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DIABÈTE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQUES

nombre de cas dans lesquels celle imprégnation glycosique a été manirestement constatée. Chez un des malades de Griesinger, Tanalysc chimique, faite par Binder, a donné les résultats ci-dessous pour les divers organes :

IVPaÉGXATIoil GLTCOSIQUE DES ORGAMES DANS LE DIABÈTE.

Foie 0.28 pour 100

RaUs 0,23 »

Cerveau 0,081 »

Masciet 0,038

Déjà, chez un diabétique morl subitement, Cl. Bernard (1) avait trouvé une grande proportion de sucre dans les diverses humeurs âTexception du suc intestinal et du suc gastrique. L'urine, le sang, les sérosités péricardique, pleurale, péritonéale renfermaient de la glycose; le rein en contenait une forte proportion. Dans une obsei-vation de Wagner (3), se rapportant à un diabétique fils de diabétique, on trouva de notables quantités de sucre dans le foie et le poumon; le cerveau en renfermait aussi, mais en moins grande proportion. Une analyse de Kûhne (3), faite chez un malade de TuDgel, a démontré de même la présence de la glycose dans le foie, la rate, les reins et les poumons.

Les proportions de glycose trouvées dans les différents organes et les différents tissus sont à la vérité très-minimes; mais, je vous l'ai déjà fait remarquer, après la mort la glycose se décompose ln*s-rapidcment et très-facilement. Le résultat de cette décomposition est Li production des acides lactique, butyrique, acétique. Il peut même arriver que la glycose soit complètement détruite et qu'il neiï existe plus dans les tissus organiques qui se présentent alors, suitout si l'analyse a été faite un peu tard, avec une réaction acide prononcée. Stockwis a signalé un fait de ce genre.

Il est une autre particularité importante à connaître. Il existe dans la science des observations dans lesquelles Tailalyse chimique a démontré dans les organes, non-seulement du sucre, mais de la matière glycogène. Dans un cas, rappoilé par Grohe (4) celte substance a été trouvée dans le cerveau, dans les poumons et dans les testicules. Chez le malade de Tungel dont je vous parlais tout à

ili Cl. Bernard, }f('m. de la Société de biologie, 18411.

<2» Wa^rniT, Arckiv fur jmtkol. Anat., 1857.

•3/ kiihiie, f'eber mckerbiidende tubtlameti in pathologischen SeubildungeHy 1865.

(i; Grohe. Der Chyius ein Ferment {Greifnvald't med. Deitrage, B. Ul).

l'heure, Kûhne a constaté dans le poumon droit, en voie d'inflammation pumlente, une quantité notable d'une substance semblable à la matière glycogène. Il est toutefois à remarquer ici que ni le poumon sain, ni les autres organes ne contenaient de (rlycogéne.

Le foie, organe de la fonction glycogénique, présente-t-il des lésions constantes dans le diabète? Révèlc-t-il par des changements de slruclure le trouble fonctionnel dont il est le siège? Un certain nombre d'auteui^s ont signalé choz les diabétiques l'augmentation de voluim» et Thyperémie du foie. Hiller (1) Ta vu triplé de volume, Cl. Ilernard (i) Ta rencontré congestionné et Irés-gros, pesant !âr)(K) grammes. A poids égal il contenait plus du double de sucre que le foie normal. Dans toutes les autopsies de diabétiques qu'il a pratiquées, Andral (S) a signalé une hyperémie intense du foie; et la même lésion a été constatée par Gallard (4), Trousseau (5), Zenker((}), Lécorché (7), Jordao (8). Dans une série de 64 cas de diabète, Griesinger (9) a trouvé trois fois une h\-pertrophie notable de cet organe ; dans dix cas cette hj'pertrophie était médiocre. Frerichs (10) a démontré la même lésion dans deux cas de diabète qu1l a examinés.

D(*s modifications dans la structure microscopique de la glande hépatique ont été décrites également. Stock wis (il) a trouvé les cellules du foie plus volumineuses qu'à l'état normal; quelques-unes renfermaient plusieurs noyaux; Frerichs (12) dit avoir constaté dans l'organe la présence de jeunes cellules et de noyaux; en même temps un<» partie des anciennes cellules hépatiques avait augmenté de volume, tandis que l'autre partie avait consené ses caractères normaux. Ces lésions cellulaires se rapportent, comme vous pouvez le voir, à des faits d'hypertrophie du tissu hépatique.

Mais, à côté de ces lésions exprimant en somme une suractivité fonclionnelhî du foie avec ses conséquences habituelles d'hyper-

(1» Hiller, Meilicl Zeil. herausgfgebrn ron den PrrusK. Verein, 1&i3.

là' Q. IteriianJ, l^eçon* de phifsUtitigie ejriiènmentale, 1855.

(3) Andral, Acad. den sciences^ ISTm, et Acad. de» tcieHces, 1875.

(4* («allard, Hecu^il des trûtnux de la S'tcieté médicale d'obtervatian de PariSf 1857.

{'»} Truu.Hseaii, Clinique médieale,

(«) Zenker, Sdumdt's Jahr., t, CXLIV.

(7) I>Wri>rcliti cité par Jaccnud, Lie, at.

(8/ Jordao, EstutliOM sohre a diabète, ISOi.

(U) Griesinjjer, Ardt, fur phyxitU. Ileilk., 1859.

(10 Frerichs, Traité pratique des maladies du foie, Irad. franc., 1866.

(11* SUickwis, Bijflragen tôt de kenni» der iuikerrorming in et lever^ 1856.

(Mf Frerichs, loc. eit.

DIABÈTE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQUES. iîl

trophîe de Forgane, les recherches anatomo-palhologiques en ont fait connaître d'autres tout opposées. Dans les soixante-quatre autopsies de Griesinger, Tatrophie du foie est signalée très-souvent. Vogt(l) a rapporté le cas d'un diabétique mort à cinquante ans, chez qui l'on trouva le foie plus petit qu'à l'état normal, rétracté comme dans la cirrhose arrivée à sa période d'atrophie et sillonné à sa périphérie par quelques tractus cellulo-fibreux. Des faits du même genre ont été signalés par Benoît (2) et Rayer (3). Enfin je crois que c'est à un processus atrophique, à la vérité mal défini dans les observations de Pavy (4), qu'il faut rapporter les altérations de structure microscopique décrites par cet auteur. Dans plusieurs cas de diabète, il a signalé, en effet, des irrégularités dans la forme des cellules hépatiques, une diminution de leur volume et la présence dans leur sein de granulations graisseuses, toutes lésions que nous avons appris à connaître comme les résultats anatomiqucs du processus atrophique.

Enfin, dans le plus grand nombre des cas, comme le prouve la statistique de Griesinger, le foie est à l'état normal, sans hypertrophie, sans atrophie et même sans congestion. De l'absence d'hyperémie post-mortetnj vous le savez, on ne peut conclure à la non existence du passage, pendant la vie, d'une plus grande quantité de sang qu'à l'état normal à travers un organe. Les hyperémies disparaissent le plus souvent après la mort, en raison de la contractilité des artères et de l'élasticité des vaisseaux capillaires. Ces réserves posées, vous devez savoir cependant que très-souvent, dans le diabète, le foie est trouvé normal, comme l'ont encore démontré l»»s faits de Duncan (5) de Frerichs, de Durand-Fardel (6) et d'autres auteurs.

il résulte de cet exposé que le foie, dans le diabète, ne trahit pas, [lar des lésions matérielles toujours identiques, le trouble fonctionnel dont il a été le siège pendant la vie, que le plus souvent il est noimal et que les cas d'hypertrophie et même d'hyperémie bien

il) Vo-^'t, Deoharhtungen uud Demerkungen ùber die honigarlige Ilarnruhr. (Zeit.fûr raUou. Med., 1814).

.i Benoit, iJu Diaifftf (Thrsc de Montpellier, 1856).

Çh Uayer, Arcfi. yen. de mêd., 1839.

il l>a\y. On Diabetex, 1862.

•r,. Duncan, Cases of diffuse Inflammation of the cellular texture {Trans. ofthemed. chir.Soc., 18il).

((*) Durand-Fardel, Traite clinique et thérapeutique du diabète^ 187i

I±î LES GRANDS PROCESSUS MORBIDES.

constatées sont en réalité assez rares. L'atrophie se montre parfois également.

Lors de la mémorable découverte de CL Bernard sur la fonction glycogénique du foie, les palliologistes dirigèrent leurs recherches vers cet organe, espérant y rencontrer toujours une lésion caractéristique du diabète. Leur espoir fut déçu et il devait l'être, puisqu'en réalité dans cette affection le foie ne fait qu'exagérer une partie de son rôle physiologique et que des modifications circulatoires, le plus souvent impossibles à démontrer pendant la vie, étaient suffisantes pour produire cette modification fonctionnelle. Avec la plus grande raison, Schiff (1) montre que les anatomopathologistes firent fausse route ici; parce qu'il ne s'agissait pas de reconnaître dans le foie une lésion anatomique, mais bien une lésion chimique, Taugmentation de la quantité de sucre, qui s'est, du reste, trouvée constante, toutes les fois qu'elle a été reclierchée.

L'hyperglycémie, l'imprégnation des tissus par la glycose, les modifications chimiques et analomiques du foie que je viens de vous décrire sont, à proprement parler, les lésions caractéristiques du diabète; celles qu'il me reste à vous faire connaître sont des lésions souvent écologiques et souvent consécutives à la marche de la maladie. Au reste, dans le processus diabétique, elles ne sont constantes ni Iss unes ni les autres.

Les lésions éliologiques siègent, pour la plupart, dans le système nerveux. On a rencontré un certain nombre de fois des altérations anatomiques vers le plancher du quatrième ventricule. I^ paroi antérieure a été trouvée colorée en jaune brunâtre, fortement congestionnée et en état de ramollisemenl manifeste, semblable à ime bouillie gélatiniforme. Au milieu de ce foyer ramolli, on constatait des régions Lichetéesde noir. A l'examen microscopique, d'après les recherches de Luys(!2), les taches sont dues à une dégénérescence des cellules nerveuses qui sont déchiquetées sur les bords, en partie détruites et fragmentées, et remplies d'une grande quantité'de granulations jauntUres. Les prolongements établissant les connexions entre les cellules sont complètement détruits. Lancereaux (:3) a observé les mêmes

(\) SchifT, Sonvflles recherches xur la ijhjcogénif animale tJoum. de Vanat. ftéela fhynol. d« Ch. Ri»l>iiij.

(i) Luy», Huli^tiru de la StKiétr anatomique^ 1860. (3' Luicereaux, Id,

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