HOPITAUX DE PARIS
MIDDLESËX-HOSPITAL
HOMMES
FEMMES
HOMMES
FEMMES
Poumon
(lEsuphago
Estomac
Intestin
Rectum
Foie
Pancri'as
Vessie
Orfçanos génitaux (ftMnoiles)
Or^anrs pMiitaux (niàh's)
Seins
Totaux
Au point de vue de rinfluence du sexe sur l'apparition de la c^ircinose, on peut dire d'une manière générale que les femmes y sont plus sujettes que les hommes. En tenant compte des statistiques multiples qui ont été faites, on voit que la femme est atteinte deux fois plus que Thomme; ces statistiques donnant comme proportion 32 pour 100 de cancers chez l'homme et 68 pour 100 de c^incers chez la femme. Quelle est l'origine de cette différence si considérable? D'après les recherches de Uirsch (1), de Breslau, de
(1) Hirsch, Uandbuch der historisch-geographischen Pathologie, 1869.
Leberl, cette origine doit être cherchée dans la prépondérance considérable des cancers du sein et de Tutérus chez la femme; le cancer des organes génitaux de l'homme ne donnant que des chiffres bien inférieurs. Le tableau précèdent, emprunté à M. Salle et qui résume la statistique recueillie à Middlesex-Hospital par Sibley (1), de 1853 à 1856, et celle des hôpitaux de Paris, établit bien la vérité de cette assertion.
Les cancers du sein et des organes génitaux chez la femme représentent 51 pour 100 des cancers observés dans les hôpitaux de Paris, et 93 pour lôO de ceux de Middlesex-Hospilal. Si donc on les retranche du nombre total des cancers, et que l'on retranche en même temps de ce nombre les cancers des organes génitaux de l'homme, on obtient la proportion des cancers, tant chez l'homme que chez la femme, abstraction faite des cancers des organes de la reproduction et de la lactation. Cette proportion devient alors :
Hôpitaux de Paris : hommes... 57 0/0 femmes... 43 0/0 Middlesex-Hospital : — ... 53 0^ 0 — ... 47 0/0
La femrtie doit donc sa plus grande aptitude à contracter la maladie à l'influence de ses organes de la génération surtout. La comparaison de l'âge auquel se montre le cancer chez les deux sexes fait voir cependant que la nature féminine est plus disposée à la carcinose que la nature masculine, puisque la proportion se maintient toujours plus élevée pour les femmes, quel que soit l'âge envisagé. C'est ce que prouve le tableau suivant résumant les observations de Marc d'Espine (2) et de M. llénocque (3) :
FRÉQUENCE RELATIVE DU CANCER CHEZ L'HOXME ET LA FEMIIE SUIVANT LES AGES.
Pour 100 hommes de 20 à 30 ans (Hénoc^cJ 148 femmes (Marc d'Espine) 1TK
— 40 à 50 — 126 — — 12fi
Certains étals physiologiques, la grossesse^ certaines périodes de la vie, la 7wem>/)au5e ont-ils à leurtourdeTinfluence sur la carcinose"? Les documents que nous possédons sur l'influence de la grossesse et de la ménopause se rapportent spécialement à la localisation du
(1) Siblcy, A conlribulion to the stalistics of Cancer (Med. Chir. Trans.^ 1859 .
(2) Marc d'Espine, Essai analytique et critique de statistique mortuaire^ 1858. {'^) Hénocque, loc. cit.
GARCINOSE. ÊTIOLOGIE. 1185
cancer sur Tulérus. Les modifications que présente cet organe pendant sa réplétion et vers Tàge critique contribuent sans aucun doute à l'apparition du mal. Quoi qu'il en soit, il est bien établi que la grossesse, surtout quand elle est fréquente, a une valeur étiologique, comme le prouvent les statistiques obtenues par Lever (1), Scanzoni (2) et West (3). Les résultats de ces statistiques donnent en effet :
Pour Lever sur 103 femmes cancéreuses 5,8 enfants
Pour Scanzoni 72 — 6,9 —
Pour West. ... 168 — 5,6 —
La marche de la maladie, quand déjà elle existait, ne semble guère influencée par la grossesse. Les observations de Cohnstein (4) le prouvent; car, sur 13 cas, il a noté 3 fois Texacerbalion, 6 fois un éU'U stationnoire et 4 fois un temps d'arrêt. Cependant, le plus habituellement, après Taccouchement, on voit le cancer faire des progrés rapides; sur 72 cas de cancer de l'utérus examinés à ce point de vue par M. Walille (5), on voit la mort survenir 47 fois pendant le travail et, sur 75 autres cas, 41 fois les malades ont succombé quelque temps après la délivrance.
Bien que la parlurition exerce sur le développement de la carcinose l'influence dont je viens de vous parler, on ne doit pas la considérer comme la cause unique de la maladie. Vous savez certainement que la stérilité était regardée autrefois comme une cause du mal, et, si l'on consulte les statistiques de Lever et de Scanzoni, on ' voit que, sur 100 femmes atteintes de cancer utérin, il y en a 8, 3 qui sont des femmes stériles. Pour interpréter le mode de production du cancer chez ces femmes, on a invoqué les troubles de la menstruation ; mais nos connaissances sont des plus incomplètes sous ce rapport.
Si l'on s'en rapporte à l'opinion de Desormeaux, deC. Dubois (0) et de Depaul (7), la ménopause n'aurait qu'une influence trèsminime sur l'apparition de la carcinose. Sans doute, au premier abord, en prenant simplement pour base l'Age auquel apparaît
(I) Lever, citc^ par Hénocquc, loc. cit.
{t) Scanzoni, Traité des maladieê des organes sexuels de la femme, 1858. (3) West, Leçons sur les maladies des femmes, Irad. franc., 1870. (i) Cohnslein, Ueber die Complication der Schwangerschaft und Geburt mit Gebarviutterkrebs (Arch. f Gynœkol., 1873j.
(5) Walille, influence du cancer sur la grossesse, 1870.
(6) Désormcaux et Dubois, art. Menstruatio!! du Diction, en 30 volumes.
(7) Depaul et Guéniot, art. IIe:<struation du Diction, encycl. des se. méd.
PICOT. n. — 75
le cancer chez la femme, on est tenté d'attribuer la maladie à la cessation des règles; mais il faut se rappeler tpie, chez l'homme comme chez la femme, l'âge en question est celui qui fournit le plus de sujets à la carcinose. La statistique suivante due à M. Rocque (I) montre bien comment la question doit être comprise. Les 50 cas sur lesquels elle porte se répartissent tout d'abord ainsi au point de vue de l'âge :
Avant 30 ans 1
Dc30à40 12
Mais quand Ton recherche l'intervalle qui a séparé la ménopause de l'apparition du mal, on obtient des résultats qui montrent la vérité deropinion des auteurs cités plus haut, puisque, sur les 50 cas de M. Rocque, il n*y en a que 13 qui, étant apparus dans une période comprise entre deux ans avant la ménopause et deux ans après, puissent être considérés comme ayant eu des rapports éliologiques avec la cessation des règles.
INTERVALLE DE TEMPS ENTRE LA MÉNOPAUSE ET L^APPARmON DU CANCER.