucosités bronchiques et intestinales. L'urine paraît également posséder les mômes propriétés, et l'humeur aqueuse de l'œil, prise sur un lapin septicémiqui, tue dans les délais ordinaires un animai de celte espèce. De plus, les tissus imprégnés de sang ou de sérosité (muscles, glandes), quand on les insère en petites parcelles dans les tissus d'un animal sain, lui donnent également la septicémie.

Je vous ai dit au commencement de cette leçon que le pus en voie de putréfaction détermine des accidents graves chez les animaux à qui on l'injecte. Les nombreuses expériences de Gaspard, de Sédillot, de Chauveau et d'autres auteurs ont établi sufTisammeot ces propriétés du pus putride. Or les recherches de M. Colin ont montré que le pus, sécrété par les lapins septicémiques, possède la môme virulence que le sang; reporté chez d'autres lapins, il les tue avec la même rapidité et à doses presque infinitésimales.

11 est encore une question très-importante à examiner ici. Les produits volatils, qui émanent des sujets septicémiques ou de leurs cadavres, sont-ils doués de virulence et peuvent-ils, absorbés par

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d'autres animaux, produire chez eux la septicémie? Pour résoudre cette question, M. Colin a fait plusieurs expériences. Chez un ou deux jeunes lapins d'une portée, il a déterminé la septicémie; et les animaux infectés ont été laissés dans la cabane commune et dans le même nid avec les autres petits, depuis le moment de l'inoculation jusqu'à leur mort; à plusieurs reprises les cadavres furent laissés en contact avec les animaux vivants pendant plusieurs jours. Dans ces circonstances, jamais ni la mère, ni les petits n'ont contracté la septicémie, fait qui semblerait prouver que cette infection ne se transmet pas par les produits volatils, au moins chez des animaux <|ui ne portent aucune plaie pendant qu'ils sont soumis à l'influence de ces émanations. En serait-il de même si les animaux avaient des plaies à ce moment, ou si l'on exposait auxdites émanations des femelles venant de mettre bas? M. Colin n'a pas encore répondu à cette question; mais, pour savoir si les émanations cadavériques pouvaient donner la soplicémic, il a procédé de la manière suivante : Le cadavre d'un lapin septicémique est dépouillé, puis placé sous une cloche contre les parois de laquelle se condensent bientôt des vapeurs. Le liquide ainsi obtenu, et qui ne contenait pas de bactéries, fut inoculé à huit lapins; deux moururent, les six autres survécurent. H est difficile en conséquence de savoir à quoi s'en tenir sur Tinfluencc des émanations cadavériques dans ce cas; il est cependant possible qu'elles deviennent une cause de la maladie. Tels sont en somme les principaux résultats déterminés par l'introduction dans rorîianisme vivant des substances en voie de putréfaction. Ces résultats étant connus il nous faut actuellement lâcher de les interpréter et rechercher à la ibis le mécanisme de leur production et la nature de la septicémie expérimentale. Cette nouvelle étude est indispensable avant celle du processus infectieux envisagé chez l'homme. Elle fera l'objet de notre prochaine leçon.

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