‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 28 sur 217 · DIABÈTE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQGES · texte numérisé non relu

DIABÈTE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQGES

altérations; Potain (1) et Fritz (2) ont également signalé des cas semblables. Levrat-Perroton (S) a rapporté l'observation d'une diabétique qui succomba à un accès de suiïocation. L'autopsie fit voir, dans la saillie médiane du cervelet, une tumeur de la grosseur d'une Doix^remplissant le quatrième ventricule, et faisant saillie sur la ligne médiane en arrière des tubercules quadrijumcaux. Elle était formée par une masse gélatiniforme et transparente. Des faits de ramollissement du quatrième ventricule ont également été relatés par Frerichs (4), Broca (5) et autres auteurs; cependant il ne faudrait pas considérer cette lésion comme constante dans le processus diabétique, puisque la science est remplie d'observations dans lesquelles rien de semblable n'a été constaté. Les faits de Auflan (6), Wagner (7) et autres sont des preuves à l'appui.

Indépendamment des lésions portant sur la région bulbaire, les anteurs ont relaté de nombreuses altérations anatomiques siégeant sur telle ou telle autre partie du système nerveux. Dans les hémisphères cérébraux, dans les corps striés, dans les couches optiques, dans le cervelet, dans la protubérance, on a noté des congestions, des anémies, des indurations, des ramollissements, des scléroses, en un mot des lésions de toute nature de la substance nerveuse. Des compressions exercées par des tumeurs osseuses, par des gommes syphilitiques, par des productions, soit tuberculeuses, soit cancéreuses, ont été rencontrées également. Des modifications anatomiques du même genre, hyperémiques ou anémiques, accompagnées ou non d'exsudats gélatineux, ou de produits nouveaux, ont été rencon* tr»^s sur les méninges. I^ moelle épinière et ses enveloppes ont ♦?t«f lésées également, comme Font prouvé les observations de Scharba (8) et de Vogel (9). Enfin les nerfs périphériques ont apporté leur contingent de lésions anatomiques, ainsi que les ganglions du grand sympathique : MùUer (10) a trouvé tous les nerfs hyper-

( PoUin. /rf., 1861.

i) Fritz, Du diaftete danx ses rapports avec les inalatlies cérébrales iGai. he.bd.y 1859)

•l L»»vnil-Perrolon, Quelques considérations sur un cas de glycosurie déterminée pa \»t tumeur colloïde renfermée dans le quatrième ventricule^ 1859.

l Frfrichs, loc. cit.

'* Brr»c.i, cité par Jaccoud, loc. cit.

••■ Aiiflan, Du dùihète sucré^ 1859.

■'.} Waçner, Beitràge iur Kennlniss der BeiieJnnujen iwischender Meliturie unddem ùrffwnkel, \H'û. *

H, S»*liarlau, Die Zuckerharnruhr, 1846.

'J V.^^kI, Krankheiten der Uarnbereitende-onjaney 1863.

<10> Nùtler cité par Jaccoud, loc. cit.

irophiés, Rayer (I) a décrit riiyperlrophie du plexus rénal, Duncan (2) celle du sympathique, et la compression des pneumojras- Iriques et leur atrophie ont été citées par Duben (3), IIuss (4) et Xyman (5). Déjà je vous ai mentionné le cas de diabète de Munk et Klebs (G) dans lequel Tautopsie a démontré une atrophie du ganglion semi-lunaire.

Il faut bien en convenir, si certaines de ces lésions peuvent être liées au diabète, comme la cause à l'eflet, la plupart d'entre elles ne sont guère que des lésions coïncidantes sur lesquelles on ne peut baser aucune doctrine patliogénique générale du diabète, d'autant plus que, dans un très-grand nombre de cas, on ne trouve aucune lésion du côté du svstème nerveux.

L'atrophie du pancréas a été notée par un certain nombre d'auteurs comme lésion pouvant amener le diabète ii sa suite. Bouchardat (7) a rencontré cette atrophie, ainsi que le cancer de cet organe. Des exemples de lésions pancréatiques ont été obsenés par Skoda (8) Griesinger et autres auteurs. Ilecklinghausen (9) a publié l'observation d'un diabétique, dont l'urine contenait de -40 à 50 gr. de sucre, à l'autopsie duquel on a trouvé une tumeur considérable, formée parle canal pancréatique énormément dilaté. Dans le liquide de celle tumeur existaient de nombreux cristaux de cholestérine et de margarine. Dans le cas déjà cité de Munk et Klebs, l'atrophie du pancréas accompagnait celle du ganglion semi-lunaire.

A coté de ces lésions, viennent se placer celles qui sont la conséquence môme du processus diabétique et qui dépendent soit de la glycémie, soit des symptômes de la maladie. Les unes, et c'est le plus grand nombre , ne sont pas constantes ; elles peuvent exister, mais peuvent également ne passe rencontrer. Telles sont les inllammations de la peau, des muqueuses, des viscères; telles sont les lésions oculaires et les gangrènes plus ou moins étendues; telles sont enfm les altérations pulmonaires ou cardiaques. Les autres sont l'expression de cliangements fonclionnels produits par le processus morbide

(I) R.iyfT, loc. cit.

{t> Diirican, litc. àt.

{'\t DiilnMi, Tnins. of thc Swedish Soc. nf Phijx.y 1804, 1^.>5.

(I> Hii>s, Ihjijea^ 18VK

i'i) Nviiiaii, Case of concret îoti of the tierviis vngus in a diahetic patient^ 1857.

(6) Munk et Klebs cilés par Viil|»iaii, Lfrons sur Capparcil vaW'inoteur^ I87ô

(7; R )U«:haniat, Du duififtf sucrt\ 18ÔI.

(8i Skoda, toc. cit.

(11/ Recklinghausen, loc. cit.

Page 1