‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 9 sur 217 · ASPHYXIE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

ASPHYXIE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQUES

rendre de services dans les recherches médico-légales. Il n'existe aucune matière colorante qui donne au spectroscope des bandes d'absorption semblables, ou même analogues à celles de Thémoglobine. La constatation dans un liquide des bandes en question permet donc d'affirmer la présence du sang dans ce liquide, quelle que soit la petite quantité dont on dispose et quelque étendue que soit également la dissolution du sang dans le liquide examiné (1).

Cette digression sur l'analyse spectrale du sang étant faite, continuons l'exposé des lésions anatomiques de Tasphyxie. D'après ce que je vous ai dit des causes de ce processus morbide, vous devez comprendre que ces lésions, comme l'a démontré Tardieu (2), seront essentiellement différentes, suivant la marche même de l'asphyxie. Dans les cas où la mort surviendra avec rapidité, soit à la suite de la pendaison, de la strangulation, de la privation totale de lair ou de la pénétration dans les voies aériennes d'un corps •étranger oblitérant complètement le passage des gaz, on constatera du côté des organes respiratoires les changements anatomiques suivants : Le plus souvent une écume blanche (submersion) ou légèrement teintée de sang se rencontrera dans la trachée et les bronches ; les poumons, plutôt rosés que fortement congestionnés, i l'exception de la base, montreront des taches ecchimoliques souspleurales en plus ou moins grande abondance. Ces taches, et même de fines hémorrhagies collectées en foyers, pourront se retrouver dans le parenchyme pulmonaire ; quelquefois il existera une dilatalion très-prononcée des vésicules pulmonaires (emphysème intravésiculaire) et même des ruptures de lobules du poumon ayant donné lieu à la production d'un emphysème sous-pleural. La raison de la production de ces lésions diverses est, je le crois, facile à saisir : Lorsque l'air vient à faire défaut pour une cause quelconque à Tappareil respiratoire, et que les puissances musculaires persistent à produire la dilatation du thorax, le vide crée dans la poitrine ne p^ot plus être comblé ; le sang, dès lors, à chaque inspiration fait irruption avec force dans les vaisseaux pulmonaires, et c'est en raison même de la force de sa pénétration qu'il amène les ruptures vasculaires dont je vous ai parlé. Mais, en même temps, l'air contenu dans les vésicules se raréfie de plus en plus; il tend, par la

' I . On trouvera tous les détails relatifs à Tanalyse spectrale du sang dans la rcmar- Tubk thèse de M. Fumouze, intitulée : Les spectres d'absorption du sang, Paris, 1871. 2; Tardieu, Etudes médico-légales ^ 1870.

production du vide intrallioracique, à occuper un plus grand volume et, si la résistance des parois vésiculaires n'est pas suflisante, alors des ruptures se font qui entraînent à leur suite la formation de Temphysème précédemment cité.

Non-seulement dans ces cas on rencontre les différentes lésions que je viens de vous signaler; mais les taches ecchymotiques, les fines hémorrbagies peuvent se retrouver sur le péricarde et même à la surface et dans l'épaisseur du muscle cardiaque, circonstance qui, à mon sens, parait établir la réalité du mécanisme de leur production que je vous signalais tout à l'heure (1).

Du côté du cerveau on ne trouve guère de lésions bien tranchées. Il peut se faire qu'il y ait de la congestion cérébrale, mais, dans bon nombre de cas, l'examen de cet organe le montre tout à fait normal, quelquefois même légèrement exsangue.

Si l'asphpie a une marche lente, comme dans les cas de tumeur comprimant le larynx, d'obstacles à la pénétration de l'air se développant lentement dans les voies aériennes, les lésions anatomiques différent. C'est alors que le cœur peut renfermer ces caillots volumineux et consistants décrits par Faure; c'est alors que dominent les congestions pulmonaires accompagnées de taches d'un rouge cerise et parfois même de nombreux noyaux apoplectiques siégeant à la surface des poumons et dans l'épaisseur de leur tissu. Si l'asphpie reconnaît pour cause des troubles circulatoires, les congestions, liées aux lésions primordiales, peuvent se rencontrer dans tous les organes. Ces faits s'expliquent d'eux-mêmes, je n'ai pas besoin d'v insister.

(Il Dans l'ouvrap* précnloniniPiit signalé «le Mathieu et rrbaiii. cos aulours attribuent les lésions anatomiques du poumon à la production dans le snn^ âr. petiU coa^pilums qui, entraînés par la circulation s'arréterai«Mil dans les capillaires |>ulnionaircs. 11 s'agirait donc là de véritables einb<dic> qui, interrompant le cour< du s.in^, détermineraient l'apparition de réels infarctus, ir iw puis m«» prononc<*r sur la val*»ur di» cotte manière devoir, des expériences de conlrtMc n'ayant pas encore été faites sur le tra\ail tout récent de ces auteurs.

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