DIABETE (SUITE). APPAREIL DIGESTIF
les dénis sont habituellement en mauvais état. Le tissu gingival, rouge et ramolli, se décolle fréquemment du périoste alvéolo-dentaire et cette altération amène l'ébranlement des dents et parfois même leur chute. Souvent aussi on constate des caries dentaires, à marche plus ou moins rapide, s'accompagnant ou non dMncrustalions de tartre autour des racines. A la suite de ces altérations qui, suivant la remarque de Falk, progressent d'arrière en avant, les malades perdent habituellement toutes leurs dents, ou bien il ne leur reste plus que des débris de racines déchiquetées où se putréfient les restes d'aliments et où l'on rencontre abondamment des spores organiques, tels que le leptothrix Imccalis et Yoïdium albicanSy enti*ainant la production du muguet. D'après les expériences de CI- Bernard, le sucre, dans le diabète artificiel, ne s'élimine pas par la salive; cet auteur, sur six mdividus atteints du processus diabétique n'a pas rencontré de glycose dans cette sécrétion. Cependant Mac Gregor a constaté dans la salive la présence du sucre et d'autres auteurs ont confirmé ce fait. D'un autre côté, comme l'avait pressenti Dumas, et comme Andral l'a démontré, la salive des diabétiques, dans l'intervalle des repas, possède toujours une réaction acide qui, suivant Lehmann et Falk, provient de la transformation du sucre en acide lactique. Pendant les repas la salive reprend sa réaction alcaline. Cette modification chimique de la sécrétion salivaire est sans aucun doute l'origine des altérations gingivales et dentaires. Les recherches de Magitot (1) ont démontré que le sucre e>l capable de produire la carie des dents et, selon toute probabilité, «est à l'ouverture du canal de Sténon au niveau de la deuxième molaire, qu'est due cette marche de la carie d'arrière en avant préc»^demment signalée.
D après Cl. Bernard, pendant la durée du diabète artificiel, le >ucre s'élimine par la muqueuse stomacale et l'on en trouve dans le suc g-astrique. Bouchardat, chez les diabétiques, a toujours trouvé du sucre dans les vomissements provoqués après un repas féculent. Cet auteur, et c'est sur le fait en question que repose sa théorie du diabète, admet en outre que, pendant le processus morbide, on trouve dans l'estomac un ferment diaslasique, capable de Iransfonner Tamidon en glycose. D'après lui, le sucre stomacal serait donc le résultat de l'action de ce ferment sur les matières féculentes
I, Ma^UU, Journal de Vanatomie et de la physiologie de Ch. Robin.
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alimentaires. La diaslase stomacale n'existerait du reste jamais chez les sujets sains.
La plupart du temps les diabétiques ont l'intestin très- paresseux; la constipation est presque de règle chez eux, à part toutefois la période de la maladie où Testomac, fatigué par la boulimie, verse dans rintestin des matières incomplètement digérées qui, par leur présence, déterminent la diarrhée. Pour Mialhe, la conslipation des glycosuriques serait due à un défaut d'alcalinité des humeurs organiques. Il en résulterait que la bile, beaucoup plus épaisse qu'à l'état normal, ne coulerait pas aussi abondamment dans l'intestin. Il est plus probable que l'élimination abondante de l'eau par les reins occasionne une sorte de condensation des matières et rend plus épais ég<ilement les mucus intestinaux. La constipation est souvent opiniâtre et ne cède que difficilement à l'action des pui-galifs. Parfois «lie se termine par de véritables débâcles pour reparaître ensuite. Dans ce cas il n'est pas rare de constater la présence de sang dans les matières. Les recherches de Mac Gregor, de Bouchardat, de Zabel ont montré du sucre dans les matières fécales; Mac Gregor et Liermann ont trouvé dans les fèces une certaine proportion d'urée.
Du côté de la fonction respiratoire on observe des troubles d'une très-grande importance. Il faut d'abord noter la diminution de la quantité de vapeur d'eau dans l'air expiré, phénomène en rapport avec la grande déperdition de liquide par la voie rénale et sur lequel nous reviendrons en traitant des symptômes propres aux fonctions cutanées. D'après Pettenkofer et Voit (1) et Gaethgens (2), la capacité d'absorption des poumons pour l'oxygène diminue. Ces auteurs ont montré, en effet, qu'un diabétique, consommant beaucoup plus d'aliments qu'un sujet sain, n'absorbe cependant pas plus d'oxygène que r^lui-ci. Ils ont prouvé de plus, par des mensurations très-précises, que la quantité d'oxygène absorbé s'abaisse d'une manière constante et progressive pendant le processus morbide à tel point que, vers la (in de la maladie, les malades ne font pénétrer dans leur sang qu'une quantité d'oxygène égale à la moitié de la quantité physiologique. D'un autre côté, malgré les assertions de Jangot (rt) voulant qu'il y ait dans l'air expiré une augmentation
(1) Pctlonkofcr und Voit, Ceber dan Weten der Zuckerharnruhr, 1865. (il Gaelhfc^ns, Ueber den Stoffwectisel eineu Diabftikerx, verglicfien niit dem einet Cf8unden, 1866.
(3) Jaogot, [k la théorie du diabète iucré, 1851.